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citoyens est sacré >, répondit le général Masséna avec indignation, et^ rentrant dans son cabinet, il ajouta : t et celui des soldats ne doit couler que pour les intérêts, rhonneur ou la défense de la patrie. > C'est en ma présence que furent faites Toffre et la réponse; je suis trop heureux de pouvoir les rapporter ici pour ne pas m'étre félicité du hasard qui m'en ût le témoin (i).
Nous étions arrivés au 18 mars; le cinquième jour depuis la rentrée du général Masséna à Rome était commencé, et la situation devenait réellement intolérable. Je ne parle pas des criminels que le Capitole continuait à rassembler, et de ceux qui les excitaient et les soutenaient; mais le général Masséna, quelque fermeté qu'il pût y mettre, ne communiquait avec les troupes que par un intermédiaire, plus que suspect (2), et ses ordres n'étaient exécutés que lorsque son nom ne leur restait pas. La plupart des généraux et des chefs de corps, demeurés fidèles à leur poste d'honneur, partageaient avec le général Masséna une position que chaque jour, chaque heure, rendaient plus fausse, et la presque totalité des officiers d'état-major eux-mêmes se
(1) La première révolte, qui malheureusemeot avait favorisé l'assassinat d'un certain nombre de Français, n'avait été grave que par son but ; quelques troupes réunies en h&te par la générale avaient promptement mis A la raison toute la population d^ Rome, et nos soldats s'étaient amusés de voir ces conjurés romains, en partie armés de mousquets qui rataient plus souvent qu'ils ne partaient, et les laissant braqués sur nos soldats avec les bassinets ouverts, puis criant en regardant le ciel : « Fate fuoco, Madonna... Per Cristo, fate fuoco. » Pendant leur pieuse invocation, nos braves mécréants, qui juraient comme des débaptisés, les jetaient A coups de baïonnette ou de balles les quatre furs en l'air. Vingtdeux de CCS conjurés, choisis parmi les plus coupables, furent fusHlés le surlendemain.
(2) On sait que son sous-cbef d'état-major, Léopold Berthier, était le frère de l'ennemi trop puissant auquel le général Masséna n'hésitait pas A attribuer l'odieuse intrigue dont il était victime.