‹ Mémoires du général Bon ThiébaultChapitre 32 sur 259 · PIED A PIED SUR LA RODTE DE VIENNE · texte numérisé non relu

PIED A PIED SUR LA RODTE DE VIENNE

sireot reDoemi jusqu'aux portes de la ville; mais là se trouvait réuni tout ce qui restait du corps que le gêné- 1^1 Masséna combattait depuis Fortuna, dont le nom demeurait un heureux présage. Or ce tout formait encore deux brigades d'infanterie, cinq bataillons de grenadiers, deux régiments de cavalerie avec neuf picces de canon; et, malgré tant de défaites, gardant encore un très bon ordre, il occupait pour le moment une position qui pouvait passer pour formidable, soit deux montagnes boisées et séparées par un intervalle de quatre à cinq cents toises. Une brigade occupait chacune de ces montagnes, et l'intervalle était rempli par les cinq bataillons de grenadiers, l'artillerie et la cavalerie. Répartition vicieuse en ceci qu'il n'existait aucune troupe en réserve.

Devant cette situation, notre 25* de ligne fut chargée de commencer le combat par l'attaque de la montagne de gauche ; dès qu'elle fut aux prises, la 32* se porta sur la montagne de droite, et les carabiniers des 2* et 20* de ligne engagèrent le feu avec le centre. Les brigades autrichiennes, protégées par leur position boisée, firent une résistance opiniâtre; néanmoins la 32*, parvenue vers cinq heures du soir au sommet de la montagne droite, se trouva avoir tourné les troupes qui en occupaient le talus et, les dominant à revers, les força à la retraite. Débordée sur un de ses flancs, la ligne n'était plus tenable; la 25* ne tarda donc pas à gagner du terrain, et le centre, qui n'avait plus d'appui, fut chargé sur ces entrefaites par les 2* et 20* de ligne, et mis dans une véritable déroute (i). Toutes ces troupes se retirèrent sur Neumarkt et, en majeure partie, se réunirent sur le

(1) Malheureusement, dans ce combat, nous eûmes & regretter le commandant de rartillerie, le brave Carrère, tué par un boulet sur ses pièces.

os MÉMOIRES OU GÉNÉRAL BARON THIÉBAULT.

plateau qui se trouve au débouché du défilé de ce nom.

Le 3 avril, la division traversa Neumarkt, que l'ennemi avait évacué pendant la nuit, et alla bivouaquer à Unzmarkt; ce court trajet fut encore marqué par deux combats.

Le premier fut livré après Scheifling, contre une arrière-garde marchant avec du canon ; mais une demiheure suffit aux carabiniers et voltigeurs des 2* et 20* pour la rejeter sur le corps de bataille.

Le second eut lieu contre tout ce qui, sur ce point, restait de forces à Tennemi. Sous le feu le plus nourri, les deux demi-brigades rivalisèrent d'audace comme si elles avaient été chargées de décider de la réputation que méritaient les troupes de l'armée du Rhin et celles de l'armée d'Italie ; luttant sans cesse d'hérofsme, elles abordèrent ce corps entier à la bafonnette, rompirent sa ligne et le forcèrent à une retraite précipitée. Une partie des troupes qui le composaient gagna les hauteurs, pendant que l'autre se retira en bon ordre par Neumarkt, la droite à la rivière et la gauche aux montagnes. La ville dépassée, les Autrichiens voulurent cependant prendre une position nouvelle et tentèrent d'effectuer leur ralliement sous la protection d'une vive canonnade ; mais la 2% toujours plus terrible, chargea avec tant d'impétuosité tout ce qui tentait de l'arrêter, qu'aucun bataillon ennemi ne put se reformer. La nuit vint mettre fin à ce long combat dans lequel l'ennemi, qui cependant n'eut affaire qu'à deux demi- brigades, perdit quatre cents hommes, tués ou blessés, et huit cents prisonniers. Notre avant-garde prit position à un mille au delà de Neumarkt, et le reste de la division, le parc y compris, fut placé en avant et en arrière de cette ville, que le quartier général occupa.

Le 4, à la pointe du jour, elle était déjà en marche

Page 1