‹ Mémoires du Général RappChapitre 37 sur 143 · Entre la France et la Russie le 7 juillet · texte numérisé non relu

Entre la France et la Russie le 7 juillet

la. Prusse et la famille royale. 11 était toujours courroucé contre Guillaume et ses sujets. Je cherchais pourquoi, je ne pouvais le deviner; Berlhier me l’expliqua : la cause ne me parut pas trèsjuste. Le prince était venu à Dantzig me transmettre de nouveaux ordres, et me renouveler celui d’avoir toujours l’œil ouvert sur les menées qui se faisaient autour de moi. Je devais rester dans cette place jusqu’à la cessation des hostilités. Les Russes étaient pour nous. Nous avions beau jeu avec les Anglais; avant deux ans ces insulaires devaient être obligés de demander la paix.

Enfin, je restai à Dantzig. Je correspondais directement avec [Napoléon ; presque toutes ses lettres respiraient une humeur extraordinaire, et j’avoue que je l’ai moi-même partagée longtemps.

Les propos, laconduite de quelques officiers prussiens, contribuaient à entretenir cette prévention. Je sévissais contre eux, la moindre faute était sévèrement punie ; mais aussi je leur faisais rendre justice, je ne souffrais pas qu’on les molestât. Tout se calma cependant. On mit de part et d’autre le fiel de coté, la confiance se rétablit. Je les voyais, je les recevais, et je puis direque, dès la première année de mon commandement, tous les rapports que j’envoyais à Paris étaient marqués au coin de la modération et de la vérité. Je représentais à

Napoléon qu’il était difficile aux Prussiens d’oublier i vite leur grandeur passée; que les esprits se caillaient; que le roi, les ministres, la famille royale, le cessaient d’inviter la nation à cette résignation pie le malheur rend indispensable.

J’ai toujours écrit dans le même sens. Je n’arais à me plaindre de personne ; de mon côté j’éais très bien avec les autorités civiles et militaies. Je les voyais : et toutes, j’ose le dire, avaient n moi la plus grande confiance : elles étaient senibles à mes bons procédés.

Mais tous les commandants n’y mettaient pas

i môme bienveillance. Leurs rapports, les désasi'es de Baylen l, donnèrent à Napoléon de nouveaux outes sur la conduite de la Prusse. Il me chargea e redoubler de surveillance. « Ne passez rien aux

Prussiens, me disait-il dans une lettre ; je ne • veux pas qu’ils lèvent la tète. »

La nouvelle des revers que nous avions éprou- | es dans la péninsule se répandit de suite en Al- { miagne ; elle éveilla de nouvelles espérances ;

4 outes les tètes étaient en fermentation. J’en renis compte à Napoléon ; mais il n’aimait pas qu’on

ii rappelât des souvenirs pénibles, encore moins u’on lui montrât un avenir malheureux. 11 me

i. Ville d’Espagne où le général Dupont fut défait le • juillet 1808 par le général Castanos et dut capituler.

répondit : « Les Allemands ne sont pas des Esp » gnols ; le caractère flegmatique d’un Allemai » n’a rien de commun avec celui des féroces Cat » lans. »

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