AVANT-PROPOS DES EDITEURS
Nous donnons, dans le présent volume, la snite îles Mémoires dn général Philippe de Ségur ; la pins émouvante partie peut-être à cause des événements dont il fut témoin. En effet, notre aide de camp y raconte, avec l'énergique précision qui distingue son style, la fameuse expédition de Russie. Ce récit, dédié à ses compagnons d'armes, fut publié à part, comme on sait, en 1825, et le succès en fut si grand, que de nombreuses éditions, en France et à l'étranger, n'ont pas lassé la curiosité du public. Nous n'avons point à, faire l'éloge d'un ouvrage qui se recommande hautement par lui-même ; qu'il suffise ds rappeler que l'élévation des sentiments y est égale ai talent de la composition, et que, d'après de bons juges, il mérite d'être rangé parmi les classiques modèles de l'histoire militaire.
il AVANT-PROPOS.
Entre les deux volumes, l'un, déjà publié, qui s'arrête, pour les opérations de guerre, à la fin de l'aunée 1808, et l'autre, qui s'ouvre par la campagne de Russie, on remarquera une lacune, mais elle n'est qu'apparente. Atteint de blessures graves à la liataille de Sommo-Sierra et sauvé par miracle, M. de Ségur rentra dans ses foyers, et sa convalescence fut incertaine et douloureuse : elle dura près de deux années. Napoléon, comme récompense de sa valeur, lui avait confié, pour les rapporter en France, tous les drapeaux pris en Espagne pendant la campagne impériale; Ségur ne put les présenter au Corps législatif avant le 22 décembre 1810. D'ailleurs, la paix régnait en Europe (sauf dans la Péninsule) depuis Wagram, et, quand elle fat rompae, en mai 1812, l'aide de camp, encore mal rétabli, vint reprendre son service dans l'état-major de la Grande Armée. C'était un excellent poste pour tout ol ver, tout connaître, sans cesser de combattre : ce qui lui permit plus tard, selon son expression, « d'user du privilège, tantôt cruel, tantôt glorieux, de dire ce qu'il avait vu » et d'en retracer, avec un sein scrupuleux, jusqu'aux moindres détails. Heureux privilège, ajouterons-nous, qui a légué à la France un cbef-d'œuvre de plus !
DTN