L-IHSnBBKCTIOH DO TBASIHÈNB
gers, d'autant plus désagréables aux maris et aux amaDts qu'ils paraissaient parfois plus agréables aux femmes; la loi qui défendait ausrelig:ieuxde quêter et tux prêtres de faire des aumdaes.
Les faits s etaieot passés tels ou à peu près tels qu'ils M passaient partout. Le 22 avril, au moment où, rers cioq heures du soir, les habitants de plusieurs TÎUages se trouvaieut réunis dans l'église de Castel- Rigone, ua nommé Guerriero Guerrieri survint avec un fdit relatif aux frais dune nouvelle fête civique, dont les seuls préparatifs coûtaient déjà plusieurs milliers de piastres. Un Vicente, égide, proclama aussitôt cet édit. mais dans les termes et avec les commentaires les plus propres à en faire le sujet d'une révolution; tous ceux qui étaient présents prirent en effet les armes, et ce Vicente. qui s'était emparé de l'autorité, expédia sans retard à tous les curés de la circonscription des ordres formels pour faire remplacer les arbres de la liberté par des croix, pour faire armer et rejoindre tous les hooimes en état de combattre, pour sonner le tocsin et faire parcourir les campagnes par des religieux et des laïques prêchant la révolte.
Dans les premiers jours, l'appel ne rassembla que des paysans; mais bientôt ce noyau se grossit de douaniers, de braconniers, de contrebandiers, de ces vagabonds dont l'Italie fourmille, et de quinze cents galériens que l'on était parvenu à faire échapper des bagnes de Civitavecchia : quant aux armes, on n'était pas diQlcile. Tout ce qui pouvait servir à tuer était bon , et les ressources □e manquèrent pas, car l'Italie est pleine de vieux châteaux, dans la plupart desquels se trouvaient des salles d'armes.
Pendant huit jours, cette prise d'armes se propagea comme un feu d'incendie, et d'autant plus aisément que
le général Valette, commandant tout le nord de l'État romain, le territoire de Spoleto y compris, avait précisément quitté Perugia» siège de son quartier général, pour apaiser quelques mouvements insurrectionnels dans les départements duTronto et du Musone, et n'avait laissé presque aucune troupe dans le Trasimène; aussi l'organisation s'étant achevée sans rencontrer de résistance, les cheb insurgés de Castel-Rigone commencent i former des entreprises, se répandent par troupes de quatre à huit cents, ayant des tambours et le drapeau papal à leur tète, abattent les arbres de la liberté restés debout, arrachent les cocardes tricolores à ceux qu'ils surprennent en portant encore et lèvent de force des hommes et de l'argent aux cris de : Vivent le Christ, le Pape et l'Empereur t enfin ils annoncent l'attaque de Perugia et le massacre des autorités et de tous les Français.
Cependant le chef de bataillon Breissand, commandant la place de Perugia, avait fait, avec soixante à quatre* vingts hommes qui restaient dans la place, une première sortie contre un parti de rebelles, qu'il avait dispersés en leur enlevant un drapeau; puis il réclama de tous côtés des renforts. Ces renforts arrivés, une colonne mobile fut formée sous les ordres d'un capitaine de la 11* de ligne, nonmié Guiminal, et cette colonne fut expédiée de suite sur Città di Castello, où cent vingt hommes de la 15* légère, restés enfermés, malgré les ordres qui les rappelaient, étaient bloqués. Avant tout, la colonne Guiminal dut anéantir un fort parti d'insurgés retranchés au village et à l'abbaye de Magione; elle eut à souffrir d'une résistance assez vigoureuse, et, pour pousser jusqu'à Città di Castello, elle dut livrer d'autres petits combats et rétrograder par un itinéraire fort long, qui la força à rentrer trois
fiARSISON MASSACBËe.
jours après daas Peruçia. Le résnltal de tous ces retards ftit que les cent vingt hommes, faute detre secoarus ddns le temps prévu, se trouvèrent dans une position de pin en plas critique.
te général Valette, rappelé par les événements, était rentré à. Periigia peu d'heures après le départ de la colonne de secours; mais déjà toute communication était coupée avec cette colonne, et, n'ayant avec lui que les qDatr«-vio^ hommes restéspour la défense de Perugia, il ne pat agir que faiblement et d'une manière tout à fait accessoire.
Cependant les insurgés voulaient à tout prix s'emparer lie Ciltii di Casteilo, lieu de ressources pour le pays qo'ellc domine et point d'appui par lea fortes murailles dont elle est entourée; il» avaient besoin de se for^ Uflerdu bruit d'un succès; par-dessus tout, ils désiraient se venger d'un certain Buffalini, misérable qui, revêtu de pouvoirs extraordinaires, extorqués aux consuls de Rome et au général Dallemagne, en abusait, au scandale de tous. C'est ce Buffalini qui, poussé par je ne sais quel intérfit. s'était opposé à ce que le rappel de la garnison deCitti di Castello, rappel ordonné par le commandant Breissand, re^ât son exécution. Les insurgés avaient donc porté là presque toutes leurs forces, et, au nombre de huit mille, ils assiégeaient les cent vingt hommes, contre lesquels ils crurent nécessaire encore d'ajouter l'emploi de la ruse. Secondés par un grand nombre d'habitants et sous toutes sortes de déguisements, trois on quatre cents des plus braves d'entre eux pénétrèrent dans la ville; ayant abusé le commandant de la garnison, en feignant de traiter avec lui d'une capitulation, ils assaillirent à l'improviste des hommes épars, s'empuréreat des portes, les ouvrirent à leurs complices, qui en foule se précipitèrent dans la place, massacrèrent
Î08 HÉMOIRES DC GÉNÉRAL BARON THIÉfiAULT.
la garnison, les autorités, tous les partisans de notre cause, et notamment ce BufTalini, dont la mort fut aussi juste que celle de tant d'autres fut déplorable (1).
D'après les ordres donnés par le général Saint-Cyr, la 11* de ligne, qui se rendait à Modène, avait été dirigée àbr Perugia, où elle arriva, le 5 mai, en même temps que moi. Le général Valette ignorait encore ce qui se passait à Città di Castello, quoique d'un moment à l'autre il attendit la nouvelle que la garnison de cette ville avait été débloquée par la colonne Guiminal, dont à ce moment il n'avait pas non plus de nouvelles; il voulut cependant profiter sans retard du renfort; mais la 11*, trop fatiguée pour dépasser Perugia, ne put en repartir que le lendemain , jour d'une pluie tellement abondante que tout ce qu'elle put faire fut d'arriver à la Fratta, où l'officier qui la commandait, le chef de brigade Calvin, reçut la nouvelle de la perte de Città di Castello et du massacre de la garnison, de même qu'il y fut informé qu'un corps considérable d'insurgés, ayant du canon, se trouvait en position à Montone.
En transmettant, à la hÂte, ces nouvelles au général Valette, Calvin y joignit la demande de deux pièces de canon, non pour battre ces insurgés en campagne, mais
(1) Il faut bieo le dire, c'est un de ceë évéoemaots douloureux dont ou n'aurait pas A géoiir si les chefs n'étaient pas si souvent inférieurs A leur mission. Celui qui commandait dans celte circonstance n'était certes pas fait pour qu'on lui confiât des hommes. Il commit une série de fautes en n'exécutant pas les ordres de son chef, malgré l'impudente opposition d'un Buffaliui; en croyant que l'on peut traiter avec des insurgés et se fier A eux; en n'ayant pas, du moment où il fut bloqué, choisi un lieu de ralliement ou de défense, tel qu'un couvent, une église ou tout autre bAtiment fort; en n'y ayant pas tenu tous les hommes réunis A l'abri de retranchements, et ne l'ayant pas approvisionné en vivres pour douze ou quinze jours, ce qui, dans une ville de six A sept mille Ames, est toujours possible pour cent vingt hommes ; enfin, en n'ayant pas fait de ce réduit un lieu de refuge pour tous les patriotes*
ATTlQCC M ALlDBOITC 909
pour reprendre Città di CasteOo. El en effet, le jour oWit pas reparo. que dé)4 U se portait sur Moatoce. où, sans hésiter, il atlaqva ces însnrsés. les nût en dé* roQte, et leur prît on drapean.
La dépêche de Calriii étant parreniie dans la journée do 7 mai, le général Taiette fit partir des le lendemain au matin, et sons Tescorte de la colonne Goiminal , itotrée de TaTant-reille. les deux pièces demandées. Le même joor, Calrin se diriçea de Montone snr Città di Castello; mais, à peine sorti de ce rillage. il troara la raate coarerte d*abatis et sfllonn^ par des coapures; sa marche, qui ne se fit pins qa'an ton da tocsin, fut ralentie par des nnées de tiraiÛears, faisant sur la colonne et aox cris de Ftra Marim ! on fea de flanc très Doarri. Au reste, les forces insurgées ne se composaient pas senlement d'nn ramassis de paysans et d'arenton'ers, mais surtout de soldats onranisés et commandés par des officiers de Fex-armée papale, par des émigrés français, que nous retrouvions partout oà il y avait à verser le sang de leur nation, par des prêtres qui en fanatisme et en férocité ne le cédaient pas aux bandits de leurs montagnes; tous étaient encourag/s par le voinnage de la Toscane, où ils avaient un refuge, et par celui de Sienne, où le Pape résidait encore et où se trourait le foyer de la révolte. La marche de Montone i Città di Castello fut donc un combat non interrompu; mais rien n'arrêta la il*, qui, après avoir jonché la route de cadavres, arriva vers cinq heures du soir devant CitU di Castello.
La porte de cette ville étant ouverte et seulement couverte par quelques pelotons, Tavant-garde précipita ta marche; mais, à l'approche de nos braves, les pelotons rentrèrent dans la ville et démasquèrent une pièce de gros calibre, chargée à mitraille; le coup parti. 14
tit, nous perdîmes des hommes, et la porte se ferma.
Ce début était fâcheux. Si devant l'ennemi le rôle des subordonnés est de se jeter en avant, celui des chefs est de les diriger, de les contenir au besoin; et certes, il ne fallait pas grande sagacité pour comprendre qu'on n'enlève pas à la course une ville fermée, défendue par six mille frénétiques, flanqués d'une nombreuse artillerie. La porte laissée ouverte n'était qu'un piège, et un piège grossier, et la porte refermée pouvait en couvrir un autre ; du moins cette école faite devait rendre Calvin circonspect; mais, au lieu de prendre position et d'attendre les pièces qu'il avait demandées et qui étaient en route pour le rejoindre, il ordonna à ses sapeurs de briser la porte à coups de hache et permit que, pendant le travail, les soldats se tinssent prêts à l'attaque. C'est alors que, après avoir rechargé leur pièce de 24, après l'avoir remplie jusqu'à la gueule, les insurgés la tirèrent à travers la porte et renversèrent quarante-quatre hommes, presque tous grenadiers ou sapeurs, et dont dix-sept moururent sur place. Au même moment, une fusillade très vive partit du haut de la muraille d'enceinte, de toutes les fenêtres plus élevées qu'elle et même de la brèche faite dans la porte, tandis que plusieurs pièces, placées sur l'autre rive du Tibre, prenaient nos troupes en écharpe.
Il fallut les ravages de ce coup de canon, une fusillade meurtrière et le feu de huit pièces de canon pour éclairer, mais trop tard, Calvin sur l'imprudence ou Timpéritic d'une attaque pour laquelle il n'avait ni échelles, ni canons. Il réunit donc ses troupes sur une hauteur voisine, et en cela il fit bien; mais, à peine y étaient-elles, cet homme, incapable d'être autre chose qu'un très bon soldat, quitta sa position et retourna à Montone, donnant ainsi à TefTet de deux coups de canon le carac-
PRISE DE CITTa DI CASTELLO. S1|
tère d'une défaite pour nous et d'une yictoire pour les insurgés. Continuant même son mouvement de retraite, il avait remis, le 9 au matin, ses troupes en marche, quand heureusement, à moitié chemin, il rencontra la colonne Guiminal, qui lui amenait du renfort, les deux canons et Tordre de se rendre maître de Città di Castello. En conséquence, le 10, s'étant fi*ayé un passage à travers de nouveaux obstacles, et ayant fatigué plus que de 'raison ses troupes par tant de contremarches, Calvin reparut à une heure de raprès-midi devant Città di Castello et prit enfin position de manière à ne laisser de retraite aux insurgés que par la porte du Tibre; c'était leur abandonner la route de la Toscane; mais, pour intercepter cette route, il aurait fallu passer la rivière, ce que sans barque la crue des eaux rendait impossible, et se morceler, ce que les forces des insurgés ne pouvaient permettre. Il paraît que nos quatre bataillons et DOS deux pièces, même vues du haut de leur position, ne semblaient pas terribles, car les insurgés, nullement intimidés, commencèrent l'attaque par le feu de huit ou dix pièces de canon. Par bonheur, leurs artilleurs valaient encore moins que leur artillerie et se laissèrent promptement réduire au silence. De nombreux tirailleurs parurent alors sur notre front, mais furent aussitôt repoussés, et, des coups de fusil étant partis de quelques maisons éparses dans la campagne, ces maisons furent brûlées ou rasées. Sans s'inquiéter de ce premier insuccès, les insurgés prirent le lendemain une position très menaçante, et, pendant que trois de nos compagnies d'élite les en débusquaient, ils firent sortir de la ville en bon ordre et soutenue par le feu de quelques pièces et par de nombreux tirailleurs, une troupe d'un millier d'hommes. Contre cette troupe fut dirigé le second bataillon de la 11% qui la chargea avec
tant de rapidité que non seulement il la bouscula, mais qu'il arriva encore avant elle à la porte par laquelle elle était sortie de la ville* Cette porte fut en toute hâte fermée, de sorte que la plus grande partie de la troupe insurgée, restée dehors, put être tuée à coups de fusil et de baïonnette. De plus, le faubourg Sainte-Marie, d'où quelque fusillade était partie, fut brûlé en totalité.
Il était arrivé à ces assaillants ce qui arrive à presque, tous les insurgés ; ils avaient procédé par attaques successives et par mouvements morcelés; ils s'étaient affaiblis ainsi et d'eux-mêmes offerts à l'irrésistible vigueur de nos troupes, si bien que dans la nuit du ii au i2, cinq mille d'entre eux, cédant au découragement et suivis des habitants les plus compromis, évacuèrent la ville, par la route de Toscane que nous n'avions pu protéger; ils emmenaient quatre pièces de campagne, et s'ils abandonnaient un obusier et treize pièces de différents calibres, du moins les avaient-ils encloués.
A la pointe du jour, le drapeau tricolore flotta sur les clochers et sur la porte sud de la ville, en même temps qu'une députation des habitants vint annoncer l'éva cuation à Calvin et implorer sa clémence.
Il est à la guerre des décisions embarrassantes. Après les horreurs commises contre nos soldats et nos partisans, horreurs auxquelles la masse de la population n'avait pris que trop de part, la ville devait-elle être pillée comme châtiment et comme exemple? En d'autres termes, un grand nombre d'innocents (de fait, car d'intention il n'en était guère) devait-il être compris dans les représailles? En pareil cas, j'ai toujours été pour la négative; aussi, et même après une prise de vive force, aucun pillage n'a-t-il jamais eu lieu sous mes ordres. Quant à Calvin, il défendit le pillage, mais ne sut pas l'empêcher. Il eût suffi de faire occuper d'abord la