une lettre pour le grand-duc de Bade , et me
chargea de la^ porter nioi-méme \ ce prince.
C'était pour repgaffer d'envoyer a l'armée son
pctit-filk , le çrana duc actuel. Je trouvai ce
«respectable vieillard dans son ancien château
, de Bade; il parut très affecté de l'invitation; il se résigna néanmoins , et donna des ordrçs pour les préparatifs de départ. U me fit Thonneur de me recommander d'une manière fort touchante le jeune prince, qui semit en route deux jours plus tatd, et nous rejoignit kWïirabpurg. Le roi de Wurtemberg y était déjà. Il venait d'arrêter le mariage de sa fille avec Jérôioe. Napoléon était d'une humeur charmante. Cette É^Uiance lui souriait. Il n'était pas moins satisfait du grand duc. Murât l'avait singulièrement disposé en faveur de ce prince. ,,Je me „suis yendu , lui avait-il écAt quelques jours „auparavant, chea le grand duc de Wurabourg, „que la lettre et ensuite la nouvelle que je lui ,,ai donnée, que le traité qui l'admet dans la ,, confédération a été signé k Paris, ont tiré de
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^,la.plus grande inquiétude , tant il craignait „de ne pasy être reçu. Les sentiments de bien- ^, vaillance que je lui ai annoncés de la part de „votre majesté ont surtout paru le toucher vi- „vement. Il montre la meilleure volonté pour ,,tout ce qui^concerne le service de l'krmée. ., „ Aujourd'hui on a proclamé son admission dans „lat confédération du Rhin. On à tout préparé „pour recevoir votre i^ajesté au château , où „il parait qu on ne néglige rien pour tâcher de „lui €n rendre le séjour commode et agréable-**
Nous n avions encore aucune donnée précise au sujet des Prussiens ; nous ne savions s'ils étaient sur la route de Magdebourg , en Saxe, k Gotha, ni quel était leur nombre. Nous avions pourtant asses de monde en campagne.
Les gentishommes ne manquent pas plus au-delà ' du Rhin qu'ailleurs; mais les rapports étaient/ si contradictoires qu'on ne pouvait asseoir aucune idée. Tantôt l'avant-garde ennemie était a HofF, Cobourg et Meinungen étaient occu»
pés; les Prussiens dédaignaient toute action ])artielle, iU voulaient tenter le fortune enba-* taille rangée, ils ne voulaient point d'affaire de détails : tantôt Hohênlohe s'avançait stur Schleita, Rûchel avait fait sa jonction, la reine s'était rendue a Erftirt; ce n éta>t plus a Hoff, c'était a Naumbourg que les troupes se réunissaient; Cette disposition n'était pas en harihonie avec la nature des lieux. Elle semblait inconcevable. .Nous étions aussi incertains sur la masse des forces ennemies que sur leur ligne» d'opérations,
' Au milieu de cette incertitude , nous apprîrâes que Cronach étaitoccupé. Le grand duc
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,j»ur-le- champ m apporter sa réponse. 'Jemar- „che sur Géra." lîos équipages étaient encore en arrière , je n'avais pas ae voiture ; j'en empruntai line '«des remises de la princesse y je la fis atteler de quatre bons chevaux, et me mis ■en rem te vers les six heures. Je .n'avais pas fait une lieu, que Napoléon fit' courir îaj>rès moi. Je montai dans son cabinet, oii il avait travaillé toute la nuit. Il mé dit de recaettre la lettre a Berthier: „Toute reflexion faite, je ^ „ne veux pas qu'un de mes aides-de-camp soit ^chargé d'un semblable message. Voua êtes „des personages trop importants pour que je ,,vous expose k être mal reçus.*' Elle fut envoyée deux jours plus tard par M. de Montesquiou: Il partit, je crois, de Géra On sait le traitement qu'il essuya. Il fut arrêté par le prince de Hohenlohe, alors commandant de l'armée pruissienne , qui le fit assister a la batiaille de Jéna, et n'expédia, a ce quon assure, la lettre qu'après l'affaire.
Plusieurs personnes de la suite de Napoléon ont prétendu que si j'eusse achevé lia mission dont j'étais d'abord chargé, je serais arrivé chea le roi de Prusse , et que peut-être la guerre n'eût pas en lieu. Je ne le pense pas. Le gant était jeté, il fallait le ramasser. Je ne crois pas même que 'Napoléon fut plus enclin aja.paix que le roi Guillaume,
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