QUERELLE DE MACDONALD ET DE CHAMPIONNET
opérations; certes personne n'en accusa sa valeur connae pour aller jusqu'à la témérité. Au commencement de la campagne, alors qu'il ne s'était pas encore (ait de sa bouderie une ligne de conduite, il organisa révacuation de Rome en homme de tête et de cœur; nous devons lui rendre cette justice, comme le général en chef la lui rendit en ce temps-là. Mais des débuts si honorables ne font qu'incriminer davantage les réticences qu'il mit par la suite à exécuter les mouvements ordonnés, si bien que, entre autres conséquences, ce fut grâce à ses lenteurs calculées que le général Mack, repoussé de Cantalupo, put se retirer avec son dernier homme, alors que toutes ses troupes devaient être prises. A toutes ces désobéissances le général Championnet n'avait répondu, selon son habitude, que par la bienveillance et le pardon, si bien qu'il pouvait dire, en parlant du général Macdonald et sans crainte d'être démenti, c qu'il l'avait comblé de louanges et laissé gorger d'or >. Toutefois l'oubli des fautes a ses bornes, et les derniers faits, répétés par toutes les bouches, commentés dans tous les groupes, rendaient trop publics les reproches mérités par le général Macdonald. La prochaine réunion de tous les généraux, à Naples, allait journellement faire le procès et provoquer la condamnation de tels actes, de sorte que le général Macdonald dut se résoudre à quitter le quartier général de Tarmée ; toutefois, pour masquer son départ forcé sous un prétexte qui lui fût favorable, dès que le général Championnet fut installé à Caserta, il lui présenta trois cents demandes d'avancement pour la division et, de plus, cinq promotions au grade de général de brigade, non compris le grade de général de division, qu'immédiatement il avait réclamé déjà pour le général Maurice Mathieu à si juste titre.
Il était impossible qu'une telle démarche ne doDu&t pas lieu à une scène ; elle était, d'ailleurs, trop voulue pour pouvoir être évitée; elle eut donc lieu et se termina par la demande que ût le générai Macdonald de pouvoir se retirer à Rome et d'y attendre de nouveaux ordres, demande à laquelle le général en chef se hâta d'accéder; mais, pour rester conséquent avec toute sa conduite envers le digne Championnet, le général Macdonald ne négligea aucun moyen de monter contre lui les tètes des officiers de son ancienne division; dans ce but, il leur disait, j'en fus le témoin : c Si vous n'avez pas l'avancement que vous méritez, ce n'est pas ma faute. On vous en veut de votre gloire. Vous êtes les victimes de la plus injuste des haines. »
Ces calomnieuses imputations, le général Macdonald les renouvela pendant le temps qu'il demeura encore à Naples; puis il se rendit à Rome pour y attendre le succès de ses machinations, et l'on sait que, parvenu au but de ses perfidies, il reçut l'ordre de remplacer le général en chef qu'il avait tant contribué à faire destituer. On verra comment, grâce à ce nouveau général en chef, l'armée de Naples fut battue, dissoute et refondue dans l'armée d'Italie d'où elle avait été tirée.