‹ Mémoires du Général RappChapitre 24 sur 143 · Combat les 9 et 10 octobre I80G · texte numérisé non relu

Combat les 9 et 10 octobre I80G

pour aller en mission. J’ignorais où ce pouvait être. Je fus effectivement appelé vers les cinq heures. L’Empereur me remit une lettre pour le roi Guillaume, qui avait alors, je crois, son quartier général à Sondershausen. « Vous irez, me dit-il, » courir après le roi de Prusse; vous lui remettrez » cette lettre de ma part. Je lui demande encore » une fois la paix, quoique les hostilités soient déjà » commencées. Vous ferez bien sentir à ce souve- » rain le danger de sa position et les suites funestes » qu’elle peut avoir. Vous reviendrez sur-le-champ » m’apporter sa réponse. Je marche sur Géra. » Nos » équipages étaient encore en arrière, je n’avais pas de voiture; j’en empruntai une des remises de la princesse, je la fis atteler de quatre bons chevaux, et me mis en, route vers les six heures. Je n’avais pas fait une lieue que Napoléon fit courir après moi. Je montai dans son cabinet, où il avait travaillé toute la nuit. Il me dit de remettre la lettre à Berthier : « Toute réflexion faite, je ne veux pas » qu’un de mes aides de camp soit chargé d’un » semblable message. Vous êtes des personnages » trop importants pour que je vous expose à être » mal reçus. » Elle fut envoyée deux jours plus tard par M. de Montesquiou. Il partit, je crois, de Géra. On sait le traitement qu’il essuya. Il fut arrêté oar le prince de llohenlohe, alors commandant de 'armée prussienne, qui le fit assister à la bataille

d’Iéna, et n’expédia, à ce qu’on assure, la lettre qu’après l’affaire.

Plusieurs personnes de la suite de Napoléon ont prétendu que si j’eusse achevé la mission dont j’étais d’abord chargé, je serais arrivé chez le roi de Prusse, et que peut-être la guerre n’eût pas eu lieu. Je ne le pense pas. Le gant était jeté, il fallait le ramasser. Je ne crois pas même que Napoléon fût plus enclin à la paix que le roi Guillaume.

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