‹ Mémoires du général Bon ThiébaultChapitre 68 sur 259 · COMMENT UN MASSÉNA SE VENGE · texte numérisé non relu

COMMENT UN MASSÉNA SE VENGE

Pape, qui seul aurait pu verser pareille somme, il n'était plus à Rome, lors de la venue de Masséna, et d'ailleurs il avait été si bien mis à sec que Berthier avait dû lui donner de l'argent, afin qu'il pût se rendre en Toscane. Quant à avoir fait dépouiller les palais, les couvents de leurs richesses artistiques, il suffit d'avoir connu le général Masséna^ trop étranger et plus qu'indifférent aux arts, pour être sûr que, s'il avait eu le temps matériel de s'en occuper, il n'y aurait certes pas V pensé.

Par la persistance de telles calomnies, la gloire de tout autre que celle de Masséna aurait pu être à jamais ternie; mais on sait comment il allait se venger de l'injustice et de la perfidie. Disponible au 30 prairial 1799, qui expulsa Merlin du Directoire, il devait bientôt recevoir le commandement en chef d'une petite armée, destinée par le hasard des choses à jouer le plus grand rôle. C'est sur THelvétie que le plus grand effort de la coalition devait se porter, et, pendant que le général Berthier, devenu riche à Rome, amoureux à Milan, ne voulait plus partir en Egypte, pendant que Dallemagne et les misérables révoltés de Rome entraient déjà dans la poussière qui les recouvre pour toujours, il allait gagner la bataille décisive de Zurich et, successivement vainqueur de Korsakow, de Hotze et de Suvorow, sauver la France, qui sans lui eût été envahie et perdue.

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