ANDRIA — TRANI — SAN SEVERO
Tun ni les autres; il garantissait que rien de grave ne serait oublié ou mal jugé, et il ne restait plus au général Duhesme qu'à se défendre de ce qui pouvait tenir à la partialité ou à l'exagération. Aussi le résultat fut-il heureux et rapide à ce point que, dans l'importante contrée que la division traversa, l'anarchie ne fut pas moins comprimée que la révolte, et que, avant même que nos troupes y entrassent, Troja, Lucera et Bovino, ces trois clefs de la Fouille, envoyèrent des députés au général Duhesme, pour lui déclarer qu'elles se soumettaient.
Cependant, et indépendamment de quelques troupes qui tenaient la campagne, d'autres villes, et trois surtout, maintenaient déployé l'étendard de la révolte; c'étaient Andria, Trani et San Severo, qu'on appelait le quartier général de l'armée coalisée de la Fouille et des Abruzzes. De ces trois villes, la première était occupée par 8,000 hommes, et chacune des deux autres par 10,000. Ces rassemblements étaient formés de soldats des corps que nous avions battus et de paysans commandés par des officiers de l'ancienne armée et par des prôtres; mais celui de San Severo, colonie albanaise, et de tout temps repaire de brigands, comprenait en outre, et indépendamment d'un grand nombre de bandits, un corps de galériens, dont le roi de Naples avait fait briser les fers peu avant son départ pour la Sicile.
L'importance de ce rassemblement, l'emplacement de la ville, que couvrait un mamelon d'olivierset dominant la plaine dans une position très militairement occupée, la nécessité d'en faire raison avant de se porter contre Andria et Trani, ne purent laisser de doute sur la nécessité d'ouvrir la campagne par sa destruction. Un dernier motif ajoutait à la force de ces considérations : San Severo flanquait la communication de la Fouille à la Pescara; et c'est parla qu'il fallait non seulement avoir