‹ Mèmoires du gènèral Dumouriez avec une introductionChapitre 144 sur 168 · LIV. IV. — CHAP. V · texte numérisé non relu

LIV. IV. — CHAP. V

les hauteurs de Pallizel et Nimy, caralors la retraite des Impériaux eût été entièrement coupée. Depuis deux heures de l'après-midi jusqu'à six heures du soir, on eût eu le temps, avec ce corps frais qui n'avait point combattu, d'achever leur défaite et de les poursuivre.

Le succès de cette bataille est dû principalement : 1° au colonel Thouvenot, qui a déterminé'et conduit l'attaque de la gauche ; 2" à la valeur brillante avec laquelle le général duc de Chartres, tout. jeune encore, a rallié la cavalerie, l'infanterie et la cavalerie du centre gauche , attaqué et emporté les positions de l'ennemi par l'endroit le plus formidable ; 3" à l'impétuosité de l'attaque des redoutes de la droite par le général en chef; 4° an valet de chambre du général, Baptiste Renard , qui , par une présence d'esprit et un courage étonnants , répara la faute du général Drouin, et rallia la brigade de ce dernier, et la cavalerie qu'un moment d'hésitation avait arrêtée.

Le général Ferrand avait si bien perdu la tête , qu'il a assuré depuis n'avoir pas vu le colonel Tltouvcnot, quoique ce fût lui qui le dirigeât. Les officiers d'état-major et les aides de camp du général ont montré la plus grande bravoure et la plus grande intelligence; plusieurs ont été blessés. Le général Moreton a montré le plus grand courage ; et le lieutenant-colonel Bourdois , son aide de camp , a rendu de très-grands services. Le général • Drouin a réparé sa faute de la manière la plus brillante, et est mort au Quesnoi de ses blessures 1 .

Il n'y a pas eu un corps dans l'armée française qui ne se soit battu, et qui n'ait joint l'ennemi à l'arme blanche. Laplusgrande perte est tombée sur les bataillons du centre, qui se sont arrêtés pour fusiller de pied ferme. Ceux qui ont marché tête baissée ont fort peu perdu. Cette bataille n'a coûté réellement qu'environ deux mille hommes', dont six à sept cents morts; mais on a perdu plusieurs canonniers et beaucoup de chevaux d'artillerie , parce que ce corps , pour faire plus d'effet, s'est avancé, avec son intrépidité ordinaire, jusqu'à portée de fusil des retranchements. Les Impériaux ont perdu à peu près quatre mille

1 Ce général est «lui qne l'an sait net , repréientlnt In vlelolre de /emporté par des noliluli sur le premier mapei.

plan du tables o célèbre d'Horace Ver- . (Noie de l'éditeur. )

MÉMOIRES DE DUMOUBIEZ.

hommes et treize pièces de canon , dont sept de gros calibre, abandonnées dans les redoutes. Mais, de ce moment, la désertion et la déroute se sont mises dans leur armée. -

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