LE BILAN DE LA VICTOIRE
qnerda capacité, n'avait pas Thabitude d'écrire; c*était laplospéoible de ses facultés. Bonnamy, sous ce rapport, était plus faible que lui; parfois même il était godicbe, et aucun d'eux n'avait à sa disposition quelqu'un qui pût dignement le suppléer, si tant est qu'en pareil cas on poisse Tëtre. Bonnamy, d'ailleurs, avait un grand défaat, celui d'exagérer les forces de l'ennemi et de diminuer les nôtres, pour rendre plus éclatantes encore les victoires qui illustraient le général en cbef de l'armée, alors même que le plus simple exposé des faits eût été bien assez éloquent. D'ailleurs, les cbefs d armée sont en pareil cas occupés de tout autre chose que de rédiger d'une manière complète leurs dépèches; quand ils les rédigent, ils ne sont pas encore renseignés avec exactitude, et le plus souvent ils y consignent des fkitfl qu'ils ont pu croire vrais d'après les premiers rapports, et qu'ils ne s'occupent plus de rectiûer par la suite.
Ce que j'ai relevé, c'est à la suite d'une véritable enquête, et maintenant, qu*on ne m'accuse ni d'oubli ni de partialité, si, dans les faits d'armes que j'ai rapportés, je n'ai pu en attribuer aucun au général Macdonald, qui cependant, chef de la division la plus attaquée, était an premier rang pour se distinguer. Par dépit d'avoir perdu le conunandement en chef qu'il avait occupé par intérim, et de se retrouver divisionnaire; par orgueil, par jalousie (1), il put se laisser entraîner à devenir,
(1) Dans les Souvenirt qu'il a laissés et qui ont été récemment pobUés par les soins de sa Damille, Macdonald porte celte même ieeosatioa de jalousie contre son général en chef, qu'il taxe « de poa de capacité ».ll n'est pas moins sévère pour Bonnamy et sem- Us attribuer à son initiative personnelle, à son action pour ainsi dira axelosÎTe, les défaites de Mack et de Metsch à Nepi, Otricoli, Calvi. Ifooa aurions pu nous assurer sans peine si les documents olBeieU et des notes privées ne démentent pas les assertions un peu hautaines du maréchal ; mais notre rôle d'éditeur nous
u. la
^90 MÉMOIRES DU GÉNÉRAL ÉAROK TH^ÉBAULT.
comme on disait alors, le seul auxiliaire que reonemi eût dans nos rangs; de fait, il fut le seul de nos généraux qui, à propos de combats si glorieux, ne laissa la possibilité de placer son nom nulle part.
Cependant cette campagne, si courte, mais si active» avait anéanti la chaussure et le ferrage; le général Ghampionnet, qui avait espéré ne retarder que de quelques heures, en rentrant dans Rome, son passage du Teverone et la poursuite de Mack, dut reconnaître que, avant d'entreprendre une nouvelle série d^opérations i longue durée, il devait pourvoir aux besoins des troupes et de plus avoir réinstallé dans la ville les consuls, les ministres et autres agents du pouvoir, y avoir fait rentrer les administrations françaises, réorganisé la garde nationale et laissé une garnison et un commandant à titre définitif. En attendant, il cantonna militairement ses troupes autour de Rome et rendit au général Maurice Mathieu le commandement de Rome, que celui-ci avait quitté pour repousser l'invasion des Napolitains; il le lui rendit à titre provisoire par cet ordre du jour : c Le général Mathieu reprendra le commandement de Rome, mais il sera bientôt appelé à la tète des troupes qu'il est accoutumé à conduire à la victoire. >
Quatre jours suffirent à des occupations si diverses. Dès le 49 décembre (la rentrée à Rome avait eu lieu le 45), les autorités étaient rétablies, les troupes pourvues, le matériel de l'artillerie remis en état, grâce aux talents et à l'activité du général Éblé. Le général en chef venait en même temps d'apprendre que le générai Kellermann avait exécuté ses ordres de la façon la plus brillante, achevé la défaite du maréchal de Damas et
impose, à Tégard des grands renoms militaires atteints par la récit de Paul Thiébault, une réserve qui s'accorde avec notre dèaîr de garder la plus stricte impartialité. (Éd.)