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de profiter du moment de sa retraite pour se porter avec promptitude sur le mont Pallizel, d'où il gagnerait la hauteur de Nimy , tournant ainsi Mons , et coupant aux ennemis la retraite du grand chemin de Bruxelles. Ce général ne pouvait pas aider au succès de la bataille, parce que la ville de Mons était entre lui et la position qu'on attaquait : mais il pouvait compléter la victoire en cas de succès, en attaquant avec des troupes fraîches l'ennemi dans sa retraite.
Le général Beurnonville avait devant lui la' gauche de l'ennemi, sur une hauteur qui couvrait Cuesmes, garnie de cinq grosses redoutes. Cette hauteur tenait aux maisons détachées de Jemmapes. Plusieurs autres redoutes s'étendaient tout le long du front et jusqu'à la droite du village, au-dessus de Quaregncn. Vingt pièces de grosse artillerie, beaucoup d'obusiers , indépendamment des canons de bataillons, étaient distribués dans les redoutes, et présentaient trois étages de feux ; des arbres et des chemins creux, avec les maisons, formaient des retranchements formidables.
Au centre de ce front , qui correspondait au centre de l'armée française, commandé par le lieutenant général de Chartres ',
i Iflnis-Pbilippe, nlora duc de Char- qu'Aleiandin Bertnier, depuis prlpre trea, aujourd'hui ruideaFrnnrnii, né à de V. agram. Servant tour à tour tout Paria le 6 oclolire 1773, Tiii.otru , il. i I.m Vnrr. sous Iirllcrmn.il a. ri liras Union jeune Age, dej f-nuls guerrier], nn- munrlrz, il rrpouasa l'attaque dea Proj- Iilrtls au ilcseni.iiii.l d'un pi-i.icc Juki m, il. :. vnlmj, ri décida ]:< lirluire il
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MÉMOIRES DB BUMOUMIÎZ.
était une ouverture avec uu chemin pour entrer dans Jemmapes. Les Impériaux y avaient quelques escadrons , qui pouvaient, en cas de désordre dans notre attaque, tomber sur le centre de notre infanterie.
La gauche de l'armée française était conduite par trois maréchaux de camp, Ferrand, Biottefières et Rozières, en l'absence rie Miranda, lieutenant général, qui était encore à Paris. Le général Ferrand, comme l'ancien, commandait cette gauche, qui, placée en équerre, devait attaquer le village pur l'extrémité droite de son front et par son flanc droit. *
Cette terrible position était défendue, de l'aveu des Impériaux, par dix-neuf mille hommes; mais, d'après les états de situation pris à Mons dans les papiers du colonel Fischer, un des chefs de l'état-major , l'armée du duc de Teschen montait à vingt-huit mille hommes. La contradiction n'est qu'apparente. 11 pouvait n'y avoir que dix-neuf mille hommes dans les retranchements de Jemmapes ; le reste pouvait être dans liions et sur liertaimont , devant le général d'Harville.
Dumouriez ordonna à Beurnonville de commencer l'attaque , se dirigeant sur Cuesmes. Il avait distribué sur son front dix pièces de seize et seize pièces de douze. Labayette, excellent colonel d'artillerie, plaça ce canon de manière à ceque chaque redoute fdt battue en flanc par deux batteries de deux pièces; et le feu commença vivement surtout le front à huit heures du matin.
Le général , après avoir parcouru son front dès la pointe du jour, alla trouver le général Ferrand à sa gauche. Il vil qu'on attaquait très- mol le m eut le village de Quaregnon. Il fit entrer le général Rozières avec deux pièces de douze et quatre bataillons, pour soutenir et pousser en avant l'infanterie légère belge et française ; le village fut emporté en sa présence. 11 donna ordre au général Rozières de continuer il marcher par le grand
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chemin, (l'y mettre on bataille sa cavalerie consistant en liuit escadrons, et d'attaquer avec l'infanterie le flanc droit du village. Il ordonna au général Ferrand d'attaquer l'angle et l'extrémité droite du front du village , dès qu'il verrait le général Rozières monter sur le flanc droit; de ne plus s'amuser à canonner , et de marcher tête baissée, la baïonnette au bout du fusil.
Il lui recommanda de faire cette attaque en colonne par bataillon, de garder cet ordre dans le village, et de ne se déployer que lorsque sa droite rejoindrait la gauche do la division du centre. Il lui laissa des ofliciers d'état-major, qu'il devait lui renvoyer pour l'avertir des progrès de son attaque; et il lui dit qu'il allait attendre de ses nouvelles à la division du centre , qu'il mettrait en mouvement dès qu'il saurait sou attaque commencée.
Il se rendit promptement au centre, où il attendit inutilement jusqu'à onze heures des nouvelles de Beurnonville et Ferrand. L'attaque de Beurnonville était lente ; mais il était retenu parle feu très-vif des cinq redoutes, qu'il ne pouvait pas éteindre par celui de son artillerie, quoique le général l'eût renforcée de quatre pièces de seize. Quant à Ferrand , son retard était inexcusable.
A onze heures il pria le général Thouvenot de se porter à celte gauche , de faire commencer l'attaque , de la diriger, et de ne le rejoindre que lorsqu'il serait maître de la partie du village à laquelle celte gauche faisait face. Thouvenot trouva en arrivant que le vieux, général Ferrand avait perdu la tête x continuait à canonner inutilement, et ne se décidait point; que le général Rozières se tenait caché derrière les maisons de Quaregnon, et ne débouchait point; que les troupes, pleines d'ardeur, murmuraient et s'impatientaient. Alors il prend le commandement de la part du général en chef, ébranle les colonnes, se porte rapidement sur le liane droit et sur le front du village ; il emporte les redoutes avec cette impétuosité française à laquelle il est si difficile de résister, et cette attaque brusque décide l'affaire à la gauche.
Le général, qui n'attendait que ce mouvement, met en colonne de kitaïllons l'infanterie de son centre , et la fait avancer avec la même impétuosité contre le centre du village. 11 fait masquer-
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la trouée par sept escadrons de dragons et hussards. Ce centre traverse la plaine assez rapidement pour perdre très-peu de monde. Mais une brigade qui marchait sur la trouée , voyant déboucher de la cavalerie ennemie, se jette à droite derrière une maison, et laisse un espace vide, par lequel cette cavalerie aurait pu percer ce centre.
Dans le moment le jeune Baptiste Renard , valet de chambre du général , inspiré par un mouvement héroïque et par son attachement pour son maître, part au grand galop, va trouver le général Drouin qui commandait cette brigade , lui fait honte de sa retraite, ramène la brigade, occupe la trouée, va trouver les sept escadrons que le mouvement timide de cette infanterie avait arrêtés , les conduit dans la trouée , et vient retrouver son maître, après avoir rélabli le combat.
En même temps que le général Drouin avait plié , la brigade qui était À sa gauche avait fait halte ; elle ne fuyait pas , mais les trois colonnes de bataillons qui la composaient s'étaient mises en marche et en confusion, et perdaient beaucoup de monde, restant exposées à un feu de canon à mitraille, à demi-portée de fusil. Le duc de Chartres s'y parle précipitamment, les rallie, en forme une grasse colonne mélangée qu'elle appelle gaiement le batailfon de Jemmapes, rétablit le combat, force les trois étages de redoutes et de retranche me ni s. Des escadrons de hussards et de chasseurs et dragons s'y portent avec autant de rapidité que l'infanterie; on se bat avec acharnement. Thouvenut, qui avançait par la droite du village, mettes Impériaux entre deux feux ; plus de quatre cents se noient dans l'Haisne, et la bataille est gagnée au centre et à la droite du village.
Pendant que le duc de Chartres ralliait le centre avec autant de vigueur , Dumouriéz avait une autre inquiétude. L'attaque de Beurnonville ne faisait aucun progrès; il s'y porte très- rapidement, avee deux intentions très- contradictoires : l'une , de forcer les redoutes de fa gauche de l'ennemi, pour appuyer l'attaque du duc de Chartres ; l'autre , d'abandonuer cette attaque , et de revenir avec les troupes de l'avant-garde dans la plaine de Pâturage, y rallier les troupes de son centre, et protéger la retraite de l'armée , si l'attaque du duc de Chartres tourne mal : ce qui