FORTS DU SUD
" Le général Lti Cecilia, oommandatU la Place dt Paris,
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276 HÉMOIRES VU Gt^ÉliA[. ClUSERBT
V acctimpagnÊ de Bon chef d'état-major, le colonel Henry, a «vieité ce matin ia ligne des bastions qui s'étend de la « Muette au Point du Jour.
i< Le général a été extrêmement satisfait de son Inspec- « lion; les bastions sont admirablement tenus ; de nom- « brpuaes pièces de 24 et de marine ont été mises en balten ries sous la direction intelligente du colonel Laporte et « du capitaine BoDmain. D'autres leseroat daas [ajournée « de demain. La défense de ce point si important ne laisse « rien à désirer.
■ Pour récompenser le capitaine Bonmain de son zèle et « de son activité, le général l'a fait nommer aujourd'hui « même au grade de chef d'escadron d'artillerie, >•
La Gecilia venait d'être promu par moi au commandement de la place de Paris.
Cette mesure était devenue nécessaire par suite de la situation de Dombrowski tout entier à la défense de Neuilly. D'autre part, La Gecilia avait l'esprit de méthode et l'énergie froide qui convenaient à ces Tonctions.
Je transportai le commandement de la place, de la place Vendôme à l'Ecole Militaire, afin de mettre l'étalmajor de la place, spécialement chargé du mouvement des troupes, en contact immédiat avec le camp du Ghamp-de-Mars, sur lequel étaient dirigés les bataillons au fur et à mesure de leur organisation.
Dombrowski ou plutôt son entourage fut très irrité de celte nomination. Et j'eus quelque peine à remettre chacun à sa place.
Par suite de difficultés de détail, l'armistice fut remis au 25, neuf heures du matin. U devait durer jusqu'à 5 h . du Boir.
MÉJiOlBES DU GÉNÉRAL CLUSERBT 217
Le 24, la Commune reçut du Ministère de la guerre les rapports suivants ;
d L'armistice pour Neuilly commencera demain à neuf « heures du matin.
« Nuit calme à Issy.
" Nos obusiers inquiètent toujours Ses travailleurs enriea mis. Attaque des Vcrsaillais : à 50 mètres, une décharge e de mitrailleuses les a mis en déroute.
Neuill;, 4 ta. ui»Un.
« Attaque des Versaillais repoussée avec pertes par le ■ 2« bataillon.
B Nous avons deux tués et sept blessée.
Après-midi, 2 h.
« L'action continue.
<! Versailtais en retraite.
ÂSQÎères, 2i Avril, s Wagons blindés canoonent Asnièrsa. Vive fugilladc, <i Versaillais BéchisBent. Pas de pertes de nos côtés. Mont- M rouge tire toujours sur Châtillon, ■
Gomme on le voit, l'attaque était continuelle et générale. Mais la défense, adéquate à l'attaque, ne cédait pas un pouce de terrain. Et pourtant les officiers, retour d'Allemagne, combattaient mieux qu'au commeaceraenl. On sentait qu'ils défendaient leurs appointetements. Eux qui avaient été lâches quand il s'agissait de défendre leur patrie contre l'étranger étaient devenus presque braves quand il s'agissait de défendre la solde. Car tous savaient que si la Commune triomphait son premier soin eût été de supprimer les armées permanentes '.
■ Bien euteudu dans in limite de ses pouvoirs.
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278 HÉMOIBES DU GÉNÉRAL CLOSEBET
Voici comment la Gazette de Francfort décrivait, à cette époque, la situation,
Le Daity Télégraph rendait égalenaent justice à la défense de Paris.
On lit dans la Gazette de Francfort :
a Lbs chefs de l'armée de Versailles, depuis le soua-lieu- « tenant jusqu'au général, ne combattent que pour leur " propre exisleacc. Tous les oCflciers bonapartistes, légitî- « mistes, orléanistea, sentent parfaitement d'une façon i( consciente ou instinctive que le triomphe de la iiépublin que est nécessairement lié à la supression de l'armée périr manente. Aussi, ces personnases qui, pendant le siège, " se sont conduits avec tant de lâcheté, combat tant- il s uu- K jourd'huiavec une bravoure qu'il faut reconnaître. »
L'armée permanente n'existait plus en France ; l'Armée Impériale avait été réduite en atomes ; cet instrument de despotisme, qui avait bien pu assassiner la République dana la nuit du 2 décembre, mais qui n'avait pas réussi à repousser l'invasion étrangère, paraissait tout à fait brisé. Une réforme radicale militaire reposant sur des bases républicaines était réclamée à grands cris par l'opinion publique comme une des choses les plus pressantes. C'est alors que l'antagonisme qui a surgi entre la Commune et l'Assemblée a donné à l'armée qui rentrait de captivité, la tète basse, l'occasion inattendue de montrer qu'elle était, malgré tout, bonne encore à quelque chose, du moins à l'intérieur, pour le rétablissement de l'ordre (style officiel). !1 s'ensuit que ces hommes se battent contre leurs compatriotes avec une ardeur dont ils n'avaient jamais fait preuve en face des Prussiens.
« Je fais à ces assassins, a dit dans une proclamation le marquis de Gallifet, l'ex-écuyer de l'ex-empereur, je g guerre sans pitié et sans
Contre les Prussiens, l'armée permanente n'avait à défundre que son honneur milit t I P
c'est son pain quotidien qu'elle à d f d h q ff
cier et la plupart des sous-ofa ta mb tt p
leur avenir personnel, Vnilà ce q d tt ff
guerre son caractère atroce. Ch mb p
lenafnt pour ses propres idées, m pi tût p P P
vie, pour sa propre conservatio
Puisque je vous ai cité les pa 1 d t t p n
nage qui a nom de Gallifet et q él t AH
magne à Ems, îi Coblenta et à, Wiesbaden oa,--it d t entre parenthèses, il a mené une existence des plus grotesquement dissolues, je veux vous faire part de ce que m'a dit, dans un moment d'expansion, un garde national dévoué à la Commune. Après m'avoir raconté la mort héroïque d'un artilleur à la Porte-Maillot, il termina par ces mots prononcés avec calme et avec froideur :
<i Soyez-en persuadé, citoyen, c'est uae guerre d'ester- « mination entre nous et Versailles. Eux ou nous ! iît <i tous mes frères pensent comme moi 1 »
Le a Daily lelegraph » s'occupe beaucoup de ce qui arriverait dans Paris si M. Thiers Moquait complètement la ville, et comme il ne sait rien des desseins de M. Thiers, il adresse au chef du pouvoir exécutif de sanglants reproches sur l'indécision et Yinceriitude qui fait le fond de tous ses actes. — Résumant en ses colonnes tout ce que les journaux de Versailles racontent des atrocités qui ne se commettent pas dans Paris, le « Daily Telegraph » déclare que ces récits lui paraissent grandement controuvés ou exagérés ; puis il en rejette l'entière responsabilité sur les membres du Gouvernement de Versailles :
« La fuite de M. Thiers, le 19 mars, » dit-il, « a livré
" aux ennemis de l'ordre Versaillais tous les habitants des «quartiers environnant la place de la Bourse. C'est à " M, Thiers, qui les a abandonvës, et non à la Commune, " que les amis de l'ordre doivent reprocher tous leurs mal- " heurs, — si malheur il y a.
" Pour être sincùre, il est eïtra ordinaire que les républi- « Gains modt'rés, partisans du programme de la Ligue de ■ ConoiliatioQ, aient été reçus avec un ai grand dédain par n te directeur de Versailles. »
Le morning Post trouve que l'Assemblée sembie vaquer à ReR atTnires ausei paisiblement et avec à peu près autant do succès que le font les partisans de l'ordre h l'intédeur île Paris, Sur touies les affaires politiques du jour, cette Assemblée comprend qu'elle est incapable de faire quoi que ce soit qui puisse avancer ou retarder la solution nécessaire. Le temps seul peut faire quelque chose; il faudrait, en effet, de l'énergie et de l'inlelligence pour délivrer la France de l'état fébrile dans lequel elle se trouve actuellement.
11 saute à tous les yeux que l'énergie et l'intelligence sont plutôt à Paris qu'à Versailles !
Le Cri du Peuple «lui-même, était obligé d'insérer «ne protestation, en réponse aux attaques de M. Veriet,
Quelle meilleure preuve de la légèreté de ces barbouilleurs de papier qui, pour se donner de l'importance, parlent à tort et à travers et compromettent les meilleures causes par leurs commérages de portières?
Ce fut au moment où la situation, jugée aussi bonne par les organes aussi divers, se montrait sous l'aspect le plus rassurant, que la jalousie, l'ambition et la pré-
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MÉMOIRES DU GÉNÉRAL CtUSERET 281
somptîoti combinées des Jacobin?, guidés par Delescluze et soutenus par Rossel, s'unirent pour montera l'assaut du pouvoir. L'un et l'autre ont payé de la vie leur témérité, mais ils sont cause de la défaite de4a Commune et responsables devant le peuple et devant l'histoire des milliers de victimes sacrifiées à la haine de la bourgeoisie, et du temps d'arrêt que la liberté va forcément subir. Que le peuple profile de la leçon !
FIN nu PaEMIRR VOLUME
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