‹ Mémoires du général CluseretChapitre 9 sur 26 · COMMUNE DE PARIS RÉPUBLIQUE FRANÇAISE · texte numérisé non relu

COMMUNE DE PARIS RÉPUBLIQUE FRANÇAISE

Commission Exé'Mtive

o«E P.™, 1.8., nus,,.

Le citoyen délégué au Ministère de la Guerre est prié de considérer s'il ne serait pas urgent de convoquer, par afiicbes, les soldats en subsislanoe et les citoyens de bonne Volonté pour travailler aux fortifications inlérieures donlla construction a été décidée.

Il serait bon d'indiquer le chiffre de l'indemnité àallouer et de dire si les vivres seront donnée en outre. Lss Membres de la Commission Executive :

Feux Ptat; Ch. Delbscluze; E. Vaillant; F. Cournbt.

U existait un autre abus : celui de puiser ad libitum dans le magasin du génie. Je mis fin à ce gaspillage par l'ordre suivant :

96 HÉIdOlHEB DU GÉNÉRAL CLUSERBT

ORDRE

U est absolument interdil de prendre quoi que ce soit par voie de réquisition ou autre, dans les magasins du génie, sans un ordre émané de la direction du génie. Paris, le 21 avril 1871.

Le Délégué à la Guerre, Cluseeet. '

On remarquera que j'évitais avec soin d'employer comme combattants les hommes ayant appartenu oa appartenant encore à l'armée. Ce qui, par parenthèse, n'était pas facile à discerner, attendu que !a police n'existait pas. Il y avait sur le pavé de Paris une grande quantité de vagabonds habillés en militaires. D'où venaient-ils ? Qui étaient-ils ? Nul n'en savait rien et tout était supposable. Ces hommes mal tenus, échappant à tout contrôle, grommelant sans cesse, comme le fait invariablement tout soldat qui n'est pas tenu, constituaient un danger pour l'ordre public. Les enrôler comme combattants était mauvais à tous les points de vue. ils ne se seraient pas mieux battus pour la Commune que contre elle. De plus, c'était leur assigner un poste par trop dangereux. Par l'ordre cité plus haut, j'en débarrasssai la voie publique sans les mettre dans une fausse position.

En somme, le 30 avril, les compagnies du génie étaient formées et en pleine activité travaillant aux remparts et aux portes. Mais les hommes spéciaux manquaient à ce point que je ne pus jamais obtenir un travail de mine sérieux. On a épouvanté la population par des histoires de mines etc., etejles malheureux

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n'auraient pas été capables de faire sauter une simple maison.

Lorsque Mégy abandonna le fort d'Issy, il y avait dans le fort deux compagnies du génie. Yeut-on savoir jusqu'où allait leur capacité on fait de mine ? Mégy avait, soi-disant, donné l'ordre Je faire sauter le fort ; mais, plus pressé de s'enfuir que d'en surveiller l'eséculion, il laissa un petit bonhomme de il ans, nommé Dufour, dvec un baril de poudre sur une brouette, le tout sous la voûte d'entrée, et c'est tout ce que je trouvai dans le fort. 11 ne se trouva personne dans les troupes du génie àlssy pour représenter à Mégy qu'on ne faisait pas sauter un fort avec un baril de poudre et une brouette. Ceci offre, en outre, un spécimen exact de ma situation vis-à-vis de chaque branche de service.

Partout même ignorance; en sorte que, responsable de tout, j'étais obligé de veiller sur tout dans les moindres détails. Je devais remplir toutes les fonctions, depuis celle de caporal jusqu'à celle de Ministre delà Guerre. Ceci me remet en mémoire une anecdote curieuse. Avrial, qui, du reste, e'tait une bonne et loyale nature, m'accusa dans la Commune, de ne pas charger mes obus avec de la dynamite '. C'est probablement pour ce fait que Rossel, qui se connaissait en aptitudes, le nomma, après mon'ar restation, directeur général de l'artillerie I Ce serait bien drôle si ce n'était si triste. Je regrette d'avoir oublié à Genève de demander à Avrial

' Pour toute réponse, je priai le président d'interdire au sténographe la reproduction de cette interpellation, dans l'intérêt de la dignité communale.

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08 MÉMOIRES DU GKNÉBAL

pourquoi, alors qu'il éUil maîLre, il n'avait pas fait ce qu'il me reprocliail d'avoir omis.

Au surplus, l'immortel Thiers était de môme force qu'Avrial en pyrotechnie. N'a-l-il pas fait faire en sa présence à Calais des expériences de tir à la dynamite? Naturellement les pièces ont éclaté ou ont éié détériorées. Mais l'argent du peuple coûte si peu qu'on peut fiien se permettre semblables âneries. Je pensais, moi, tout autrement.

La dynamite pousse et ne chasse pas ; elle fait éclater et ne projette pas.

Roselly parvint à metti'e de l'ordre tant dans le matériel du génie que dans celui de l'artillerie. Dans chaque secteur, comme dans chaque fort, il organisa un personnel intelligent, plus administratif qu'actif, je le reconnais, mais qui me rendit de grands services en prenant charge des poudrières et de fout le matériel. C'est par ce personne) que je pus arriver à dresser un étal à peu près régulier des ressources dont je disposais.

je ris tristement quand je pense à la comédie jouée par les Commissions vis-à-via de la Commune. Celle-ci voulait tout savoir et moi je ne voulais rien dire. Dans les premiers temps parce que je ne savais pas assez ; dans les derniers, parce que dire quelque chose à la Commune, c'était le dire à Versailles. Reproches et suspicionsdela Commune qui s'adressait à ses Commissions, lesquelles, avec la suffisance et l'aplomb qui caractérisent ces sortes d'institutions, fournissaient des états. Oh ! les faons états, qu'avait là la Commune I

Le service de la solde fut réglé par les ordonnances et avis suivants :

MÉMOIRES DU GÉNÉRAL CLrSERET

!Oiaistire des Finances.

Les Délégués aux Financée, Membres de la Commune de

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