‹ Mémoires du général Bon de Marbot (volume 2)Chapitre 12 sur 176 · PRÉPARATIFS DE CAMPAGNE · texte numérisé non relu

PRÉPARATIFS DE CAMPAGNE

V'istule. La Westphalie, la Bavière, la Saxe, Bade, le Wurtemberg, ainsi que les autres confédérés du Rhin, fournissaient leurs contingents, et l'Autriche, ainsi que ia Prusse, les avait imités. Mais, chose digne de remarque, tandis que les généraux autrichiens exprimaient leur satisfaction d'unir leurs drapeaux aux nôtres, les officiers subalternes et la troupe ne marchaient qu'à regret contre la Russie. C'était tout le contraire dans le contingent prussien : les généraux et les colonels se trouvaient humiliés d'être dans l'obligation de servir leur vainqueur, tandis que les officiers des rangs inférieurs et les soldats se félicitaient d'avoir l'occasion de combattre à côté des Français, pour prouver que s'ils avaient été battus dans la campagne d'Iéna, ce n'était pas faute de courage, mais parce que leurs chefs les avaient mal dirigés.

Non seulement Napoléon avait encadré sa Grande Armée dans les contingents autrichiens et prussiens, mais il avait affaibli le moral des troupes françaises en les mêlant à des régiments étrangers. Ainsi, le 1" corps, commandé par le maréchal Davout, comptait au 1" juin 67,000 hommes, sur lesquels 58,000 Français; le surplus était composé de Badois, Mecklembourgeois, Ilessois, Espagnols et Polonais. Le 2« corps, aux ordres du maréchal Oudinot, se composait de 34,000 Français auxquels on avait joint 1,600 Portugais, 1,800 Croates et 7,000 Suisses.

Le 3" corps, commandé par le maréchal Ney, était formé par 23.000 Français, 3,000 Portugais, 3.000 lllyriens et 14,000 Wurtembergeois. Les 4« et 6« corps, réunis sous les ordres du prince Eugène, étaient formés de 77,000 hommes, sur lesquels 38,000 Français, 1,700 Croates, 1,200 Espagnols, 2,0U0 JJalmaLes, 20,000 Italiens et 12,000 Bavarois.

La réserve de cavalerie, commandée par Murât, comptait 44,000 combattants, sur lesquels il y avait 27,000 Français, 1,400 Pru&siens, GOO Wurtembergeois, 1,100 Jîavarois, 2,000 Saxons, 6,000 Polonais et 3,000 Westphaliens.

Je n'ai pas l'intention d3 donner ici la nomenclature des forces dont Napoléon disi)osait au moment de son (înlrée en Russie; mais j'ai voulu démontrer, par l'examen de l'état de situation de plusieurs corps d'armée, à quel point l'élément français était môlé aux étrangers, qui, confondus eux-mêmes de la façon la plus hétérogène, sous le rapport du langage, des mœurs, des habitudes et des intérêts, servirent tous fort mal et paralysèrent souvent les efforts des troupes françaises. Ce fut là une des principales causes des revers que nous éprouvâmes.

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