‹ Mémoires du Général RappChapitre 7 sur 143 · Corvisart était médecin de Napoléon · texte numérisé non relu

Corvisart était médecin de Napoléon

» êtes grand et généreux : un de leurs compatriotes » doit être exécuté aujourd’hui ; il tient à ce qu’il y » a de mieux dans le pays, et certes la grâce que »> vous lui accorderez fera sensation, et vous y at- » tachera beaucoup de monde. — Quel est cet » homme? Comment s’appelle-t-il? — Russillon. » A ce nom il devint furieux. — « Il est plus dan- » gereux, plus coupable que Georges même. — Je » sais tout ce que Votre Majesté me fait l’honneur » de me dire; mais les Suisses, mais sa famille, » mais ses enfants, vous béniront. Faites-lui grâce, » non pas pour lui, mais pour tant de braves gens » qui ont assez gémi de ses sottises. — Entendezvous? » dit-il en se tournant vers Corvisart. En même temps, il m’arrache la pétition, l’approuve; et me la rendant avec la même impétuosité, « en- » voyez au plus vite un courrier pour qu’on sus- » pende l’exécution. » On peut aisément se figurer la joie de cette famille, qui me témoigna sa reconnaissance par la voie des papiers publics. Russillon fut enfermé avec ses complices, et obtint plus tard sa mise en liberté. Il a fait, depuis le retour du roi, plusieurs voyages à Paris, sans que je l’aie vu. Il a pensé que j’attachais assez peu d’importance à ce petit service; il a eu raison.

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