CHAPITRE IV
Reloor k TriSo. — licItTe li 1» Jvate.proTiiwuie/ ^ Didtiiik géologiques. -^ Bnhu0gjA« -*- Fête rel^gieuM. — Dispontiopf «>
I^x poayam pas parcoiirir vans subsistance» un ps^ys entièrement déserté ^ tie séchant o& dirigei: m^ pas , sans guides sûrs et ateo deà cartes peu détaillées qui fintissaient au lièfi du combat , je quittai lé champ de batailkf après une halte de qudqûes heures 9 et )é revins â Trillo^ oik Ton avak pinéparé du pain, et od j'en attendais des: TiUages <fans la direction de Budia, plar où j'étak passé, tt de Taccueil desquels j'avais eu lieu d'être ooBtent.
De Trille ^ j'écrivis aux membres de la junte suprême d'insurrection, retirés au Buen-Des^ vio {*) , pour leur témoigner combien j'avais à cœur de rendre la guerre moins cruelle , et combien j'éprouverais de satisfaction , si , au lieu de les forcer à quitter la province , je pou-
(*) MaÎBoii isolée dans la monts^e.
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vais les attacher au service du roi; La junte me répondit une lettre froide et insignifiante; mais c'était beaucoup que d'en obtenir une réponse. Cependant les habitans de Sotoca, qui, à notre approche , s'étaient cachés dans les bois de leur voisinage, avaient bien remarqué nos actions ; ils avaient vu relever des hommes vivans couchés parmi les morts , et n'avaient pas été sans inquiétude sur le sort, de ces malheureux , jusqu'au moment où , rentrés dans leur village , ils purent aller reconnaître le champ de bataille, et trouver, sous le grand arbre, le prisonnier blessé , qu'ils avaient vu relever , et qu'ils croyaient un de nos braves. Nous ne l'avions point emporté , parce qu'U mourut avant que nous nous remissions en route. Ces habitans, en voyant que nous l'avions pansé, jugèrent aussitôt que nous respections la vie des personnes, et que la guerre allait se faire avec plus d'hiunanité.
On m'avait parlé de Brihuega comme d'une petite ville manufacturière et très peuplée; craignant que ses habitans ne l'abandonnassent lors de mon passage, j'écrivis â Vcnftmtathiento (*), pour que cette autorité les assurât de ma prol tection et de la bonne discipline de ma colonne.
(*) Manicipalité?; on la nomme tamij^tida.
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D*ailleurs, le roi aTait un grand intérêt â la conservation de la manufacture , et , en ma qualité d'officier de sa maison , je desirais la garantir de tout fâcheux événement.
Certain que les soldats de l'Empecinado s'étaient dispersés , qu'il né pourrait rien entreprendre avant de les avoir ralliés , je songeais à Forganiisation de mon gouvernement et -i sa distribution en arroâdissemens militaires , dès que }e serais rentré à Guadalaxara.
Ayant quitté Trillo par la route carrossable qui va joindre, à Torija , celle de Madrid à Saragosse, j'arrivai au village de Solanillos del Extremo , à mi-chemin de la hauteur du grand plateau qui sépare le Tage du Tajuôa. De ce point, déjà très élevé, où la troupe fit halte, on découvre le pays dans une vaste étendue ; mais une chose digne de l'attention d'un^bservateur , dans cette partie du bassin où le Haut-Tage coide avec rapidité , c'est l'arrangement bizarre des nombreux monticules qui s'abaissent vers ses rives, et qui paraissent autant de pyramides isolées , les unes escarpées et â nu , les autres couvertes de bois; ce sont encore deux mamelons aussi élevés que les grands plateaux de la province et de celle de Guença, formés, comme eux , de couches parallèles et de même nature , lesquels , situés à deux lieues au-delà de Trillo ,
fr'élftaceat au^essus de tous les autres , et sont jiiomméa iaê ietas de Diana (les lûàmeUes de Diane). Ces ' inaocièloiis .justifient la première partie de leur dénominattiiii par leur conformation en cobes tronqués , leur séparation par une goiige pi?oportionnéeà leurs dimensions, et surtout par leur isolement et leur élévation , supé-^ rieure de beaucoup. aux monticules Toisîns ; ils justifient la seconde partie par Feacarpement des rochers qui les couronnent comme uu épaî$ bouton 9 et qui n'offrent, à ce qu'on assure, aucune facilité pour arriver à leuts sommets , dit^on, vierges encore.
. J'entrai à Btakuega le )our d'une grande fête religieuse ("") : toute la population (et peu de ailles 0M' ont llne aussi considérable en raison de ieur étendue) s'était portée au-devant de U0I1S jusqu'au. {>ont du Tajufia. Les magisti^ts et le deiigé ^inreot^ me- présenter leùrà hommages^ et je l^ur i^enéu vêlai l'assutânce dé là protection que je leur avais promise. Ayant appris, en causant avec le corrégidor, que le clergé n'osait pas faire la procffssion , dims la crainte que je n^ m'y opposasse, je l^eihortai tout de 3iuile à' la: feit»ç, et lui annonçai que )'y assisterais'av«c tout^. les troupes de ma colonne^
, (*).L'Oota¥e de Vi.Féto*Dlëu.
DU Gis^iaUL HUGO. igi
au]U{uell6s. je donnai des ordres en consé-^ quence.
Cette nouvelle se répandit aussitôt , et causa une si grande joie aux habitans, qu'ils reçurent les soldats à bras ouverts. Comme la viUe est petite, la haie fut bordée avec peu de monde, de sorte que, de mes piquets, les uns se por* tèrent au dehors , pour observer la campagne , et les autres restèrent en bataille sur les places. La cavalerie avec ses fanfares , rinfanterie avec sa musique et ses cornets , le son imposant des tambours, l'escorte dji Saint -Sacrement, l'ensemble des grands houneurs militaires ren-^ dus lors des bénédictions , e^fin la belle tenue do toute ma troupe , a^i|tèi?^nt â cette fêti^ ime magnificence inconnue daa« te paya, et^qui, pendant long-temps , fut lobjrt des ocyiversa*^ ttoBs de la province, ^ont elle prépara beau-^ coup les esprits en notre faveur.
Tandis que tout se disposait pour embellir la processron , et pour un Te Deum^ je reconnaissais la ville , j'arrêtais l'état de situation des magasins de la manufacture, dans lesquels se trouvèrent plusieurs milliers de .balles de lai^ne de mérinos, chacune du poids de cent kilogrammes; je déterminais la garnison à laisser dans la ville, et j'ordonnais les réparations à faire pour en refermer l'enceinte, ainsi que pour
iga MEMOIRES
couvrir la fabrique. Cette garnison a occupé ce point intéressant jusqu'à l'évacuation de Madrid, en août i8iâ.
Je repartis le lendemain pour GuadalaxaraJ Comme la forêt de Fuentes touchait la route ,' j'ordonnai qu'on en abattit cent cinquante toises de chaque côté , afin d'éclairer mieux le chemin de Torija. Cette petite ville se trouve â Tembranchement des chemins de Saragosse et de Brihu^a ; elle est ceinte d'une bonne muraille crénelée ; un vieux château fort ajoute à sa défense ; étant située à mi-chemin de cette dernière ville à Guadalaxara , à la tête d'un défilé long et étroit, au milieu duquel passe la route ; ayant enfin sous ses murs une des belles fontaines de la province, Torija me parut un poste à occuper , tant comme un point de réunion pour des opérations sur Hita (*), Cogolludo (**},
(*) Petite ville, en partie détruite, au pied oriental d'un mamelon très élevé et tout à £iit isolé dans la campagne , à trois quarts de lieue environ de rHenarè8..Le8. ruines d*un vieux château couvrent le sommet de ce mamelon , aussi élevé que le grand plateau qu'il avoisine. Quelques pans d'ulae vieille enceinte attestent que cette ville a jadis été fermée et fortifiée.
(**) Autre.petite ville dans les contreforts des mont» Guadarama; elle est entourée d'une chemise bastionnée :
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Jadraque (*) , Siguenza et Trillo , que pour rester maître de déboucher à volcgaté, et sans obstacles , sur le grand plateau qui sépare l'Henarès du Tajuôa. If. le cbef de bataillon Ser- Tert fut chargé du commandement de ce poste, en attendant l'arrivée de A. Y6st , qui av^t défendu avec succès le pont 4^ Çongosto^ et que j'aYais destiné au commandement de Torija.
on y voit un des palais de la maison de Medina-Celi. €e p^dais est riche et beau, mais 11 tombe en ruine«.
{*) Bearg sur la rhre gaudie ée THenaiès, quW tr ^mt» sur un pont 4e b^is. On ff rdit jbcs miufi» Hm TieiuL château. C^st là que la reine JElisabelh F^nçse fit arrêter^ pour l'envoyer hors de l'Espagne^ ta princesse des Ursins 9 que Philippe V y avait envoyée audevant d'elle/
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