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premiers bataillons de Royal-Etranger, et les chevau-légers westphaliens , eurent ordre de me suivre , sans artillerie et sans bagages.
Parti dans la nuit, je ne 6s que traverser Budia, et, rabattant sur ma gauche, )e marchai par le village de Gualda , à travers une suite non interrompue de défilés. La nuit la plus sombre vint nous surprendre entre ce village et Trille ; et nos guides nous ayant déclaré qu'ils ne connaissaient point assez le pays pour nous conduire, plu« avant , il fallut nous arrêter et envoyer.à Gualda en prendre d'autres. Il était alors à craindre ^uç l'ennemi , prévenu par les paysans , ne se retirât à notre approche , o^ ne nous tendit quelque embuscade dans u(tô marche de nuit , à travers un pays boisé , coupé , et nous offrant à peine quelques senties praticables : ce dernier motif me détermina è bivouaquer pour attendre le jour.
L'Empecinado avait effectivement été prévenu de notre entrée a Kudia, où Ton m'avait assuré, ainsi qu'à Gualda, qu'il tenait la position de Trillo, Mais avant de se compromettre avec des troupes qu'il ne connaissait point , et dont il ignorait là force numérique, il repassa le Tage à la première nouvelle que ses cotirètir^ lui donnèrent de mon approche^ et ne m'iatténdit pas sur Tauti^c rire; je ne pus même aper-
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cevofa- qi^e^ huit caT^lms laissés 6n arrière pour )uger combien je pouvais avoir de Dmndc. Ces cavaliers ,- après, nous avoir vus défiler le long des rochers qui horda;it Tétroit saitier qui , de G«alda , descend à Tritlo^ se bornèrent à. échauigcr quelques coups de . carabiae avec lés éclai-^ veursde ttion avant^rde^»
Je restai, quelques fours en position dans^ Trillo, tant pour y rappeler les habitaiis^jqui avaiaat fui dana les bob (à m<m a^iJsrée la ville était ^totalement déserte)^ que pour me procu^ rer des rense^nemens sur les projets ultérieurs derewaemi. Comme TriUo, située au jEoud. d'une vallée^. est d'une défense trop difficile^ et dans uneilposition dominée. de tous côtés 9^ )^ feisaift preodre les. armes à mes soldati , cbaqiiie nuit , unie heure avant Taurcdre, et. je sortais de la ville pour occuper une petite, plaine découverte, et piii& facile à .défendre.
- Le ts îiiitt (i8»o).9 vn peu avant le crépùsraule^uitoatin, nottsaperçûi]feeâ,sSur une haur* téui^vobine^ qudbques hQmineflqxjûexsiminaieot attentivemenC s'ils; piouifaSént i»jius découvrir : dette» reoeiupiajssance me fit penser que je ne taordei^is pas à Toir Tenneini , et je fis aussitôt , ' et sans ];>ruit9 renfbjrcer mes :po8tes ; du resite , nws premières: dispositions étaient prises, d apvès Fétat tapographtque des environs ;Uie quel*
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que côté que rennemi se présentât, j'étais en mesure de lui tenir tête.
Dès quatre heures du. matin, les postes, placés entre le Tage et le ruisseau de Gifuentes , furent attaqués, et la crête de la montagne demi -circulaire , que leurs eaux embrassent en avant de Sotoca, se couvrit de fantassins ennemis , qui , pour s*auimer au combat , nous adressaient mille injures.
La montagne était coupée à pic aur presque . tout le front; de notre côté seulement, quelques éboulemens la rendaient accessible, et Ton pouvait y arriver par des parties moins escarpées , mais couvertes d'épaisses brôus-' sailles. En choisissant un pareil terrain , TËm-* pecinado avait le dessein de nous forcer a l'y attaquer avec une grande perte , et de déboucher ensuite sur nous par sa droite, s'il nous arrivait quelque désordre ; de nous contraindre alors à défiler par le chc»nin de Brihuega , sous le feu de son infanterie , et de nous poursuivre piar ce chemin, ainsi qu'il en ayait agi envers le général Dombrowski.
Dès les premiers coups de fusil, je m'avançai sans bruit sur la route de Brihuega, où je formai les troupes en bataille , à couvert , par de petits mamelons détachés, du feu que l'ennemi pouvait faire pleuvoir sur elles du haut des
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crêtes. Deux compagnies de vohigeurs furent jetées en ayant dans les broussailles, pour y contenir les tirailleurs ennemis; je m'avançai ensuite pour mieux reconnaître les dispositions de TEmpecioado : elles étaient telles que je viens de les décrire.
L'escarpen^nt présentait bien, ainsi que je raidit, quelques parties éboulées; mais, pour les gravir, il fallait braver le feu croisé des cré« tes , et c'était livrer un assaut , c'était s'exposer à se faire repousser plusieurs fois avec perte ; or , cette manoravre n'était pas assez pressante pour devenir utile. D'ailleurs , avec des troupes difficUes à recruter , quelques autres attaques pareilles eussent suffi pour les rebuter ou les anéantir ; et l'expérience ma convaincu que ce ne devait pas être la seule de cette nature.
Les voltigeurs se maintenant sans pouvoir avancer, je les fis renforcer par dçs fusiliers du 2* bataillon , à l'effet d'engager l'ennemi à soutenir les siens , et à descendre sur un terrain qui rendit l'abord plus facile ; mais ce fut vainement. Il fit faire un feu terrible du haut des crétes^, et ne parut pas les avoir choisies pour les abandonner légèrement. Après quel-^ ques autres manœuvres de ma part dans le même objet, mais qui me donnèrent de plus en plus cette conviction , je sentis le besoin de
le déloger » ^)di opéiânt néanmoins de manière à ménsiger le$ troupes souis mes ordres.
Deux: sentiers , sur les ûmats de la montagne demi->circtilai|:e^ ^^onduiflaient , l'un à droite vers SotoCâ , Paître a g&uche' ¥.ers Cifuente&w Je fis placer sur ma gauche ^ à <louvêrt par le terrain, le i"' Ip^taiUon da Royal^Êtranget; Jl était prêt à gravir 1|» s^ntiâr au premier digual i lè reste ^du a" hat^iUon, placé en réserve derrière la cbapdle ^ ettt l!ordre de suiv£^ lis voltigeurs au moment du ils s'ébtanl^raiettt sur les pas de rennemi ; les capitaines Hagftid et d'Ambly, qui les ç<mimandaient; reçurent l'instruction de tirailler toujours jutqu-â ce qu'Us Tissent dégaj?nir briisqueÉnent les crêtes opposées.
Le cbemin de TriUo à Brihuega est carrossi^ ble ; et ^ conraie il ne pouvait être déc^UTert par l'ennemi 9 à causé de la dîtpdsition de la vallée^ :je fis marcher lies chevau -légers par Trillo^ Ipour les faire, de la 9 gagner le revtets de la positi4»n occupée par Tinfax^erie de l'fimh pecinado » et lui Couper la retraité vers Sotoèa* Leurs chefs étaient prévenus qu'au moment où }e m'apercevrais. de leur arrivée par l'ébras^* lement de la gauche de l'enatemî) j'altaquier rais le c^ iitre en gravissant les hauteurs , et que , par une . maneeu'vre vdtériouré > »ur }a droite de la posî^tion; Qccupée ipar les jnsu|^gés^
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)e chercherais à leur couper le chemin de Gifuentes.
Le mouTement de la cayalerie Wéstphalieune commença : il lui fallait un quart d'heure pour se rendre à la position indiquée. Ce quart d'heure fut employé à rassembler les gardes restées à leurs po^es , et à es former nne niasse de réserre. La gauche de Tennémi ayant aperçu le mouvement des Westphaliens , cessa le feu de mon coté , le dirigea contre eux , et , par ses grands cris, me convainquit que le moment d'attaquer la droite, pour couper toutes les voies à la retraite , était arrivé. »
M^ de Gorastiza', mexicain , et Tun de mes aides-de-^amp ^ officia dont le père avait été vice-roi de la Nouvelle- Espagne, ayant, ainsi que mes oflB[ciëts d'ordonnsmce , porté , aux capitaines de voltigeurs et au 2' bataillon , l'ordre de gravir les hauteurs , je marchai à leur appui avec le 1 ** batailloïi , parlesentier de Cifuentes t le fèu cessant alors de notre part, on n'entendit plus que le son de la (diarge.
Cependant le terrain du revèrs^ des crêtes ,
par où attaquaient les chevau-légers , quoique
assez dépouillé , n^était pas fav(>r;able à la cava« lerie; ils poussèrent néanmoins leur charge aussi bien qu'ils le purent , mais sans pouvoir joindre l'ennemi^ dont finfanterie se trouva
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protégée par des marais, et dont la cavalerie, non réunie et peu nombreuse, se retira sur Sotoca, et fut repasser le Tage à un gué audessus des bains. Ces marais ayant permis à l'Empccinado de rallier son infanterie en avant de Sotoca, les Westphaliens virent descendre les voltigeurs au pas de course , et ma colonne les suivre de près , ce qui les tira des dangers que leur présentaient les difficultés, du terrain, et leur permit de se chercher un passage. Pendant leur mouvement, mes deux bataillons, réunis aux ordres de M. Maurin leur colonel , s'avançaient sur l'ennemi,. que le feu des voltigeurs obligeait à se retirer vers une gorge boisée dont l'ouverture est derrière le petit village de Sotoca.
Les Westphaliens nous ayant joints, et l'infanterie ennemie continuant son mouvement de retraite , je leur ordonnai une charge ; alors , à la suite d'un houra général , ils culbutèrent le dernier bataillon, et sabrèrent. jusqu'à l'entrée de la gorge, où une vive mousquéterie , dirigée contre eux , les força de se replier sur nous. Les blessés ennemis, qui tous gissaient immobiles sur la pelouse, saisirent ce mouvement rétrograde pour gagner les taillis et se soustraire à une mort qu'ils croyaient d'autant plus certaine , que l'Empccinado ne faisait pas
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encore de prisonniers , et qu'ils devaient: craindre les représailles.
L'approche de mon infanterie vers cette gorge décida la retraite de l'ennemi ; il disparut à traders les bois , dans un pays qui m'était inconnu i dont je n'avais pas de bonnes cartes , et qui s'est trouvé un des plus difficiles de mon gouvernement. Cette disparition si prompte arrêta court nos projets de poursuite; et, ne sachant plus de quel côté la diriger, nous nous arrêtâmes forcément sur le terrain où la cavalerie west-> phalienne avait terminé sa charge. Je fis alors rechercher si, parmi les malheureux étendus sur la terre, il s'en trouvait qui vécussent encore; et nous en découvrîmes trois qui n'étaient pas même blessés , et qui allaient être sabrés sur-lechamp, si je n'eusse itérativement donné l'ordre de faire des prisonniers. Un seul, parmi les autres , respirait encore ; et, comme Sotoca était peu distant et entièrement abandonné, j'envoyai quelques paysans de Trillo, qui m'avaient rejoint et nous servaient de guides, les uns chercher un matelas dans le village , les autres couper des branches d'arbres , afin de faire un brancard pour transporter ce blessé avec nous. Le chirurgien-major des Westphaliens , l'ayant pansé , le fit déposer à son ambulance légère , à l'ombre d'un grand arbre, près du village.
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. Ce premier succès sur rEmpeeinado, dans une province en quelque sorte orgueilleuse de ses hauts faits, était d'une trop haute importance, pour que je ne songeasse point â en pro-* fiter ; mais |e voulus en vain me remettre à la poursuite dp l'ennemi ; favorisé par la connais* sauce du pays , il avait tout â fait disparu : mes guides eux-mêmes , en supposant qu'ils fussent fidèles , n'auraient pas pu retrouver sa trAce^
Cette affaire nous rendit maîtres d'une ](K>sition formidable, mais. inutile pour nttus; elle fut heureusement pea sanglante pour nos trc^Ur pes; )e a'eus qu'un petit nombre de blessés. L'JEmpecdnado perdît une centaine d'hommes tués ou blessé^ : trois seulement furent faits prisonniers. Le chef d'escadron . Scheffier , les capitaii^es Hagard, d'Ambly, d'Antejac , Gorastiza et lUche ^ ise distinguèreat dans cette occa-^ sion, où les troupes ne démentirent pas un ins^ tant l'ardeur admirable dont elles avaient déjs^ donné tant de preuves.
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