DE NEUM AB&T A LEOBEN
sur Jadenburg, A une lieae en arrière de cette ville, Rothenthurm dépassé, se trouvait un bois, où l'ennemi crut pouvoir profiter d'un abri favorable et courir la chance d'un nouveau combat. La position était telle ^'elle laissait les résultats chanceux; le général Masséna la fit tourner, obligeant ainsi l'ennemi à l'évacuer, pais à se retirer au delà de Judenburg, où la division séjourna le 5.
On ne peut concevoir avec quel acharnement l'ennemi tenait pied contre nous pour couvrir le chemin de Vienne et sinon arrêter (il ne devait plus en avoir l'espérance), du moins ralentir notre marche. C'est pas à pas qu'on se disputait la route, et toujours au milieu des ^aces et des neiges ; les Autrichiens, sans cesse réduits de nombre, ne semblaient pas encore découragés, et nos braves, qui répondaient à leurs feux nourris par des charges à la baïonnette, loin d'en éprouver la fatigue, devenaient irrésistibles.
Le 6, la division continua la glorieuse offensive en se portant sur Knittelfeld. L'ennemi, en abandonnant cette ville, la veille, en avait incendié le pont. La Muhr n'était pas guéable, il fallut s'arrêter jusqu'à ce que le pont fût rétabli; mais il était à peine praticable que l'avantgarde le passa.
Le 7, toute la division s'avança sur Leoben. A Saint- Michael, elle atteignit l'arrière-garde autrichienne, et elle allait être attaquée lorsque le général Masséna reçut l'avis qu'un armistice venait d'être conclu. Toutefois, se trouvant en arrière des limites fixées, il envoya au général ennemi un parlementaire pour le prévenir qu'ayant l'ordre de continuer sa marche jusqu'à Bruck, il voulait que Leoben fût évacué. On vint demander uno heure... c Pas cinq minutes... i, répondit le général Masséna; en effet, il continua à avancer, et, parvenu au\
premières maisons de Saint-Michael, il vit venir à lui un vieux général autrichien qui, la serviette à la main, lui dit : c Monsieur le général, il y a huit jours que je n'ai dtné; ne pouvez-vous donc pas arrêter vos troupes et me laisser prendre mon repas? — Vous êtes fort le mattre, lui répondit en riant le général Masséna, de prendre pour dîner et pour vous reposer tout le temps qu'il vous plaira; mais je ne le suis pas de ralentir ou de suspendre mon mouvement. Ainsi faites débarrasser la route, ou j'attaque. > Le général autrichien fit déblayer la route, et cette formidable division Masséna traversa toute la division autrichienne, laissant cependant une demi-brigade pour l'observer, demi-brigade qui ne rejoignit la division que lorsque cette division autrichienne se fut retirée.
Arrivée le 7 à Leoben, la division y séjourna le 8, et le 9 se rendit à Bruck, petite ville située sur la Muhr, rivière qui, pendant les conférences de Leoben, servit de limite aux deux armées.
Ainsi se terminèrent les opérations de guerre de la division Masséna pendant les campagnes éternellement mémorables de i796 et de 1797. Sans rappeler les combats antérieurs, combats si décisifs, tels que ceux de Rivoli, et pour ne caractériser ici que la course triomphale qui en vingt- cinq jours termina par une série de victoires la campagne d'Italie, de Bassano jusqu'à Tarvis, et commença non moins glorieusement la campagne d'Autriche, de Tarvis à Leoben , on peut dire qu'une série si continue de succès n'était possible qu'avec des troupes d'élite conduites par un chef d'élite. Il fallait avant tout la confiance et Tëlan réciproques; or les troupes du général Masséna semblaient vraiment avoir son Âme. Aucun mot ne peut rendre Tinfluence électrique, la puissance presque surnaturelle qu'il exer-