‹ Memoires du general Bon de Marbot (volume 5)Chapitre 147 sur 178 · CHAPITRE XXXIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXIV

1SI4. Jn suis nomnn'' au commandement du département de Jemniapcs. — Situation dillicile. — Souh'n rriient conjuré. — Extermination d'un parti de Cosaques dans Mons. — Rapjjel de nos troupes vers Paris. — Mon dépôt est transféré à Nogent-le-Rui.

• Je commençai à Mons Tannée 1814, pendant laquelle je ne courus pas d'aussi grands dangers physiques que dans les précédentes, mais où j'éprouvai de bien plus grandes peines morales.

Comme j'avais laissé à Nimègue tous les cavaliers de mon régiment qui avaient encore leurs chevaux, je ne trouvai à Mons, où était le dépôt, que des hommes démontés, auxquels je cherchais à donner des chevaux tirés des Ardennes, lorsque les événements s'y opposèrent.

Le l*' janvier, les ennemis, après avoir hésité près de trois mois avant d'oser envahir la France, passèrent le Rhin sur plusieurs points, dont l'un des deux plus importants fut d'abord Caub, bourgade située entre Bingen et Coblentz, au pied des rochers de Lurlai, qui, en resserrant infiniment le fleuve, rendent sa traversée très difficile. L'autre passage eut lieu à Bàle, dont les Suisses livrèrent le pont de pierre, en violant la neutralité de leur territoire, neutralité qu'ils réclament ou abandonnent tour à tour, selon leurs intérêts du moment.

On évalue de 5 à 600,000 hommes le nombre des

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