‹ Mémoires du Général RappChapitre 29 sur 143 · CHAPITRE XIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIII

Nous partîmes pour Potfjam. L’orage nous surprit : il était si violent et la pluie si abondante, que nous nous réfugiâmes dans une maison Voisine. Napoléon, enveloppé dans sa capote grise, fut bien étonné de voir une jeune femme que sa présence faisait tressaillir : c’était une Egyptienne, qui avait conservé pour lui cette vénération religieuse que lui portaient les Arabes. Veuve d’un officier de l’armée d Orient, la destinée l’avait conduite en Saxe dans cette même maison, où elle avait été accueillie. L’Empereur lui donna une pension de douze cents francs, et se chargea de l’édupation de son fils, seul héritage que lui eût laissé son mari : « C’est la première fois, nous dit Napo-

» léon, que je mets pied à terre pour éviter un » orage. J’avais le pressentiment qu’une bonne I » action m’attendait là1. »

Potsdam était intact; la Cour avait fui avec tant de précipitation qu’elle n’avait rien enlevé. L’épée du grand Frédéric, sa ceinture, le grand cordon de ses Ordres y étaient encore. Napoléon s’en empara.

« Je préfère ces trophées, nous dit-il avec entliou- » siasme, à tous les trésors du roi de Prusse. Je » les enverrai à mes vieux soldats du Hanovre ; je » les donnerai au gouverneur des Invalides, qui » les gardera comme témoignage des victoires de » la Grande Armée et de la vengeance qu’elle a » tirée des désastres de Rosbach 2. »

Nous étions à peine à Potsdam que nous fûmes assiégés de députations ; il en vint de Saxe, de Weimar, de partout : Napoléon les accueillit avec1 bonté. L’envoyé du duc de Brunswick, qui recommandait ses sujets à la générosité française, fut

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