L*AFFA1RE DE CALVI
cet ordre général il joignait cet ordre particulier : c Le général Maurice Mathieu est personnellement chargé de l'attaque et de la prise de Calvi, et de la destruction totale du corps du général Metsch qu'il a si bien entamé, t
En même temps, dans une dépèche au Directoire, le général en chef écrivait : t Je donne au général Macdonald Tordre de porter la brigade du général Maurice Mathieu sur Calvi. > Mais le général Macdonald, dont le devoir était de transmettre simplement ces dispositions, loin de laisser au général Maurice Mathieu sa brigade, ne lui confia que huit cents hommes et un seul escadron au lieu de deux. C'était diminuer les chances du succès, au point de le rendre presque impossible, et, si pareille infraction à des ordres formels venant du quartier général n'est pas attribuée à la légèreté ordinaire du général Macdonald, il faudrait Tattribuer au mécontentement; il pouvait être vexé que le général en chef, en attribuant directement cette action à un général subordonné dans la division, l'exclût, lui Macdonald, de la part qu'il eût pu juger bonne à prendre, pour ses intérêts ou sa gloire, dans l'opération.
Quoi qu'il en soit, le général Macdonald garda les forces importantes pour une colonne de secours, qui, diaprés le même ordre émanant du général en chef, devait être confiée au colonel polonais Kniazewitz, et qui arrivait par Magliano pour seconder celle du général Maurice Mathieu. Cette proportion à rebours entre les forces de la colonne d'attaque et les forces de la colonne auxiliaire ne rendit que plus étonnants les succès de la première. C'est à la baïonnette que le général Maurice Mathieu aborda les postes avancés, emporta le camp retranché, repoussa dans Calvi les défenseurs contre lesquels il fit multiplier les feux, en établissant sur tous les points un peu élevés des pelotons et ses trois pièces
d'artillerie; puis il fit ouvrir, à travers le mar d'un jar* din de religieuses, une brèche, comme pour marquer son intention d'enlever la place d'assaut. Alors il chargea son aide de camp Trinquallyé d'aller sommer le général Metsch de mettre bas les armes. Il venait d'apprendre que le général Mack accourait, par la route de Cantalupo, au secours de Calvi ; il fallait donc hâter les choses.
Par bonheur, Metsch fut informé, dans le même temps, de l'approche de la colonne de secours française, et, dans Calvi, le capitaine Trinquallyé,entouré, interrogé, s'inspirant de la situation, se laissa arracher ces soi-disant nouvelles : Que Calvi est cerné de toutes parts; que le gé» néral Macdonald, n'ayant plus à s'occuper que de ce qui reste de troupes au général Metsch, évidemment sacrifiées et perdues, a réuni autour d'elles toutes ses forces, et qu'il ne reste à la place et aux troupes qui la défendent ni une chance de salut, ni un quart d'heure de répit. Ces confidences exagérées sont heureusement recueillies par des esprits tout à fait troublés et que trouble davantage encore un ultimatum fait par le général Maurice Mathieu au nom du général Macdonald. Cet ultimatum porte que, si dans une heure la place n'est pas rendue, elle sera enlevée d'assaut, et toutes les troupes qui s'y trouvent passées au fil de Tépée.
Alors, cédant à l'épouvante de son entourage» le général Metsch consent à capituler en échange des honneurs de la guerre, et le général Maurice Mathieu, pressé par rapproche de Mack qui n'était plus qu'à une si petite distance de Calvi, se hâte d'accorder ces honneurs déshonorants. Il fait défiler les quatre mille cinq cents Napolitains et mettre bas les armes devant les neuf cents Français, qui à peine peuvent suffire comme escorte; il reste maître de quatre mille fusils, de quatre cents chevaux, huit pièces de canon et onze étendards et dra-