HANAU
avançait, il montra son livret et celui de son infortuné compagnon, qui constataient le fait. Cédant enfin aux instances de ses aides de camp, Exelmans consentit à épargner cet innocent.
Entendant alors le bruit du combat qui commençait, le général voulut gagner la tête de la colonne que je commandais; mais, arrivé à l'entrée du défilé, il lui devint impossible d'y pénétrer et de trouver place dans ics rangs, tant était rapide le galop des deux régiments qui l'occupaient en poursuivant les ennemis. Après l avoir tenté à maintes reprises, le général fut bousculé avec son cheval et roula dans la Kinzig, où il fut sur le point de se noj^er.
L'Empereur, se préparant à combattre, profita de la i.uit pour diminuer la file des voitures. Tous les bagages i jrent dirigés vers la droite, sur Goblentz, sous l'escorte de quelques bataillons et de la cavalerie des généraux Lefebvre-Desnouettes et Milhau. Ce fut un grand allégement pour l'armée.
Le 30 au matin, TEmpereur n'avait encore à sa disposition que les corps d'infanterie de Macdonald et de Victor, qui ne présentaient qu'un effectif de 5,000 baïonnettes, soutenu par les divisions de cavalerie de Sébastian i.
Du côté par lequel nous arrivions, une grande forêt que la route traverse couvre les approches de Hanau. Les gros arbres de cette forêt permettent d'y circuler sans trop d'embarras. La ville de Hanau est bâtie sur la rive opposée de la Kinzig.
Le général de Wrède, qui ne manquait pourtant pas de moyens militaires, avait commis la faute énorme de placer son armée de telle sorte qu'elle avait la rivière à dos, ce fini la privait de l appni qu'auraient pu lui donner les fortifications de Hanau, avec lesquelles le général
bavarois ne pouvait communiquer que par le pont de Lamboy, (jui restait son seul moyen de retraite. 11 csl vrai que la position occupée par lui barrait la route de Francfort et de France, et qu'il se croyait certain de nous empêcher de forcer le passage.
Le 30 octobre, au point du jour, la bataille s'engagea comme une grande partie de chasse. Quelques coups de mitraille, le feu de nos tirailleurs d'infanterie et une charge en fourrageurs exécutée par la cavalerie de Sébastiani, dispersèrent la première ligne ennemie, assez maladroitement postée à l'extrême lisière du bois; mais dès qu'on eut pénétré plus avant, nos escadrons ne pouvant agir que dans les rares clairières qu'ils rencontraient, les voltigeurs s'engagèrent seuls sur les pas des Bavarois qu'ils poussèrent d'arbre en arbre jusqu'au débouché de la forêt. Alors ils durent s'arrêter en face d'une ligne ennemie forte de 40,000 hommes, dont le front était couvert de 80 bouches à feu !
Si l'Empereur eût eu alors auprès de lui toutes les troupes qu'il ramenait de Leipzig, une attaque vigoureuse l'aurait rendu maître du pont de Lamboy, et le général de Wrède aurait payé cher sa témérité; mais les corps des maréchaux Mortier, Marmont, et le général Bertrand, ainsi que le grand parc d'artillerie, retardés par le passage de plusieurs défilés, principalement par celui de Gelnhausen, n'étant pas encore arrivés. Napoléon ne pouvait disposer que de 10,000 combattants î... Les ennemis auraient dû profiter de ce moment pour fondre vivement sur nous. Us ne l'osèrent point, et leur hésitation donna à l'artillerie de la garde impériale le temps d'arriver.
Dès que le brave général Drouot, qui la commandait, eut quinze pièces sur le champ de bataille, il commença à canonner, et sa ligne, s'accroissant successivement,