‹ Mémoires du général Bon ThiébaultChapitre 18 sur 259 · LE BRAVE LA SALLE · texte numérisé non relu

LE BRAVE LA SALLE

diatemcnt, et cela sans ordre, sans confident, sans même une apparence d*aatorisation , passe sans être aperçu entre les vedettes de l'ennemi, échappe à ces postes, gagne par les montagnes les derrières de l'armée autrichienne, et, marchant sans cocardes, les manteaux déployés, à travers les montagnes et par des chemins qu'il connaissait, il arrive vers minuit à Vicence, qu'il savait ne pas avoir de garnison, y cache sa petite troupe et court chez la marquise.

Vers deux heures et demie du matin, au moment où il s'apprêtait à partir, quelques coups de pistolet se font entendre. Aussitôt il est à cheval et rejoint son escorte; il apprend alors qu'il est découvert et enveloppé. Les routes les plus directes sont fortement gardées; il se rappelle un point qu'il iuge ne pas devoir l'être encore; il s'y porte rapidement; trente-six hussards l'occupent; il les charge sans connaître leur nombre, les bouleverse, prend neuf chevaux qu'il emmène, et, revenant par une route différente de celle qu'il a suivie, se décidant même à un grand détour, il évite les cantonnements, parle allemand, se donne pour Autrichien à des hommes d'un poste qu'il est forcé de traverser; puis, ayant accéléré sa marche autant que cela était possible, il tombe par derrière sur le dernier des avant-postes autrichiens, sabre tout ce qu'il peut joindre, et rentre avec le jour à Saint-Martin d'Albaro, d'où il était parti, et cela sans avoir perdu un seul homme.

Mais les rapides moments que La Salle avait passés à Vicence n'avaient pas été exclusivement consacrés à l'amour. La marquise, prévenue de cette entrevue, s'était procuré des renseignements précieux qu'il avait reçus d'elle, tant de vive voix que par écrit. La Salie, de plus, avait choisi pour cette équipée la nuit qui précédait la revue du général en chef; de retour, il s'était abstenu

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de se montrer pour n'avoir de rapport i faire à personne, puis avait attendu le moment où, paraissant devant le général Bonaparte dans l'accoutrement et sur le cheval dont j'ai parlé, il pourrait tirer tout le parti possible d'une tentative qu'il fallait punir ou récoknpenser.

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