CHAPITRE XVII
Pendant que Faypoult et consorts achevaient de spéculer sur la vénalité de leurs mandataires, sur les intrigues de leurs affidés et sur la rapacité de leurs complices, le général Championnet rétablissait le calme à Naples. Se croyant en droit de dédaigner les menées et les prétendues crâneries des intrigants de Rome, il ne s'occopait que de hâter le moment où il pourrait compléter la conquête du royaume.
Pour faire une tentative décisive auprès du Directoire et tâcher d'en obtenir les instructions les plus favorables et les renforts nécessaires, il avait déterminé la municipalité napolitaine à envoyer une ambassade extraordinaire, ayant à sa tôte le prince Moliterno et le citoyen Angri, l'un des plus nobles et des plus riches habitants de Naples ; cette ambassade emportait avec elle un état précis du pays, de sa situation, de ses ressources, et un long exposé des moyens d'y affermir pacifiquement Tautorité de la France et le régime de la liberté. En même temps le général en chef préparait des expéditions contre la Pouille et les Galabres; il confiait le commandement supérieur dans les États romains au général Sainte- Suzanne, officier d'une haute distinction, qui venait d'être mis à sa disposition; il renforçait le général Rey, chargé de maintenir toujours libres ses communications.