CHAPITRE III
1812. — L'Empereur m'adjoint au colonel du 23" de chasseurs à cheval. — Je rejoins mon régiment à Stralsund. — Superbe état de ce corps. — Intrigues du comte de Czernichefî.
Je commençai Tannée 1812 à Paris, auprès de ma jeune femme et de nos parents. Mais le bonheur dont je jouissais était troublé par la pensée de mon prochain départ. Je devais -aller rejoindre le 1" régiment de chasseurs à cheval, dans lequel j'avais été placé comme simple chef d'escadrons. Les regrets que j'éprouvais de n'avoir pas obtenu le grade de colonel, que je croyais avoir mérité, furent un peu atténués lorsque, ayant été aux Tuileries pour les salutations du jour de l'an^ l'Empereur me fit ordonner, par son aide de camp, de me rendre dans son salon particulier. J'y trouvai le général Mouton, comte de Lobau, qui, dans cette affaire, fut, comme toujours, très bienveillant pour moi. Napoléon parut et me dit d'un ton fort affable qu'il avait eu le projet de me donner un régiment; que des considérations particulières l'ayant porté à nommer mon camarade Barain colonel, ce qui, avec Pelet et Casablanca, faisait trois colonels pris parmi les aides de camp de Masséna, il ne croyait pas devoir en accorder quatre à son seul état-major, mais qu'il ne me perdrait pas de vue. L'Empereur ajouta que, ne pouvant me nommer sur-le-champ titulaire d'un régiment, il allait me charger d'en commander un, le 23' de chasseurs à