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LES NOUVEAUX COMMISSAIRES

Héchin, notamment, revint avec six cent mille francs, indépendamment d'objets d'une valeur énorme tels que le camée d'Auguste dont il se trouva nanti.

Mieux inspiré qu'en nous adressant ce Bodard, nouveau Fajpoult, le Directoire avait en même temps envoyé à Naples , pour donner une constitution à la République parthénopéenne, le citoyen Abrial, très digne homme, dont les événements sans doute ne tardèrent pas à rendre la mission inutile, mais qui n'en eut pas moins l'estime de tous ceux qui le connurent et même celle des Napolitains, et une estime qui sous le Consulat le porta au ministère de la justice.

Malgré le zèle de ce dernier fonctionnaire, ce fut un des faits les plus sensibles de notre occupation à Naples, que, du jour où le général Ghampionnet fut remplacé, l'administration fut en souffrance. Les dépêches de ce général en font foi, rien ne lui échappait de tout ce qui tenait aux besoins de l'armée, à l'avantage du pays, i la prospérité, comme à l'honneur et à la gloire de sa patrie. Mais après son départ tout fut changé, et, tandis que les dépêches du général Ghampionnet étaient des modèles de netteté et de prévision, la correspondance de son successeur ne révélait qu'imprévoyance et légèreté. Ne paraissant s'occuper ni de surveillance ni de vérification, ce successeur abandonna à la commission civile tout ce qu'il plut à celle-ci d'accaparer; il ne se mêla de l'administration militaire que pour se faire tromper par les fournisseurs, et quand plus tard ses troupes se trouvèrent nues, il fit, pour se disculper, ce singulier aveu : c Je me reposais sur mes agents, j'avais leur parole d'honneur. > Belle garantie t Pour un général en chef, responsable de l'existence d'une armée, n'est-ce pas une condamnation que de se reconnaître le jouet d'une pareille duperie ? Ce n'est pas tout. Il n'eut

ni encouragements ni conseils pour un gouvernement à peine ébauché, que Championnet ne cessait d'éclairer et de guider; il n'écrivit presque pas au Directoire, ou ne lui adressa que quelques lignes, alors que Championnet, qui avait des lumières pour tout le monde, initiait à tout ce môme Directoire et savait provoquer à temps les mesures les plus utiles; à peine même correspondaitil avec le ministre de la guerre.

Si, en sacrifiant le général Championnet, le Directoire avait compté améliorer la situation de l'armée au double point de vue de Tadministration et de la guerre, il .a était trompé, et c'était au moment où plus que jamais la moindre erreur pouvait être fatale. Par suite des défaites de Schérer, nous avions perdu le Mantouan, presque toute la Cisalpine, et, par suite d'une première évacuation trop hâtive, nous avions dû, en dépit des récents succès de la gauche, évacuer définitivement les quatre cinquièmes du royaume de Naples. Dans l'État Romain, Yiterbo reprit les armes; les environs de Narni, Terni et même Spoleto furent tellement infestés d'insurgés que le dernier courrier du général en chef était assassiné malgré une escorte de trois cents hommes; Isola, bâtie sur le Garigliano et barrant l'une de nos deux communications entre Rome et Naples , se trouva fortifiée de manière à faire échouer nos troupes de la division de Rome, qui tentèrent en vain de remporter d'assaut. A Capoue, les bandes du prince de la Rocca Romana, qui après avoir spéculé sur notre victoire spéculait sur notre défaite, venaient de tenter une démonstration; une autre attaquait Caserta; des rassemblements considérables durent être dissipés par de véritables opérations militaires à Castellamare et à Salerne, et si Civitavecchia avait capitulé, c'était de manière à laisser aux troupes qui s'en étaient emparées la

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