CHAPITRE II
Plao d'opëratioo. — Réflexions. — Forces respectives.
Mouvement sur Pastrana.
Par la position géographique de mon nouveau gouvernement , je me trouvai bientôt appelé à une offensive continuelle sur un territoire que )e ne semblais destiné qu*à défendre* Mes instructions ne me parurent plus devoir être bornées â couvrir la capitale des Espagnes contre les mouvemens de l'Empecinado , devenu redoutable , mais à rechercher la division dé ce chef célèbre , et â la combattre sans cesse. Tout . à fait livré à moi-même , dans un pays montagneux, contenu par la présence de ses troupes, et déserté par suite des ordres tyranniques de la junte provinciale, j'eus continuellement à lutter contre tous les genres d'obstacles, de privations , de manœuvres adroites ; et , de plus , il me fallut encore tirer tour à tour l'épée contre les forces insurgées des provinces voisines. En effet , le Medico était-il poursuivi dans la pro-
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^nce de Tolède? Tapta et Merino étaient^ils harodés dans la proTÎnce de Soria? Yilla*Canipà était -il pourchasaé en Aragon? les troupes de tous ces chefs ennemis Tenaient se réfugier sur les rives escarpées du Haut^Tagc , ou dans les environs de Siguenza. L'on vit même le fameux Mina , dans le principe de sa carrière , unir con» tre m<H ses forces à celles de don Juan Martin ; et souvent ce dernier général renforcer sa divi* sion , ou de gueriHas venues des environs de Ségovie et de Cuenca , ou de forces régulières accourues , des arraéevde Valence ou d^àrag^i^ au secours de la junte , épouvantée de défaites et de désastres continuels*
Lorsqu'un veut agir ûffeniivefnent, a dit le vainqueur de Fontenoi, U faut' être supé* rieur. Est-ce en forcés? est-ce en qualité de forces? est-ce en habileté de la part des chefs? c'est ce que ce grand capitaine n'explique pas. On verra bientôt que je ne pouvais conserver la défensive dans Guadalaxara sans la rendre fu-*neste pour moi et désavantageuse pour Madrid^ Il fallait donc prendre activement roffensive, nùa sur un ennemi campé ^ et manœuvrant d'après des principes connus , mais contre des hommes dont la tactique, pareille à celle des Sings(^)3
(*) V. Voyage au Bengale et en AiigUterre, p. 228,
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d«8 Tèndéens 6t des Ponans (*) , consistait^ lors d'un combat désavantageux^ , à fuir wi , plutôt, à se dispersera propos^ Toujours er^ rantes par système , les troupes d^ TËftipecinad^ menaçaient à la fois tous les points occupés par noua« Si , lors d'une défaite , elles f uyai^fit diuos toutes les directions, tors d'un suecèa, elles le surment aireo un acharnement opiniâtre.- Or v cette tactique, que je suis cei't£Ûneiaent loia dk blâmer dans ce genre de guerre , était d'â^u«tant plus conrenable à ce partisaM:^ célèbre, qu'il combattait parmi l6fs ^iens» parmi des montagnards qui, pnesque tpus^ et sans nuances, étaient d'une même opidicm; dans un pays qu'il connaissait parfaitement , et dont toMes lè9 ressoui^es' liii étaient prodiguées.- M. de Yeis tôt {**) i en exposiGMiit la maniée habile dont SértorUis feisait la guerre aux Romains , avec des montagnards espagnols , a très exactement peint celle dont l'Ëmpecinado ( qui, bien cov tainement alors ,> n'avait pas encore lu l'histoire d'aucun grand capitame) ftxrmait ses attaques, opérait ses retraites et ralliait ses soldats pour de nouvelles entreprises.
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(*) V. Voyageur Français , tome 11; page 5i6. i^*) V. JUvotutions Romaines^ tome v, page i&i*^
DP GÙrUAl BDGO. iji
Il me faMait , ^fiaais-f e donc , prendre Toffen*' flvve, mai» wea une diviBfton dont la force nu^ BBiéniiiie . n'égala îamai* eelle qui lui fut eou8« tamment «pfMwée. Cettedivitton dut cependant établir et garder pluâieuni postes, sans lesquels point de magasiits » dt bonsé<{uficntaiient pa« d'o<^ pénitions suivies^ pas d-étaUiâsemens fixeit, daoé un p.a]« m la ctfainCe 4^s .l>aidnnettes ne com-» ulandait pas Inufours robéissattce ; w^ les^r^ nîafltas qu'dle finumtt , et que, pour ibos mùtifi autant que pour'lctur sûreté^ j'eus à multiplier à mesure que no.us iMUa létetwttaaes ; ccto ^paisni*^ se^Af 4isrje; bien que ma division âe f^t silcceasifetnent augmentée ,dt plasieurel. j^atatUona et rigteieos franco , et de quelque&autmi ^îorpa etp^gti^ls 9u alliés , eix diminuèrwt ^tiepce la partie difpqnibli^; <l , midgré les r^jEerCft, 0ett^
partie ne put que rarement égaler le tiers des ennemis qui agirent contre elle. Ce fut donc à 1-esptitxFintrépidité dès soldâfts fidèles des deux régimens de la brigade d'infknterie étrangère , que celle-ci dut Ïsl réputation éclatante qui la signala .bientôt^ au milieu même des Français ^ dej^We^tpbo^fi^s e^des^olla^da^s^qui^ qm»b^ tirent a^ec elle, et qui se montrèrent «ps justes et sincères . admirateurs. jLes troupes de l'Ëili* pec^^do 9 quoique déjà très aguerries fiar de nombreux combats , valaient incontestabteaa^nt
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moÎDft que celles sous mes ordres, et c'est saus doute la raison essentielle de mes succès; car cet officier joignait , à beaucoup de valeur et d'activité , le véritable génie de la pe^e guerre.
A l'époque de mon armée à Guadalaxara, les forces qui avaient obligé le général Dombrowski à se retirer sur cette ville n'étaient composées que de tirailleurs 4er Siguenza , des vl>l<»itâires de Guadalaxariî €ft de ceux de la Molina d'Aragon, delà cavalerie légère du Man- C0 (*) , de Sardina , de Mundideo et de don I>a«niasco, frère de YKtnpeoinado.
Les premiers rcnseignemensique je reçu» concernant VEmpednado ^ forent que ce chef enn(smi se trouvait sur leTage, aux environs d^ Pàstrana (**); et je me décidai à me porter sur lui, le 4 juin 1 8 lo, avec deux bataillons du i *" régiment
. {*) Cet intrépide partMftH ^.dçnt l0 sobriquet ( Nancio, M^njchot) provenait d'one blessure ^'il avait rcjçue dans un combat (un coup de sabre qui lui avait abattu. le poignet), fit, plus tard, sa soumission au roi Joseph, n prit alors Je commandement d^in corps de volontaires é!q[)àgnolB dont le courage et raudaiBedeviorent fànestes axix iiiiurgés. . ' r,. .- .
(^) PetiW ville située dans un vallon , à peu de distance du Tage : elle est entourée d'une vieille enceinte éli ma^nnerie. .
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d'Irlande et deux escadrons weslphaliens, dans le dessein de le reconhattre plutôt que de lui disputer encore ce titre dHtwicio {*) , dont son parti cherchait à illustrer ses services. Je connaissais les chevau-légers , on vantait la conduite de mon infanterie , die avait donné des preuves de fermeté et de bravoure à quelques affaires très chaudes dans la province de Soria ; îe crus donc pouvoir m'avcnturer avec eux dans ce pays ,- encore inconnu pour moi. *
On m'assura ,/ dans Paistrana , que l'ennemi , après son affaire entre Trillo et Bribuega {**) , avait presque immédiatement passé le Tage , et qu'il se trouvait â plusieurs marches au-delà. Je descendis la rive droite de ce fleuve jusqu'à la hauteur de Zorita , et je n'aperçus sur l'autre rive que quelques patrouilles de cavalerie , que je ne cherchfii point d faire joindre, parce que le Tage n'était pas guéable , et parce qu'alorf je me serais trop écarté de mes instructions.
Après avoir séjourné dans Pastrana , je revins sur Guadalaxara, où le Royal -Étranger devait être rendu , à l'effet de remplacer le 7 5' régiment; j'y revins dans l'intention de donner à cette ville un état-major et une garnison qui la
(*) Invaincu.
(^) Avec le général Dombrowski.