L*ACQUITTEM£NT DU PRINCE MARI
cette affaire pour la nomination d'ane commission militaire et une mise en jugement. Dans Tétat d'exaspération où se trouvaient les officiers comme les soldats, il n'y avait aucun doute que, si ce prince comparaissait comme auteur et fauteur d'insurrection, c'était un homme mort. Sa vie dépendait donc moins des faits imputés que de la manière dont je présenterais l'accusation et dont je composerais la commission. Cette conviction me fit examiner les pièces de cette affaire avec la plus sérieuse attention, prendre des renseignements, entendre quelques personnes et arriver à la croyance que, sans être de nos amis et malgré de fâcheuses apparences, il avait pu être imprudent, mais n'était coupable d'aucun acte de rébellion. En conséquence, je mis un tel soin dans le choix des juges, mes ordres prescrivirent si impérieusement de n'admettre comme charges que des faits constatés, de les relater tous dans le jugement, de me l'adresser et d'y joindre toutes les pièces, que ce prince fut acquitté.
Le lendemain du jour où l'on eut à Naples la nouvelle de son acquittement, toute sa famille, informée de ce que j'avais fait et de mon arrivée dans cette ville, vint dans trois voitures et en grande cérémonie me rendre ses actions de grâces. Lorsqu'on annonça ces personnes hautement qualifiées, j'expédiais des ordres très pressés qu'un détachement de cavalerie attendait dans ma cour depuis une demi-heure. Forcé de faire attendre toute cette famille, je chargeai un de mes adjoints de les informer de ce qui me retenait; mais, tout en dictant mes ordres, je ne pouvais distraire ma pensée de cette situation : < Tu n'étais pas né, me disais-je, pour recevoir, à ton âge surtout, des hommes et, qui plus est, des dames de ce rang; pour les voir arriver chez toi c inflocchi >, c'està-dire en grande toilette et en carrosses de gala, et moins encore pour leur faire faire antichambre. Tu ne devais
pas t*atteDdre a être larbitre de leur vie, et, dans Tordre natarel des choses, ta aurais trouvé tout simple d aller chez elles et d'y subir la position dans laquelle elles se trouvent. Des événements extraordinaires, gigantesques, en ont ordonné autrement; tu exerces sur de vastes contrées et de fait, quoique ce ne soit pas sons ton nom, un pouvoir qui sous certains rapports tient du rang suprême; tu marches peut-être à un grand r51e (et à ce moment je pouvais le supposer); enfin, ta as à peine vingt-neuf ans, et ce serait légitime d'en tirer vanité. > Mais j>us beau mlnterroger, me tâter, je ne pus découvrir en moi aucun vestige de cette faiblesse; dès que cela me fut possible,j'allai donner mon audimce, simplement comme on remplit un devoir de position, et si je n'éprouve pas de confusion à le dire, c^'est parce que j*ai dit assez que j'avais d'autres défauts.
Le suriendemain. un homme d'affaires se présenta pour me remettre, conmie faible gage de reconnaissance, le bon d'une forte somme ';i3 ou âO.OOO ducats, je croîs), déposée pour moi chez un banquier. Indigné, je chassai cet homme. lui déclarant que je ne m'étais pas attendu à un outrage pour un bienfait^ et qu*0 me faisait regretter ma conduite, puisqu'elle avait pu laisser croire que, au lieu de faire rendre la justice, j'étais capable de vendre l'impunité. On m'apprenait que je n'avais sauvé qu'on coupable, et je terminai en affirmant que je ne rendrais aucune des visrtes que j'avais reçues.
Elnân. le il mars, se trouvèrent réunies à Foggia toutes les trvMipes que le général Broussier espérait: avec elles il put commencer ses opérations. Andria.puis Trani. les deux boulevards des insurgés dans la Terre de Bari, furent emportes d'assaut, pillés, brûlés, am prix des plus san fiants efforts et ces plus héroïques faits d^armes;
$ deux exemples aTaient été terribles; il CalUit être