‹ Mémoires du général Bon ThiébaultChapitre 69 sur 259 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

Venu à Rome dans le seul but d'y servir auprès du général en chef Masséna et ne m'y trouvant plus qu'au milieu d'un trop grand nombre de ses ennemis, qui chantaient tous victoire, j'étais assez embarrassé du parti que je devais prendre. Ma première pensée avait été de suivre le général; mais à quel titre, quand sa deiitination n'en annonçait aucune, quand il ne savait pas lui-même ce qu'il allait devenir, quand, moi lui demandant des ordres, il fut réduit à me répondre : « Pour donner des ordres, il faut des pouvoirs, et je n'en ai plus... >

Je considérai d'ailleurs que cette position ne pouvait se prolonger. Le rôle des créatures du général Berthier était joué, par là même que le but avait été atteint et par elles et par lui. Le corps d'armée de Rome était à la veille d'avoir son chef titulaire, le général Gouvion- Saint-Cyr, nommé par ce même arrêté directorial qui remplaçait le général Masséna et qui fixait en même temps le successeur du général Berthier comme général en chef de l'armée d'Italie. N'appartenant plus au général Masséna, je voulus établir que je n'appartenais à personne, et j'attribuai au désir de voir Rome la prolongation de mon séjour.

A vrai dire, Rome m'attirait, Rome plus peuplée de souvenirs que jamais elle ne le fut d'hommes, Rome

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