‹ Mémoires du général Rapp: aide-de-camp de Napoléon, écrits par lui-même, etChapitre 20 sur 59 · CHAPITRE XIX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIX

Une pluie abondante nous fit rentrer.

J'écrivis au général Lauer de nous donner de$ détails a ce sujet. Il me répondit que St...

avait été exécuté a sept heures du n^atin , 27, sans avoir rien pris depuis le jeudi 24; qu'on lui avait offert a manger ; qu'il avait retusé, attendu, disait -il, qu'il lui restait encore assea de force pour marcher au supplie^. Qn lui annonça que la paix était faitti; cette nouvelle le fit tressaillir. Son dernier cri fut f^ive la liberté! vice T Allemagne! mort à son tyran! Je remis ce rapport a Napoléon. Il nie chargea de garder le couteau , que j'ai chea moi.

Napoléon me dit que les préliminaires de la paix n'étaient pas encolle sigiïés , mais que les articles, en étaient arrêtés , et <{u'il la ratifierait a Munich^ où nous devioiis nous arrêter. Nous arrivâmes a ISymphenbourg: la cour de Bavière s'y trouvait. Je n'avais pas eu fhoniieur de voir le roi depuis la campagne d'Austerlitz. Il me logea dans son palais. Il me témoigna beaucoup de confiance et de bonté.

Il me dépeignit la triste situation de ses sujets, et ajouta que si cet état de choses ne cessait bientôt, il serait obligé de mettre la clef sous la porte et de s'en aller. Ce furent ses expressions.

Je conservai le souvenir de ce dernier propos. J'étais bien décidé a le rendre^ non pour lui nuire , mais pour prouver a Napoléon que

toutes les indemnités qu'il accordait à ses alliés étaient loin de les satisfaire et de compenser les charges que la gperre leur imposait,

La ps^ix fut effectivement ratifiée. Nous quittâmes Njmphenbourg, et nous arrivâmes à Stuttgard. Napoléon fut reçu avec magnificence et logé au palais, ainsi que toute sa suite* Le roi faisait construire un grand jardin, et employait a ces travaux des hommes condamnés' aux galères. L'empereur lui .demanda ce que c'était que ctes hommes enchaînés. Il ré-

Sondit que c'étaient, la plupart, des rebelles e ses nouvelles possesisions. Nous nousremîmes en route le lendemain. Chemin faisant. Napoléon revint sur ses malheureux et me dit:

„C'est un homme bien dur que le roi de Wur- „temberg, mais aussi bien loyal. C'est le „souverain de l'Europe qui a le plus d'esprit.*' Nous nous arrêtâmes une heure à Rastadt , oxi les princes de Bade et la princesse Stéphanie étaient venus lui faire leur cour. Le. grand duc et la grande duchesse l'accompagnèrent jusqu'à Strasbourg. Il reçut a son arrivée dans cette -ville des dépêches qui l'indisposèrent de nouveau contre le feubourg Saint-Germain. Nous nous rendîmes a Fontainebleau; aucun préparatif n'était JBait, il n'y avait j^as même de service; mais peu après toute la cour arriva, ainsi que la famille de Napoléon.

L'empereur eiit de longues conférences avec le ministre de la police; il se plaignait du faubourg Saint -Germain, Ce constraste de souplesse ^t d'audace, que sa livrée déployait tour a tour dans ses antichainbres et les salons, le déconcertait; il he concevait pas qu'on fdt

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si bas et si perfide , cju on déchirât d uhe main tandis qu'on sollicitait de Tautre* Il paraissait disposé a sévir; Fouché Fen dissuada. „Ce3t „de traditit)n, luidit4l; la 6eine coule» le fau- „bourg intrigue, démande, consomme , et ^calomnie; c'est dans Tordre, chacun a se»

„attributions/^ INapoléon se rendit, il ne se vengeait crue des hommes. On lui proposa une entrée solennelle dans la capitale, il la refusa : le vainqueur du monde était bien audessus de ces triomphes dont s'enivraient les Romains. Le lendemain la cour quitta Fontainebleau. L'empereur fit le trajet k franc étrier; toute son escorte resta en arrière, un chasseur de la garde seul put le suivre ; c'est ainsi qu'il arriva aux Tuileries.

Napoléon touchait a l'une des époques let plus importantes de sa vie.

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