PRÉLUDES DE LA RETRAITE
eapérieures. Ainsi le bataillon isolé sar ce point de l'Adriatique ne devait pas tarder à être attaqué par terre et par mer; il avait besoin d'être secouru. Pour Téchelonner, quelques bataillons envoyés en avant auraient suffi ; mais le mouvement ne fut ordonné que le 43, jour auquel le général Olivier porta sans raison ses troupes en masse sur Cassano; il leur fit, sans plus de nécessité et dès le lendemain, occuper les villes du littoral, Mola, Monopoli, Fasano et Ostuni, où je le rejoignis; car, à son départ de Naple&, je l'avais prévenu que je ne quitterais le général Duhesme qu'au moment où celui-ci partirait pour Milan.
Lorsque j'arrivai, la division entière allait s'avancer sur Brindisi, sans autre objet que de rejoindre le bataillon isolé, objet pour lequel le moindre déplacement de troupes bien conduites aurait amplement suffi. Je trouvai nos soldats confondus de ces directions inutiles, accoutumés qu'ils étaient à ne pas faire un pas qui ne fût justifié; mais, chemin faisant, j'avais été gagné de vitesse par un ofQcier de l'état-major général, qui m'avait rattrapé à Foggia et que, depuis cette ville, j'avais amené en poste dans ma voiture, marchant même de nuit. Cet officier apportait les nouvelles des défaites de Schérer et l'ordre de se replier sur Naples. Quant au bataillon de la 8* légère, il fut invité à rejoindre la division à Ostuni, et j'assurai son retour en faisant partir ime demi-brigade au-devant de lui. C'est tout ce qu'il en fallait. Toutefois j'eus le regret d'apprendre que l'adjudant général Sarrazin avait profité de ce mouvement pour faire arrêter et fusiller tous ceux qu'on lui désigna comme pouvant servir de chefs à une insurrection. Cent trente^hommes furent de cette sorte assassinés par ses ordres. L'idée me parut tout simplement infernale.
Pour donner le change sur notre mouvement rétro-
grade, on annonça une assemblée générale et par députalions de toutes les populations de ces contrées; on indiqua le lieu de la réunion; on parla de grands projets, et, au milieu de ces propos d autant plus ridicules qu'ils ne pouvaient pas avoir de suite et qu'ils n'abusèrent personne, la division commença sa marcbe en arrière; le 20 avril, après quatre jours de mouvements lents, mais continus, une partie rentrait à Foggia. De là je fis partir mon premier adjoint Picquet, pour porter à Coutard l'ordre d'évacuer les Abrnzzes et de se rendre à Florence par Aquila, dont il devait réunir A lui la garnison. Et cela fait, toutes les troupes de la division quittèrent Foggia le 2i, les unes pour rentrer à Naples, les autres pour remonter sur Maddaloni, en exécution de la nou* Telle organisation que le général M acdonald venait de donner à l'armée. De fait, la grande retraite était corn* mencée.