‹ Mémoires du général Bon de Marbot (volume 2)Chapitre 142 sur 176 · CHAPITRE XXXII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXII

]':j)iso(le. — Bataille de Hanau. — Retraite sur le Rliin. — Derniers efforts des ennemis. — Azolan. — Fuite de Gzernichefî. — Reconstitution des corps de troupes.

Voici maintenant quels motifs avaient retenu Exelmans en arrière lors de notre passage dans le défilé. Avant l'entrée de la vallée, les éclaireurs lui avaient présenté deux soldats autrichiens faits prisonniers au moment où, éloignés de leur armée, ils maraudaient et buvaient dans un village isolé. Exelmans, les ayant fait questionner en allemand par un de ses aides de camp, fut très étonné qu'ils répondissent en bon français et leur demanda où ils avaient si bien appris notre langue. Un de ces malheureux, à moitié ivre, croyant alors se donner de l'importance, s'écria qu'ils étaient Parisiens ! A peine ces mots étaient-ils prononcés que le général, farieux de voir des Français porter les armes contre leurs compatriotes, ordonna qu'on les fusillât sur-lechamp. On les saisit, et le pauvre garçon qui, pour faire le gentil, s'était vanté d'être Français, venait d'être mis à mort, lorsque son camarade, dégrisé par ce terrible spectacle, protesta que ni l'un ni Tautre n'avaient jamais mis les pieds en France, mais qu'étant nés à Vienne, de parents parisiens naturalisés Autrichiens, ils avaient été considérés comme regnîcoles et forcés, comme tels, d'obéir à la loi du recrutement et d'entrer dans le régiment qu'on leur avait désigné. Pour prouver ce qu'il

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