XCVI PRECIS
Le roi Joseph se montra , en toute circonstance , prêt à défendre l'indépendance et rintëgritë de son royaume. A peine monte sur le trône ^ il reconnut que les intérêts de TEspagne réclamaient une paix maritime , et il demanda à Napoléon (vainement il est vrai) , l'autorisation de garder la neutralité avec la Grande-Bretagne : lorsqu'ensuite on établit , par un décret impérial , dcjs arrondissemens militaires en £spagne , il adressa à son frère les plus vives réclamations : enfin , lorsqu'en i8i i , il vit les généraux de Napoléon traiter ses états en pays conquis ^ et les ministres français imiter leur exemple en s'emparant, par la nomination d'intendans civils, de l'administration des provinces entre l'Ebre et les Pyrénées ; -sei* représentation3 devinrent presque menaçantes.
Dans la même année, apprenant. qu'au mépris du décret qui l'avait placé sur le trône d'Espagne , la question d'ajouter àa territoire français les provinces de Biscaye, de Navarre, d'Aragon et de Catalogne, s'agitait dans le cabinet impérial , Joseph quitta sans hésiter sa capitale, arriva à Paris, sous prétexte d'assister au baptême du roi de Rome,,
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se présenta devant Tempereur, et lui déclara ({ue^ ne pouvant pas faire le bonheur de l'Espagne , il renonçait à régner sur ce pays; qu'il voulait être roi et non pas oppresseur. Napoléon , alarmé de cette chaleur généreuse , et redoutant FefFét moral que pouvait produire une telle abdication, se décida, pour calmer son frère,* à abandonner Ses, prétentions sur la Péninsule , et à faire rendre l'administration des provinces aux autorités espagnoles.
Dans cette occasion, et pour fournir au roi les moyens de réprimer les excès des diefs militaires, Fenipereur lui donna le titre et les pouvoirs de généralissime des armées françaises en Espagne. C'est alors que S. £. le maréchal Jourdan quitta son titre de major-général des armées françaises, pour prendre celui de chef d'état*major de
Joseph revint à Madrid , et recommença à défendre , avec courage , ses sujets espagnols contre les vexations des généraux français : mais voyant que leur désobéissance rendait nuk tous ses efforts , il envoya , à Paris , son secrétaire intime , avec une lettre pour Na-
polëon. Cette lettre^ interceprëepar la prise du convoi dans le défile de Salinas ^ a été pu* bliee à Cadix , en i8 1 a ^ dans la gazette de la Régence : le passage suivant fera connaître quels nûblea sentimens animaient alors Joseph: « Sire, ëcrivâit-il à l'empereur, les a événemens ont trompe mes espérances ; je « A ai fait aucun bien, et je n'ai pas l'espoir « d'en faire : je prie donc V- M* de me per- « mettre de déposer, ^itre ses mains, les « droits qu'elle daigpa me transmettre sur c la couronne d'Espagne ^ il y a quatre ans. « Je n'ai jamais eu d'autre but , en l'accepc tant , que celui de faire le bonheur de cette € monarchie ; cela n'est point en mon pou- « voir. B Lorsque le roi Joseph signait cette honorable renonciation à la côtironne ( o^ mars i8ia), la Péninsule était occupée par une armée nombreuse et triomphante : la campagne de Russie n'avait pas encore â»ranlé le trône de Napoléon , et la bataille des jAurapyles n'avait pas encore conmiencé, en Espagne , les désastres des Français.
Il ne m appartient pas de parler des moeurs privées dn roi Joseph. Les rois sont hommes , et les détails de leur vie domestique,