CHAPITRE X
Pendant que nous étions a tJlm , les Prussiens s'étaient tout- a -coup souvenus, qu'ils avaient Théritage d'une longue gloire à défendre; les têtes s'échaufFèrent , on courut aux armes. Hauçwîtà vint nous signifier cette réminiscence inopinée. Mais la bataille d'Au-^ sterlit^ eut lieu dans l'intervalle. Quand le mi-, nistre arriva, il ne futplua question que d'aïlience et de dévouement. Napoléon ne fut pasi dupedeces.protestations diplomatiqiies : 11 savait les intrigues , les scçnes de chevalerie qu'on avait employées pour agiter la multitude. Déjà . avant l'action il avait dit: ,,Si je suis battu, ils „inarcheront sur mes derrières, si je suis vain- „qaeur , ils diront qu'ils voulaient être pour ,,moi.** Us ne surent opter ni pour le paix ni pour la guerre; ils épièrent Iqs événements.
Cette politique tortueuse porta son fruit, elle leur coûta le paVs d'Anspach, Baireuth, une partie du grand auché de Bérg , et les possessions qu'ils avaient en Westphalie: ^ils étaient furieux., Jefj^is envoyé d£(;ns le Hannovre, que nous leur avions abandontié. I^e motif apparent de mon voyage était la remise de la forteresse de Hameln; le véritable , de s'assurer de la situation des esprits, J'étais chargé de voircomii>ent ils étaient vus dans le pays, si l'on y parlait de guerre , si les militaires la désiraient, enfin d'acheter a Hambourg tout ce que jepour-
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rais de painplilets contre Napoléon et contre la France.
' Ma mission n'était pas difficile à remplir. Les Prussiens étaient exaspérés : lesHannovriens les détestaient. Cependant" le nord de l'Allemagne comptait encore sur cette puissance qui s'était jusque-la maintenue intacte. Le comte de Schulenbourg était gouverneiartle la nouvelle acquisition du roi Guillaume; il me reçut asses mal. Nos succès d'Ulm et d'^Austerlitx lui paraissaient miédiocres; cette dernière bataille même avait été indécise; elle ressemblait a celle de Zomdorf, livrée autrefois par le grand Frédéric aux Russes , et a laquelle il avait assisté. „Comment les lui faut-il doih? ?" me dit Napoléon lorsque je lui racontai cette anecdote.
J'allai de la à Hambourg , où je trouvai Bourienne; on me fit beaucoup d'accueil; je savais pourquoi.
Je retournai en France. Je passai a Munster, où était le général Bliichérr, que f avais vu quel-
aues années auparavant. Je lui fis une visite, [était indisposé contre hous : il me reçut néan- 'mioiiis avec beaticoup d'égards.
Je m'arrêtai huit jours a Francfort chea Au^ gereau pourvoir et pour entendre: c'étaient mes instructions. Napoléon menait dé demander des contributions à cette ville; elle craignait d'être obligée d'en payer encore.)
Nous occupions le paps de Darmstadt. Le maréchal — qui avait son quartier-général dans la capitale de cette principauté n'était pas plus aimé de la cour que des habitants; son étatmajor encore moins. Madame l'a grande duchesse me fit inviter par Augereau qui parais-
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sait afFectioner ce pays j je refusai^ je n'avais pas d'ordre : elle le chargea de me transmettre ses plaintes. Elles étaient ainères.
Je partis pour Wesel. Je devais examiner les dispositions du pays. Nos troupes loccupaient déjà.
A mon retour, je rendis compte a Napoléon de ce que j'avais vu et entendu. Je ne lui cachai rieii. Je lui parlai surtout en faveur du pauvre pays de Darms tadt ; mais il était outré contre la duchesse. Elle avait écrit au roi dp Bavière une lettre terrible, au sujet de la mésallience de aa nièce Auguste avec le prince Eugène. Entré autrçs expressions outrageantes se trouvait celle de horrible mariage. L'empereur, cjui croyait' que la gloire d'avoir fait de grandes choses valait bien l'avantage de descendre de ceux qui peut-être n'en avaient pas faites, ne lui pardonnait pas ses préventions féodales. Il fut sur le point de lui ôter ses états j mais Max:in^ilien intercéda pour elle; elle en fut quitte pour une occupation de quelques mois ; ç'èst-a-dire que son peuple expia les forts de 3a vanité.
•Il n'y avait pas quinze jours que j'étais rentré. La cour était a Saint-Cloud, et Napoléon assistait au spectacle; au, milieu de la pièce, il reçut une dépêche du grand-duché ^de Bcrg. Il Touvriti C'était des détachements prussiens qui avaient attacrué nos trqupes. ,, Je vois bien, „iae dit-il , qu'ils veulent absolument en tâter ; ^montez a cheval, et allea chercher le grand- „duc a Neuilly." Murât connaissait déjà Taffaire.; il vint aussitôt. Napoléon s'i^ntretint un moment avec lui, et me donna ordre le lendemain d'aljler prendre le commandement de la
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division militaiie à Strasbourg, d y organiser des ^bataillons , des escadrons de marene, de les. diriger au fur cjt \ rnesiire sur Mayence, et d'y e3i:pédier beaucoup d'artillerie. Llnfante- . rie s'éiribarquait sur le Rhin pour arriver plutôt. Je correspondais ditectementaveclSapoléon.
J'employais les courriers, les télégraphes, tout ce qui allait plus vite. Je ne devais pas mettre cent hommes en mouvement, déplacer un casnon, remuer un fusil, sans l'en prévenir. J'étais depuis deux mois occupé de ces apprêts, lorsqu'il arriva a Mayence , d'oti il m écrivit d'ftUer le rejoindre k Wurabourg. . Il m'envoya