‹ Mémoires du général Dumouriez pour servir à l'histoire de la Convention nationaleChapitre 52 sur 88 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

Camp de Sainte-Menehould. — Jonction de Beurnonville et Kellermann. — Combat de Valmy.

L'armée était sauvée , et au bout de vingt-quatre heures elle avait repris toute son énergie; mais il était persuadé que sa déroute momentanée, exagérée par tous les hommes timides et les malintentionnés, qui étaient en grand nombre, ferait un effet terrible à Paris ; il crut que ce qu'il avait à faire de mieux était d'en rendre compte lui-même à l'assemblée nationale. Il écrivit au président : « J'ai été obligé d'abandonner le camp de Grand-Pré ; la retraite était faite , lorsqu'une terreur panique s'est mise dans l'armée. Dix mille hommes ont fui devant quinze cents hussards prussiens. La perte ne monte pas à plus de cinquante hommes et quelques bagages. Tout est réparé, et je réponds de tout. » Il sortait du ministère, il y avait déployé un caractère trop énergique pour ne pas inspirer la confiance en affirmant sa responsabilité. Aussi la lettre fit une très-bonne sensation.

Cette aventure lui prouva le peu de confiance qu'il devait avoir dans ses troupes contre une armée renommée pour son habileté dans les manœuvres, et le confirma dans son plan de temporisation et de circonspection. Il se décida à bien choisir ses camps , à travailler sur l'esprit de ses troupes , pour qu'à la confiance en lui elles parvinssent à joindre la confiance en elles-mêmes. Il ne rechercha point les auteurs de cette déroute , il ne s'exhala

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