‹ Mémoires du Général RappChapitre 13 sur 143 · Célèbre cantatrice du théâtre Italien · texte numérisé non relu

Célèbre cantatrice du théâtre Italien

3. Élisa Bonaparte, une des sœurs de Napoléon qui avait épousé le prince Félix Bacciochi.

de lui. Je prévins néanmoins Napoléon, qui le fit entrer. Il avait sans doute des choses importantes à lui communiquer. Un mouvement de tète m’avertit de rentrer au salon. Je feignis de ne m’en être pas aperçu, et restai : je craignais pour sa personne. Il vint à moi, et me dit qu’ils désiraient être seuls. Je sortis, mais je laissai la porte entrouverte.

Quand Napoléon eut congédié M. d’A..., il me demanda pourquoi je voulais absolument rester. — « Vous savez, lui répondis-je, que je ne suis pas » indiscret ; mais, je vous l’avoue franchement, je » n’aime pas vos Corses. » Il raconta lui-même cette anecdote, qui déplut beaucoup à sa famille ; quant à lui, il prit très bien la chose : je suis persuadé cependant qu’il eût mieux aimé ne pas m’entendre parler ainsi de ses compatriotes.

Un soir, après la bataille de Wagram, nous étions à jouer au vingt-et-un. Napoléon aimait beaucoup ce jeu ; il s’amusait à y tromper, et riait de ses supercheries. Il avait devant lui une grande quantité d’or, qu’il étalait sur la table. — « N’est-ce pas, » Rapp, me dit-il, que les Allemands aiment bien » ces petits napoléons ? — Oui, Sire, bien plus » que le grand. — Voilà, répliqua-t-il, ce qu’on » peut appeler de la franchise germanique. »

Page 1