‹ Mémoires du général Bon ThiébaultChapitre 109 sur 259 · OUVERTURE DES HOSTILITÉS. SGI · texte numérisé non relu

OUVERTURE DES HOSTILITÉS. SGI

les Abnizzes, forte de 42,000 hommes et de trente canons, faisait son apparition; quelques troupes, qui la précédaient, engagèrent aussitôt un combat en avant de la Porte Majeure. C'était attaquer pour attaquer, sans intérêt et sans but; ils payèrent donc cet excès d'ardeur par la perte d'un bon nombre des leurs ; mais, pendant que ce premier parti de Napolitains se livrait à celte inutile échauffourée, le gros de l'ennemi déployait ses 3.000 hommes d'avant-garde et prenait position. Quant à notre garnison d*Ascoli. à nos postes et détachements, qui d*avance avaient évacué sur Ancône leurs bagages et leurs malades, ils ouvrirent les ordres et instructions qui, ainsi que je Tai dit, leur avaient été remis sur mon initiative, et, suivant les prescriptions qu'ils y trouvèrent, ne devant pas, à quelques centaines qu'ils étaient, s'exposer dans une résistance chimérique contre une division tout entière, ils se retirèrent par la route d'Ancône et vinrent bivouaquer sur le Monte Alto.

Ascoli abandonné, le chevalier Micheroux se trouvait mattre de la première place sur le territoire romain ; on eût pu penser qu'il allait l'utiliser comme forte base d'opérations, pour soutenir sa marche en avant; mais il y laissa simplement une défense de 1.000 hommes, puis, divisant ses forces en deux corps et suivant, à la tôle du premier, la route de la Marine, il se dirigea avec vingtquatre pièces de canon et en masse sur Porto di Fermo, tandis que le second corps, avec six pièces de montagne, longea les hauteurs qui flanquent le littoral et marcha en trois colonnes de front sur la ville de Fermo; mais c'est aussi sur cette ville que notre garnison d'AscoIi, quittant son bivouac de 3Ionte Alto, avait ordre de se replier et de se joindre à sa légion.

En même temps que ce mouvement et d'autres, prévus par nos instructions cachetées, concentraient des forces

sur Fermo et en faisaient un premier point de résistance, le général Rusca, conformément aux prescriptions qui pour sa part lui avaient été remises, partait de Macerata et venait rassembler à Porto di Fermo une demi'brigade légère et trois escadrons de dragons avec trois pièces d'artillerie légère. Les deux points visés par les deux corps du chevalier Micheroux, la ville de Fermo et son port, se trouvaient donc, par la seule prévision de nos ordres, protégés autant que cela pouvait être possible avec l'insuffisance numérique de nos troupes.

Quant au général G... et à moi, nous avions pu passer aisément à Terni, n'ayant éprouvé d'autre résistance que celle des postillons que nous fîmes galoper, soit eo doublant les guides, soit à coups de canne. Heureusement arrivés à Spoleto, nous expédiâmes au commandant de Perugia l'ordre de ne conserver que le nombre d'hommes indispensables à la défense de la citadelle et, sous Tescorte du reste, de nous faire suivre sans retard par la totalité de nos équipages, qui nous rejoignirent en doublant les journées. Enfin, le 26, nous fûmes rendus à Porto di Fermo, où, renforcés dans la soirée même par l'arrivée de la !?• et de la 73' de ligne, nous pûmes arrêter déûnitivement l'organisation de la division. Le quartier général restait à Porto di Fermo avec une partie des troupes, formant une brigade sous les ordres du général Rusca, tandis qu'une seconde brigade était établie à Fermo; celle-ci devait être commandée par le général Monnier, et, en attendant l'arrivée de ce général, elle l'était par le chef de brigade Méjean.

Le 27 au soir, un calme profond régnait dans notre cantonnement de Porto di Fermo, lorsqu'à dix heures une fusillade s'engagea entre nos postes de la Marine et des soldats napolitains^ que des barques venaient de jeter à terre. La générale battit, et, pendant le peu d'instants

Page 1