NOUVELLES DESTITUTIONS DE GÉNÉRAUX
ses cordoBs et ses plaques furent envoyés au général en chef.
La Calabre restait seule à soumettre; mais elle pouvait maintenant être attaquée de front et de revers, et, en dépit du cardinal RufTo, elle ne faisait pas prévoir une sérieuse résistance; la campagne pouvait commencer sans retard, les plans du général Championnet, qui venaient de servir si heureusement Broussier dans la Fouille, allaient être complétés du côté des Calabres; la gauche, conduite encore par les inspirations de son ancien chef, était prête à couronner son glorieux rôle, lorsque le général Duhesme et le général Broussier furent à leur tour sacrifiés pour avoir été les amis et, dans leurs positions respectives, les émules d'un de nos meilleurs généraux en chef et du plus honnête homme du monde. Encore faut-il dire qu'ils étaient parfaitement étrangers aux différends du général Championnet avec Faypoult et que, dévoués au chef que le Directoire leur avait donné, ils Tétaient, avant et par-dessus tout, à leur devoir, à leur réputation, aux intérêts de la patrie. Et cependant ils furent arrachés à la division dont ils étaient l'honneur, à des troupes qui les adoraient, accoutumées à vaincre à leur voix. Et pour que rien ne manquât à cette ironie, ces deux généraux furent traités de la manière la plus brutale; de plus, ils furent remplacés de la manière la moins brillante, et par le général Olivier, que le souvenir de sa vaillance honorera toujours, mais que son peu de capacité laissait loin de son prédécesseur, et par l'adjudant général Sarrazin, qui dut à cet avancement l'unique profit d'arriver plus tard aux galères avec le grade de général de brigade.
A peine nommés, les généraux Olivier et Sarrazin partirent pour leur nouvelle destination, en se faisant très inutilement suivre par le restant de troupes que l'on
avait si intempestivement immobilisées a Benevento et à Avellino, dans le seul but de retenir le général Duhesme et de lui ôter l'occasion d'utiliser encore son zèle et ses talents, premier présage du coup qui lui était destiné. C'est le 9 avril que le général Olivier arriva à Bari, et c'est par lui que le général Broussier reçut les ordres odieux qui le concernaient, ordres contre lesquels il échangea le rapport du combat du matin. Ce combat était le dernier fait d'armes dont nos troupes dussent avoir à s'honorer dans ces contrées.
Les généraux Duhesme et Broussier ne furent pas» au reste, les seules victimes que le Directoire sacrifia aux ennemis de Championnet. Le général de division Rey, illustré par la prise de Gaête, lui qui ne s'était mêlé que des communications de Naples à Rome et qui, dans cette mission, avait rendu de si grands services, fut également arrêté et le fut de même que Dufresse, qui au départ du général Sainte-Suzanne, appelé au commandement de l'armée d'Italie qu'il refusa, avait été chargé de le remplacer à Rome(i).
L'adjudant général Sarrazin s'était rendu à Cassano: et là, le iO, il apprit l'aventure du Généreux. Parti d'Ancône escortant un convoi de vivres destiné à Corfou et y portant des troupes de renfort, ce vaisseau avait trouvé l'île au pouvoir de l'ennemi; ne voulant pas remonter l'Adriatique, il avait attaqué et pris le fort de Brindisi, qui de suite avait été occupé par un bataillon de la 8* légère, et, débarrassé de ce bataillon qui gênait sa marche, il avait pris le large, poursuivi par des forces
(1) Dufresse ne fut envoyé à Rome que parce qu*il n'y avait de choix qu'entre Rusca et lui; et Sainte-Suzanne n'avait pas été préféré à MacdonaJd parce que, aussi estimable que Championnet. il n'offrait non plus de garantie que comme homme ie guerre d*ao ordre supérieur.