Murat, grand-duc de Berg
geait qu’à vaincre. Murat joint l’ennemi, l’attaque et le culbute. Il le presse, le pousse dans sa fuite; pendant deux lieues il ne lui laisse pas reprendre haleine. Des masses occupaient Erbreetingen avec du canon. La nuit était close, nos chevaux exténués. Nous fîmes halte. Le 9e léger arriva sur les dix heures. Nous marchâmes en avant. L’attaque recommença; village, artillerie, caissons, tout fut
enlevé. Le général O’Donnell cherchait à faire ferme
avec son arrière-garde
un maréchal-des-logis l’a¬
perçoit, le blesse et le prend. Il était minuit ; la troupe tombait de lassitude ; nous ne poussâmes pis plus loin nos succès.
L’ennemi fuyait en toute hâte sur Nordlingen, oi nous avions de l’artillerie et des dépôts. Il était important de le prévenir. Murat détacha des partis, qui le harcelaient, l’inquiétaient dans sa mar-
lo
che, le forçaient à prendre position, c’est-à-dire à perdre du temps. D’un autre côté, le général viud devait mettre le pont de Donawerth en sûreté, et se porter avec le surplus de ses forces sui la Wiesnitz. Tout passage était intercepté. Ces dispositions prises, le prince se mit en mouvement ei atteignit l’archiduc, qui se déployait à Neresheim.j Nous l’abordâmes avec cet élan que donne la vie toire : le choc fut irrésistible ; la cavalerie fuyait l’infanterie mettait bas les armes ; les pièces, le.1 drapeaux, les soldats, se rendaient en masse. Tou
1ère
Otait clans un désordre affreux Klein, Fauconnet, Lanusse, les poussaient, les coupaient clans tous les sens, les chassaient dans toutes les directions. On somma Werneck de se rendre : il hésitait ; un concours de circonstances inouïes le décida. L’officier chargé d’escorter le parlementaire français cherchait son chef à travers champs. Il rencontra le prince de Hohenzollern, auquel il fit part de l’objet de sa mission. Celui-ci voulut l’accompagner, ne doutant pas que le feld-maréchal n’acceptât : ils se dirigèrent sur Nordlingen, qu’ils trouvèrent occupé, non par ce général, mais par les troupes françaises. D’ul autre côté, le général Lasalle s’était porté sur Merking, et y avait enlevé un millier d’hommes; les fuyards vinrent jeter l’épouvante au quartier-général. Ces rapports ébranlèrent Werneck 2, il se montra disposé à traiter ; il retint l’officier français, et donna en otage le major du régiment de Kaunitz. Il remit cependant la négociation au lendemain ; il voulait tenter les chances de la nuit. Dès qu’elle fut close, il essaya de se rallier à l’archiduc, mais les troupes françaises interceptaient la route ; le général Rivaud culbutait Lichtenstein, et coupait le grand parc, que nos hussards pressaient en queue. Werneck n’osa passer outre ; il se crut enveloppé et négocia. Le gé-
L Combat de Nereskeim le 17 octobre 1803.