FEU PARTOUT
La plus belle armée de France. — auspeasion d'armea à Neuilij. — Attaque de Mootrouga. — Dépêches de VauTea et d'Isay. — NouTeauï combals à. Neuilly, — La Cecilia à la place. — Appréciation des PruBsiens. — Guerre d'estermi nation. — Les barbouilleurs de papiers. — Le responsable,
Nous voici bien loin des attaques de droite et du cencentre.
Elles continuaient toujours avec le même succès de part et d'autre. Ce sont les plus violentes attaques qu'ait eu à subir Paris et je ne comprends pas pourquoi Mac- Mahon les passe sous silence dans son rapport. Ou, plutôt, je comprends tout ce qu'il y a d'humiliant pour un Maréchal de France, disposant de 150 mille hommes et de plus de 2 milles bouches à feu, de la plus belle armée qu'ait possédée la Prance, au dire de M. Thiers, qui s'y connaît, d'être battu par quelques milliers d'ouvriers armés de pistons et de tabatières, après l'avoir été honteusement par les Prussiens et s'être vu obligé de remettre son épée, à la tête de 200 mille hommes.
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Si Mac-Mahon ne réussissait pas à vaincre, il réussissait à tuer et à affamer les femmes et les eofants; à Neuilly la population, enfermée dans les caves, n'osant sortir pour aller s'approvisionner, de peur de rencontrer, comme cela Était arrivé à plusieurs, une boite à mitraille ou un obus sur leur route, était dans une position vraiment louchante.
Le 21 ou le 20 avril, MM. Bonvallet et Stuppuy, de l'Union Républicaine, vinrent me trouver au Minislère pour me demander d'accorder une suspension d'armes, ce que je fis de grand cœur. Mais restaient à régler les Toies et moyens.
MM. Bonvallet et Stuppuy m'insinuaient de faire le premier pas. Ils avaient été à Versailles et étaient sûrs qu'on y serait heureux d'accorder l'armistice si je la demandais. C'était naïf et c'était intervertir les rôles. Je suis le droit car je suis le peuple. Versailles n'est qu'une faction révoltée. Que Versailles fasse le premier pas. Moi je ne le ferai pas. Telle fut ma réponse et je m'y tins. Versailles fit le premier pas. I,e 22 avril, je publiai l'ordre suivant :
ORDRE
« Après en avoir conféré avec la Commission Executive, « et dans on but strict d'humanité, j'autorise une suapencc sion d'armes à Neuilly, à l'etTet de faire rentrer dans Paria les femmes, enfants, vieillards, en un mot,leanon- « combattants qui enfermés dans Neliilly sont victimes n innocentes de la lutte.
<t Le générai Domhrowski prendra, d'accord avec les Il citoyens Bonvallet et Stuppuy de l'Union Hépublicaîne « des droits de Paris, les mesures militaire
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« pour que !a suapeasion d'armes maintienne strictement V le slalu-quo. Celte suspension aura lieu de jour.
« Aussitôt la réponse de Versailles, j'en fixerai le jour et « la durée, •>
Le Délégué à la Guerre, G, Clubehet.
Versailles toujours mesquin et rancunier, força ces pauvres gens à rentrer dans Paris et leur refusa l'entrée de ses lignes. C'était aussi maladroit qu'inutile. Les lignes de Versailles ne renfermaient pas plus de mystères que sa stratégie. Séguin, sous-chef d'état-major, qu'ils avaient eu la simplicité de faire prisonnier pendant l'armistice, m'avait confirmé dans l'occupation des abords de la Seine ; c'était tout ce que j'avais intérêt à savoir, relativement à !a demande de Dombrowski dont j'ai parlé plus haut,
Quant à charger l'alimentation de la ville de quelques bouches de plus, c'était insensible. L'alimentation de Paris n'était plus une question du moment que les Allemands n'y mettaient pas obstacle.
Le 22, le Commandant du fort de Montrouge m'adressa le rapport suivant ;
Il Les avant-postes du fort de Montrouge occupés par le " 128»!' bataillon ont été attaqués hier soir, vers cinq « heures, par des bandes de l'armée Versaillaise. Ua détail cheraent du iSS^a sous les ordres du commandant
* Mathieu protégé par la justesse du tir des artilleurs du „ i4iae arrondissement, les a forcés à abandonner leur
• mouvement d'attaque.
« Nous avons à déplorer un homme tué et sis blessés, n dont un grièvement ; le commandant Mathieu qui, à la
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" lète de son bataillon, a fait preuve du plus grand cou-
« Nous avons dans Jea mains la preuve irrécusable que •( l'armée de Versailles fait usage de balles explasibles. »
Ce Mathieu était un vigoureux officier, un de ceux qui s'étaient révélés et formés soua la Gomm une. I! s'était déjà distingué sous Dombrowski qui m'en avait parlé. Aussi, par la suite quand j'arrêtai le colonel Falto, commandant du fort de Vincennes pour son insubordination, je mis Mathieu à sa place.
Le même jour, je recevais du fort deVanvesetd'Issy is suivantes :
" Des troupes Veraaillaises en nombre attaquent nos K tranchées. Dix coups de mitrailleuse les mettent ea dé- « route. De notre cflté, ni morts ni blessés. >■
" Nouvelle attaque de la part des Versaillai
« \ Aanières les hatteries éteignaient le feu des « ennemies entre la tour et la maison carrée a « celui de la batterie basse du château de Bécon.
Je résumai ainsi la journée dans mon rapport à la Commune :
22 Ayril, 2 h.
,( Fliea d'important.
« Construction d'ouvrages à Chatillon et de barricades à " Neuilly par les troupes Veraailijiaes.
MÉMOmES DU GÉNÉRAL CLUSEHET
r< L'attaque s'étend sur Saint-Ouen et au-delà. K L'enaemi prépare les matériaux d'un pont à Sut
Le 23 j'adressai à la Commune les rapports suivants :
Guerre à Executive.
.1 Suspension d'arme? pour demain à KeuiHy, à midi. Un » bataillon de lignes mie bas les armes à Asnières pour B venir à nous t q e nous ne puissions arriver
a eus, sis ce t g d m e sont interposés. (Rapport « d'Okolowilch à t "i Asoiêres.)
« Au l'ortdu i d de chasseurs à cheval s'est
« présenté pou d M Iheureuscment les gardes na-
< tionaux qui n t p d bord compris leur intention,
« ayant tiré, la j p t 'est enfuie. Ceux qui sont
« déflnitivemet t nt des vêtements dans un
« état pitoyable
(I A Asnières la situation est excellente,
« J'interrogeai moi-même le marécbal des Logis qui com- « mandait ce détachement ; il était ivre et ne savait que réa pondre ; « il en viendra d'autres. C'est notre idée comme M ça. » Je ne pus rien en tirer et le Ht mettre à. la piison
du Cherche Midi, Leur uniforme n'avait rien de régulier <i et si j'avais eu le temps d'examiner plus à fond leur af- « faire, j'aurais probablement trouvé des espions bons à i< fusiller. »
Neuilly, 23, Avril • Le ^47» batailUon a repoussé une forte attaque des
1 Versaillais. Grandes pertes pour ces derniers. Le citoyen " X..., garde, s'est distingué par sa belle conduite.
" La cannonad^continue. "