CHAPITRE XLVII
L^oisivete engendra bientôt lasédition* D'au* très armées, d'autres corps ^ que n'effarait aucune combinaison poliiique, avaient foulé aux pieds la discipline militaire. Est -il étrange qu'au milieu de relFervescence générale mes soldats se soient un instant oublies ? Cet épi<* sodé est pénible. Je ne dois ni l'écrire ni le taire. Je puis bien supporter le blâme qu'ont encouru Jôubert, Masséna, et tant d'autres généraux que je nai pas la prétention d'égaler. Voici en quels termes un 'anonyme a reiyiu compte de cet acte d'indiscipline. Il n'a pas voulu tout dire, mais il s'agit de moi: je dois imiter sa réserve. Je souscris dû reste au jugement qu'il a porté.
„Les Autrichiens , désespérant de se rendre maîtres de Strasbourg par la force des armes, cherchèrent k se ménager des intelligences dans cette ville. Ils y réussirent d'autant mieux qu'ils employèrent avec sogacité les deux moyens qui agissent le plus puissamment sur le cœur de l'homme, l'or et la frayeur. Ils séduisirent les uns par l'appât des richesses , ils^^ en subjuguèrent d'autres en leur faisant craindre les vengeances du gouvernement. Lorsqu'ils se furent de la sorte assurés de tous ceux qu'ils jugèrent susceptibles d'être égarés , ils se hâtèrent d'exécuter leurs perfides desseins.
„Dès l'ouverture de la campagne, nos sol-
du général Rapp. 311
dats se trouvaient dans une état d'irritation bien propre a seconder les vues secrète» de Tennemi: ils connaissaient ralFreuse journée de Waterloo, ils en savaient tous les détails; mais ils avaient trop de confiance dans l'habi^ le té de cette, homme fameux avec lequel ils avaient cipq fois triomphé de l'Europe entière, ils l'avaient vu trop souvent ressaisir par des inspirations soudaines la victoire qui lui échanpait, pour croire que son génie militaire l'eut tout a coup abandonné ; ils songeaient perpétuellement a ce désastre , et ils ne pouvaient y songer sans frémir. Persuadés qu'ils étaient que nos troupes étaient toujours les méme^, et quelles avaient affaire aux mêmes cHinemis, une telle défaite leur parraissait inconcevable, N'en connaissant pas les véritables causes, ils accusaient les traîtres de tous nos malheurs: des traîtres avajient livré nos plans, des traîtres avaient commandé de fausses manœuvres , des traîtres avaient crié sauve qui peut ; il y en avait parmi les généraux , p^^rmi les officiers, parmi les soldats: qui sait même s'il n'en existait que dans l'armée du nord? qui sait si le corps dont ils faisaient partie , si leur régiment, si leur compagnie, n'en étaient pas infectés? pouvaient-ils compter sur leur chefs, sur leurs camarades ? Tout le monde était suspect, il fallait se défier de tout le monde.
„TeJs étaient les discours qui échappaient a la colère, que la malveillance accueillait, amplifiait, envenimait, et que chaque soldat finit par répéter et par croire. Bientôt on expliqua tout par cette idée. Accoutumé a tenir la campagne , on s'éta\t vu avec douleur contraint de
se retirer devant un ennemi c|u on méprisait. Il eût été naturel d'attribuer ses progrès a son immense supériorité numérique : on aimsi mieux les expliquer autrement ; les che& étaient d'intelligence avec les Autrichiens. Plusieurs circonstances aussi fatales qu'inévitables vinrent donner à cette opinion une sorte de vrai-^ semblance aux yeux des soldats prévenus. Ce tilt d'abord Tordre que reçut le comte Rapp de licencier l'armée, et de renvoyer chaque hom-? me isolément, sans argent et sans armes. Ce fut ensuite une injonction qui hii fut faite par le gouvernement de livrer a des commissaires russes dix mille fusils tirés de 1 arsenal de Strasbourg. Ces deux dépêches l'obligèrent d'entrer en correspondance avec les alliés. Les fréquents échanges de couriers qui eurent lieu a cette occasion produisirent un mauvais effet sur les esprits. Le mystère dojit le général fut obligé de s'envelopper pour cacher aux troupes le transport des firmes a feu augmenta l'irritation; les malveillants la portèrent a son comble. Ils disaient hautement que le comte Rapp était vendu , qu'il avait reçu plusieurs millions des Autrichiens pour les introduire dans la place, et que s'il renvoyait les soldats individuellement et désarmés, c'était d'après une convention faite et pouries livrer b lennemi.
„Dès qu'une fois ces germes de fermentation eurent -été jetés dans les dillérents corps, il se développèrent d'eux-mêmes; les instigateurs n'eurent plus qu'a en observer les progrès, a combiner les incidents propres k augmenter les troubles , et a rendre inévitable la ' ckta^strophe qu'ils préparaient.
du général JRapp. 513
^Quoique le général Rapp fût bien loin de soupçonner une telle trame , il avait pris, en quelque sorte , toutes les mesures qu'il pouvait >rendre pour la déjouer. Aussitôt que la dépêche ministérielle relative au licenciement ui fut parvenue , il avait expédié en toute làte a Paris un de ses aides-de-camp , le chef d'escadron Marnier, Cet officier vit plusieurs fois les ministres, il leur représenta a quelle^ violence rarmée allait se porter si la solde en» tière n'était pas payé^; mais il ne put obtenir, malgré les mstances les plus vives , qu'une traite de quatre cent mille francs sur la caisse de service. Son retour avec cette faible somme vint détruire toutes les espérances. Le général en chef, qui voyait les esprits s'aigrir de plus en plus, ne négligea-rien pour conjurer l'orage. Le manque de fonds était ce qui indisposait ^ le plus: pour faire disparaître cette cause de mécontentement, il essaya d'ouvrir un en^runt dans Strasbourg.. Les habitants lui ayant demandé une hypothèque, il fit solliciter, auprès du ministre des finances, l'autorisation d enga-
Î;er les tabacs qui se trouvaient dans la ville: e ministre s'y.-refusa. Néanmoins, par l'entremise du général Semelé, qui commandait la place, on obtint des autorités civiles une sorhmje de cent soixante mille francs. De si faibles moyetis ne pouvaient satisfaire les sol-^ dats , que de faux bruits animaient sans cesse, •et l'insurrection ne tarda pas a éclater. Elle fut soudaine, .elle fut générale, et présenta un caractère tout-a-fait particulier. J'en reti'acerai tous les détails, parce qu'ils serviront a faire mieux connaître l'esprit du soldat français.
„Le 2 septembre , v^rs les huit heures du xnatin, environ soixante officiers subalternes de difFérents régiments s'assemblèrent dans un des bastions de la place. Ils arrêtèrent un pro-
1*et d'obéissance aux ordres qui licenciaient 'armée , mais a des conditions dont ils résolurent de ne point se départir. Cette déclaration commençait ainsi : .
,^Au nom de l'armée du Rhin, les officiers, „sous-offtciers et soldats n'obéiront aux ordres .^donnés pour le licenciement qu'ai^x condi- ,„tions suivantes:
„Art. 1*'. Les officiers, sous-officiers et soly^dats ne quitteront l'armée qu'après avoir été „soldés de tout ce qui leur est dû.
,,Art. 2. Ifs partiront tous le même jour, em- ,„portant armes, bagages, et cinquante cartou- „ches chacun, etc., etc.*'
. „Dès que cette pièceeut été libellée, ils se rendement chez le général en chef pour lui en donner communication. Celui-ci, alors malade, était dans le bain. Étonné de cette visite inattendue, il donne ordre délaisser approcher. Cinq officiers s'approchent aussitôt de la baignoire; ils font l'exposé du sujet de leur mission, et déclarent que l'armée ne subira le? licenciement qu'autant que ces conditions auront été remplies. A ce mot de conditions, le général furieux s'élance du bain, et arrachant le papier des mains de l'orateur: „Quoi! mes- ,,sieurs , vous voulez m'imposer des con dictions ! vous refusez d'obéir ! des conditions a „moi!..."
„Le ton de voix, le regard du comte Rapp, peut-être lattitude dans laquelle il se présen-
' du gèfiêtàl Rapp. 315
tait; iihpùsètent aladéputation. Elle se retira confuse, et chacun des officiers alla rendre comte k son régiment du mam*ais accueil quHls avaient reçu.
„Les sous -officiers, assemblés au .nombre d'environ cinq cents , attendaient pour agir la réponse du général. Ils sentirent bien , quand ils en eurent connaissance, qu'un tel homme .n était pas facile a intimider, et qu'en faiss^nt une démarche, ils ne seraient pas plus heureux que leurs chefs. Mais leur parti était pris; us vinrent se ranger en bataille dans la cour du palais , et demandèrent qu'on les introduisit auprès du général en chef. Un aidede-camp descent pour connaître les motifs qui les amènent^ ils refusent d'entrer en ex* p^cation avec lui. „Quel est le chef de la „troiipe? demande cet officier. Aucun...
„tous,*^ répondént-ils en masàe. Il appelle au centre les plus anciens de chaque régiment ; il leur adresse quelques représentations sur l'acte d'indiscipline dont ils se rendent coupables* Mille voix confuses Tinterromi^ent aussitôt: „Dé l'argent! de l'argent!.... Nous ,, voulons être* payés de tout ce qui nous est „dû; nous saurons nous faire payer."
„Le chef d'état-major colonel Schneider, dbnt ils avaient tant de f #ls admiré la résolu- , tion au milieu des dangers, arrive sur ces entrefaites , et essaie avec aussi peu de succès de les calmer: „De l'argent, répètenjb-ils encore, de l'argent!" Fatigués de pousser des cris , de faire des menaces inutiles , et n'ayant pu arriver jusqu'au général en chef, ils se dispersent enfin, après s'être assigné un ren-
Si 6 Mémoir^9
|Jex-vous. La. plupart se portent siA* ïa place d'armes, où ils procèdent aussitôt à Véleotîon des nouveaux chefs qu'ils avaient résolu de se donner. L'un ^ d'eux , nommé Dalouxi , sergent au 7® léger, connu par sa capacité ,, son audace, et surtout par un habil soldatesque qui lui était propre , réunit tous les suiFrages: ;,Vous voulez être pajés, dit-il k sescamara- „des, et c'est pour cela que vous êtes ici. — ,,Oui, répondit-on d'une commune voix. - — „Eh bien! si vous promette» de m'ohéir, de „Aous abstenir de tout désordre, de faire re- ,,specter les propriétés, de protéger les per- „sonnes, je jure sur ma tête que vous le se- ,,rex ayant vingt-quatre heures/*' Ce. discours fut accueilli avec des cris de joie , et le sergent fut nommé général. Il choisit aussitôt pour son chef d'état-major le tambour-major du 58<*; un second sous -officier fut chargé des fonctions de gouverneur de^ la place; un troisième, du commandement de fa première division; un autre de la seconde, et ainsi de suite. Les régiments eurent des colonels; les bataillons , les escadrons , des chefi^ ; et les compagnies, des capitaines; enfin on compléta un état-major.
„Les autres sous^officiers étaient retournés aux casernes, oii I^îs soldats attendaient avec impatience le résultat de la démarche qui venait d'être faite. La générale est aussitôt battue, et tous les corps, infanterie, cavalerie, artilleriie , sont dirigés en ordre et a la course sur la place d'armes. L'organisation était a peine terminée, lorsqu'ils y arrivèrent. A mesurcj^ qu'ils paraissaient, les nouveaux chefs
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allaient «n prendre le commandement , et les diri^aient sur. les points qu'ils avaient ordre d'occuper. *
^ ^yCependant le général Rapp, étonné de voir éclater une insurrection si grave , s'était habillé a la hâte, dans Tespérance de coimaitre le» motifs de ces mouvements séditieux , et de parvenir à les calmer. Mais les diverseâ opérations dont nous venons de rendre comte avaient été conduites avec une telle célérité, qu'au moment où il sortait accompagné de S€>fi chef d'état-major et de quelques officiers, les colonnes, suivies dune populace nombreuse , débouchaient déjà par toutes les rues qui aboutissent à la place du palais. Dès quelles aperçoivent le génial, les troupes se mettent précipitamment en bataille, et croisent la baïonnette pour l'empêcher de passer. Aussitôt des cris forcenés se font entendre des derniers rangs. , .Tirez.... il a vendu Far- „mée.... Tirea donc." Des misérables, répandus dans les groupes, excitaient du geste et. dé la voix a massacrer ce vaillant hqmme. La fureur se répand de proche en proche, et bientôt la confusion est a son comble; les soldats égarés apprêtent leurs armes; les rangs se doublent; huit pièces dé canon arrivent au galop, et sont i^fcontinent chargées a mitraille. „Gbaque fois que- le général Rapp adresse la parole a ceux qui le menacent, les vociférations recommencent et leg cris provocateurs se font entendre avec une nouvelle i-age. Mis en joue a plusieurs reprises, les pièces de canon sont constamment dirigées sur lui, et les pointeurs suivent tous ses môuvem^ents:
,32*ï^g^25-v6us ! s'écriaient-ils, que nous tirions ^dessus." Un ôbusier s'attache avec tant de peï'sévéranci? au groupe dont le général est environné , qit'il s'en aperçoit. Il court au canonmer qui tient la mèche? „Eh bien!
^,que prétends-tu faire, misérable? lui dit-il; „veux-tu me tuer ? Mets le feu , me voici k ,J'embouchure. — Ah! mon général! s'écrie „le soldat en laissant échapper son boute-feu, ,,j'aî été au siège de Dantzic avec vous, je vous „donnerais ma vie... Mais les camarades venaient être payés, je suis obligé dé faire cojrn- ^,me eux." Et il reprend sa mèche.
„ Accablé de questions vides desei;is, d'interpellations sans objet, étourdi des clameurs de la multitude^ dont les flots grossissaient sans cesse , le général se décick enfin a rentrer au palais.
„Les troupes Vy suivirent, et les différentes avenues en furent sur-le.champ occupées mr huit pièces de canon, mille hommes d'infanterie et un escadron de cavalerie. Cette, garde se nomma la garde extérieure du palais. Un bataillon de grenadiers vint s'établir dans la cour, eti>rit la dénomination de garde intérieure, rrès de soixante factionaires furent placés deux a deux a toutes les portes et sur l'escalier qui conduisait a l^ppartement du comte Rapp; ilj en eut même, pendant quelques instants , jusqu'à celle de sa chambre a coucher. On s'em]>ara ensuite du télégraphe et de la monnaie. Pour témoigner en même temps qu'on n avait aucun mauvais dessein, un détachement fut envoyé a Thôtel du général autrichien Volkman, qui se trouvait dans /
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la place, et fut mis à sa disposition. Les ponts furent levés , et Fon ne communiqua plus avec les dehors sans une permission signée du nouveau commandant. Le tambour-major du 58« se rendit avec un trompette hu quartiergénéral des alliés , et leur signifia que s'ils resjjectaient la trêve , la garnison ne se portei-ait a aucun acte d'hostilité; mais que Vils essayaient de profiter de la mésintelligence . qui régnait entre le chef et les soldats , elle saurait opposer une noble résistance.
„Cependant Dalouai avait établi son étatmajor sur la place d'armes , et créé deux commissions , l'une des vivres , composée de fourriers , et l'autre des finances , formée de sergents-majors; elles se constituèrent en permanence , délibérèrent sur les mesures les plus propres a maintenir la tranquillité publique, et a mettre la ville a l'abri de toute surprise. Les postes de la citadelle et ceux de l'intérieur furent doublés; on plaça même des gardes a quelques vieilles* poternes qui jusquela avaient été négligées; on renforça la ligne extérieure , les troupes bivouaquèrent sur les places et dans les rues; ^nfin on n'oublia aucune des précautions que peut suggérer la prudence la plus soupçonneuse. Afin de prévenir les excès auxquels la malveillance pèuvait exciter les soldats , il fut défendu , sous peine de mort, d'entrer dans aucun des lieux où l'on vendait de Teau-de-vie, du vin ou de la bière. La même peine fut portée contre tous ceux qui se rendraient coupables de pillage, de désordre ou d'insubordination. Eu^n, pour assurer mieux encore la tranquillité publique,^! fut
résolu que Tarmée serait instruite de six heu- ' res' en six heures de sa situation.
„Ces dispositions prises*, le receveur-général et l'inspecteur aux revues furent mandés. Celui-ci fit un état approximatif des sommes nécessaires pour mettre la solde au courant, lautre présenta le montant de son avoir en caisse; après quoi, Dalouzi convoqua le conseil municipal, auquel il exposa les motifs qui avaient d^éterminé la garnison k prendre les armes , et
5)^ia le maire d'aviser aux moyens de faire des '^xiAs pour acquitter Tarriéré.
,J1 envoya ensuite au comte Rapp une députation composée du nouveau gouverneur et de cinq ou six généraux-sergents. „Eh bien ! „que me voulex-vous encore? leur dit ce gé- „néral avec l'accent de l'indignation et dum1?- ,,pris. Vous êtes indignes de porter Tuniforme „trançais4.** J'ai cru que vous étiea des gens „d'honneur, je me suis trompé;... Vous vous „laisse2 déduire par des misérables.... Que „prétendeK-vous fiiire?.... Pourquoi ces gar- „des qui environnent le palais?... Pourquoi „cette artillerie dirigée contre moi?... Je suis „donc bien redoutable?... Croit-on quie je „veuille m'évader?... Et pour quelle raison „m'évaderaîs"je?... Je ne crains rien... Je „ne vous crains pas... Mais au fait que me ^voylez-vous ? encore une fois que me vou- „lea-vous?..." L'agitation du comte Rapp, en prononçant ces mots , contrastait vivement avec l'air sombre de la députation. Ces sousofficiers, confus de retenir captif un chef qu'ils aimaient, et dont la valeur , la loyauté leur étaieftt si connus, gardaient un profond silence.
du général Rapp». 321
lence« /Ils étaint sur le point de de retirer, lorsqu'un d'entre eux prenant la parole: y,Moti ^^énéral^ dit «il, nous avonà appris que les ^^autres ôorps d'armée oiit été payés, nos sol- ,,dats veulent égalemenjt l'être ; ils sont eii „révolte^. mais ils nous obéissent. Piouil ne' ^ydemandons que ce qui nous est dû , le Faible ^^dédommagement de* tant de sang et de bles-v ,,sures; nous ne démandons que ce qui nous ,,est indispensable pour faire notre route et ,,nous retirer dans nos foyers* Les troupei^ ne ^, entreront dans l'ordre , c'est unje chose fer* ,,mement arrêtée j que lorsque la solde sera ^, alignée pour tout le monde* — - Il n'y a pas ),asse? d'argent encaisse, repartit le généraL ,, J'ai eu l'intention devons faire payer, même ^,de vos masses^ j'ai envoyé un aiae>-de-damp f ,a Paris , il a vu les ministres , inais on n a pu ^,lui donner que (juatre centjnille francsi C est „cette somme, ainsi que celle qui existe déjk ^,dan8 la caisse du payeur, que )c ferai répàr* ^tir entre les divers régiments^ -^ L'armée ,;veut être payée; mon généraL — Je vous ai ^,dit ce que j'avais k vous dire j retiress-Vous, „et rentrez au plus tôt dans Tordre. 4*Si Vcn- „nerai a malheureusement connaissance de ce „qui se passe ici, que deviendrea-vouîJ ? — ^^ôn y,a tout prévu , mon général : un régiment de ^cavalerie et douze pièces de Canon sont partis ,,pour renforcer la division qui est au camp* ,,I1 vous est facile de nous faire payer: et vous ,,avez tout a craindre de la part des soldats, si ,, d'ici a vingt^quatre heures ils ne sont pas s^- ,,tisfaits* — Que- m'importe a moi, ce que vous „et vos soldats pouvez faire! Je vous répète
,,ouex^ons n aures que Iç^s fonds qui vous sont
,,aestiiiés. Quelque choW qui puisse arriver,
,, n'espères pas me contraindre a faire ce qu«
j^mon devoir me défend. — Général, les sol-
^,dats peuvent vous, conduire a la citadelle,
„ils peuvent même vous fusiller j nous répon-
.„dons d'eux maintenant, mais si vous ne nom
„faites pas payer... — J^ n'ai. pi us rien a vou«
,,dire, sorte» de chez moi... Si vous me fusil-
„le5s, eh bien, je préfère la mojct a là honte...
„Vous êtes des ennemis de Tordre...; vous êtes
„des instruments de la malveillance et d'ihie
'„conspiration que vous ne conriaissea pas./.
,,1/ennemi est jieut-êtré d'accord... Je vous
, ,rends responsables de tout ce qui peut arriver. . .
,,Vousm^ave^ entendu, sortez!... Je rougis de
^converser aved des rebelles."
„Ces mots de conspirations furent sur eux une impression très-viAe; ils se turent quelque tem|)s, ils se remirent néanmoins, et Tuii d'eux répondit que s'il y avait parmi eux des gens qui eussent des intentions cachées , ilj rignoraiënt -, que , ]>our eux , ils ne voulaient qu'être payés; mais qu'ils voulaient letre, et qu'ils allaient lui amener les autorités civiles, afin qu'il donnât l'ordre de Taire les fonds : après quoi ils se retirèrent.
,, Pendant que le conseil avisait aux moyen* d'assurer la tranquillité publique, et de faire acquitter la solde arriérée, l'ariviée avait exér^ cuté div^ers mouvements; elle avait fait des marches, des contre-marches, toujours au pas de course, sans proférer un mot, sans se permettre une menace contre le» officiers et leis généraux qu elle avait mis en iarrestation. Oe
du générât- Rapp. 523
silence» peu ordinaire aux militaireir ârai^i^is^ avait quelque chose de sinistre dont les h£^i<^ tants étaient épouvantes* Cependant les troupes s étaient enfin calmées , mais elles ne comnxuniquaient pas avec les bourgeois ; elles refusaient même de répondre ^ leurs questions.
Dans les rues, sur les places, on .voyait se former des groupes qui se dispersaient après «'être communiqué tout bas soit des o|:dres>,'Soit des avis* La ville entière était plongée dans une sombre inquiétude: on se rappelait. des épq- <^ues funestes, on craignait de les voir cenaitre^ chacun tremblait ijour ses biens, pour sa vie méme« Jamais tableau plus eJFra jant que celui que présentait alors cette immense cité. . '
„Le général en chef ayant appris que les habitants avaient consenti a faire les fonds nér . cessaires , et qu'ils* donnaient a la frayeur ce qu'ils avaient si long-temps refusé a ses -prièi'es;, envoya soii chef detat-major auprès des* autq» rites pour régler avec elles la ré]>artiti6n de remprunta Cet officier fut conduit a Thotel de ' ville par un caporal et six hommes qui ne le quittèrent p|is. Il y termina ses comptes, et revint au palais sous la même escorte* i
«^Cependant les généraux et les che£s de corps employaient tour à tour les menace^ ett les prières pour ramener lesinutins a leur de* voir. Ces derniers^ qui aimaient leurs supéîrieurs , et qui n auraient osé leur manquer en • face 9 'Usaient d'artifice pour échapper k Fascendant et aux représentations ^u il craignaient * Lorsqu'un officier se jîortait d'un côté , on avait soin de lui opposer en j:Hremière ligne des aeldata d*une autre arme ; et pendant qu'il hâ*'
ràniniait ceux-ci^ les autres vociféraient par
reproches :
répondait l'autre avec une douceur hypocrite^ „je ne fais rien , je ne dis pas^ un niot^'^ £t il se perdait aussitôt dans la foule. Lés troupes prirent bientôt une mesure générale pour te délivrer de ces sollicitations importunes , et tous ceux qui avaient un commandement inv portant furent consignés che* eux.
^Cependant les alarmes des bourgeois ne tardèrent pas a se calmer, la retraite fut battue long-temps avant la nuit ; et dès cet instant, les patrouilles se succédèrent sans interruption. Plusieurs ordres du jour furent lus a chàoue poste. Ils recommandaient la tranquillité, robaissahce, et promettaient que les paiements seraient effectués dans les vingtquatre heures. L une de ces pièces était ainsi conçue : ,,Tout va bien, les habitants financent, '„et les paiements sont commencés. Signée >,Garnison."
„La,ville eut ordre d'illuminpr, afin qu'il fût plus facile d'exercer une surveillance sévère.
„Les chefs secrets de l'insurrection n'avaient pas tardé a s'apercevoir qu'une sagesse désespérante présidait k tous les conseils , et que leur but était manqué s'ils ne réussissaient a échauffer de nouveau les esprits, et a exciter quelque émeute dans laquelle le sang pût couler.
>^ „Ils firent donc , ver» les cmq heures du soir, arriver au galop sur la place d'armes un chasseur a cheval, annonçant qu'on venait d'arrêter trois fourgons chargés d'or , apparaît
du général Rapp. 325
tenants au général Rapp , c[ui les faisait sortir 60US la protection des Autrichiens. ,,€es trois , , voitures, ajoutait-il, ont été conduites au ,,pont couvert , et voici le reçu que je porte „a notre commandant en chef. Il faut î usil- „ler le général Rapp... c'est un traître... il ,,nous a vendus a l'ennemi.**
^Quelque échauffé que Ion fût encore, ce discours produisit peu d'effet* Les troupes maltraitaient leur chef pour l'obliger a lever des contributions , mais elles ne nourrissaient aucun soupçon 'contre lui. Sa réputation d'homme, a'honneur restait intacte,' et son intégrité ne leur était pas plus suspecte qut? «on courage. Des provocations au meurtre si ouvertes excitèrent la défiance , et les soldats
quoif s assurât de sa personnes eut le bon esprit de repousser des suggestions dont peut-être elle ne sentit pas d'aibord toilite la perfidie. , »
„Dès qu'un moyen échouait, les conspirateurs en tentaient un autre , et ne négligeaient rien pour faire verser le sang, persuadés que s*il avait une fois coulé i iL serait facile de le faire couler encore. Le cocher du général conduisait du palais aux écuries un chariot chargé de paille. Les factionnaires firent quelques difficultés de le laisser passer : il sortit cependant ; mais a peine était-il dehors que des malveillants crient à la trahison, et prétendent que, sous prétexte de transporter de la paille, on enlève la caisse militaire. Aussitôt la multitude se jette sur la voiture et la
décharge ]>du]? la mieux fouiller. On ne toouve rien ; on la recharge, en exigeant néan* raoins^ quelle rentrer les chevaux eiFrayés prennent lu course et renversent un enfant.
' A cette vue la fureur redouble, bn force Ibs gardes , on se }>récipite/ en tumulte dans la cour du palais, on saisit le cocher, et on le ' massacre sans pitié entre les mains d'un officier accouru pour le défendre. Lé désor* dre ne devait sûrement pas se borner k la mort d un domestique; mais des groupes de.
soldats survinrent, forcèi^ent les pins enipor^» tés< de se contenir, et le coup fut encore manqué.
„Toutes les tentatives pour faire forger lé général Rapp par la main de ses troupes ayttnt échoué, on eut recours aux voies or-* dinaires dé l'assassinat. Dès que la nuit fut avancée, une foule d'individus se suctédè* rent l'un k l'autre, et usèrent de violence
}>our s'introduire dans sa chambre a coucher; Hais les aides-de-camp et quelques officiers en défendirent rentrée avec courage, et préservèrent leur chef de toute insulte. ^ ' „Au milieu de cette effervescence, .une circonstance vint tout à coup refroidir les soldats , et contribua a les faire rentrer dans l'ordre. Lai ligne ennemie resserra ses can.tonnements au moment même oii l'insurrecr tion éclatait, et reçut aussitôt des renforts (Considérables. Cette concordance des mesures prises par les Autrichiens avec un événement qu'ils ne devaient [)as encore connaître, donna beaucoup a penser: aussi la division dû dehors doubla de suite ses grand- gardes;
du général Happ. 527
de ncmveUës trouves et de TartilleHe accoururent de la place.
„Leïuiemi intimidé n'osa rien entrq>ren-.
dre. Peut-être aussi attendait-il le résultat des laachinations qu'il avait ourdies dans Strasbourg; peut*être craignait- il de se compromettre avec une armée d!autant plus redou- table qu elle s'était in^)Osé l'obligation de vaincre, et. qu'elle ' continuait, pour tout ce qui était relatif aux dispositions militaires , a recevoir les ordres du général Rottembourg, dont les Autrichiens avaient plus d'une fois, dans cette campagne , • éprouvé la valeur et rhabileté. L'ennemi resta donc en position, et semblait attendre que le moment favorable fat venu. De son côté, la troupe se tint eri garde contre les écarts où on voulait la
I'eter, et poursuivit avec calme et constancee but unique qu elle s'était proposé , l'acquittèment de la solde arriérée. , >
j,Le général Garnison redoublait de vigi-- Jance pour maintenir la trsuiquillité publique,. ^i sortait fréquemment suivi de son*état-major,. tous en costume de sergents et a cheval, pour s^'assurer de 1 exécution de ses ordres. .Dès qu'il parratssait, les tambours battaient au camp, les postes prenaient les armes et lui l'eridaieiittous les honneurs dus a un comtnacndant en chef. Ainsi Strasbourg présentait Vimage de l'ordre le plus parfait au milieu du désordre^ et la discipline la plus sévère régnait au milieu d'une armée en révolte.
„L'emprunt ayant été réalisé , lés officierspayeurs, suivant l'ordre numérique de leur irégimeiit,. furent conduits sous bonne escorte
c^ex le pàyeuiNÇpiiéral, bii ils toucher ent les^ ^ sommes nécessaires pour mettre au courant la solde de leurs cerjjs. Mais il leur fut enjoint de n'elFectuer les paiements indivi-rduels que lorsque tous les régiments auraient touché ce qui leur «tait dû. Ainsi se ps^sss^ le premier jour: il y eut moins d'agitation da^ns le second. On essaya encore daccrédi* ter parmi l£^ troupe quelques bruits propres . à la soulever; mais elle y fit peu dattention* Vars le soir, la consigne du palais devint moins sévère ; les aidcs^de-camp eurent I4 permission de sortir sous escorte. Un peloton de grenadiers était chargé de les conduire où ils voulaient, et de les ramener,
^Pendant la nuit, les postes furent tou« renouvelés. Des individus en costume de sous-offîciers se présentèrent encore pour pené*. trer ohex le général, et s'assurer, aisaient*-ils> s'il ne s'était pas évadé. Les altercations entre eux ^t les of&ciers de l'éts^t^major furent
1>lu9 vives aue jamais; ceux-ci néanmoins inirent par l'emporter. Enfin la répartition des fonds fut achevée vers les^ neuf heures du.. matin. Aussitôt la générale se fit entendre; l'armée se rassembla, retira ses postes, leva le siège du palais, et se rendit sur la place d'^^tr mes. Le général Garnison , accompagné de tout son état::major, fit mettre les troupes en bataille , et leur adressa 1^ procUmation sùi^^ vante. Noiis la rapportons textuellement.
yjSoldats de Tarmée dû Rhin y
>,La démarche hardie qui vient d'être faite
du général Rapp. 329/
„par vos smis^-officlers pour vous faire rendre „justice, et le parfait paiement de votre solde, „les ont compromis envers les autorités civi- „les et mili taures. C est dans vo1:re bonne con- „duite , votre résignation et votre excellente „ discipline, qu'il espèrent trouver leur salut; „et celle que vous avea gardée jusquli ce jour „en est le wr garant, et ils en espèrent la conyytinuation,-
yySoldats, les officiers-payeurs ont entre leurs ,,mains tout oe qui vous est dû; la garnison ren- „trera a sa première place; les postes resteront „]usqû'a ce que le général en chef ait donné ,^des ordres en conséquence. Sitôt la rentrée, ,,ies sergents«major et maréchaux^des-logis se ^rendront chea leurs officiers-payeurs, et pren- ,,dront note , avant de solder la trouj^e, de MM, ,,l^s colonels, afin d'exercer la retenue de qui „de droit. L'infanterie doit être licenciée, elle „prendra des ordres supérieurs; et la cavalerie, ,,n ayant encore aucun ordre, attendra »on sort, „afin de rendre au moins , avant de i>artir, che- ,,vaux, armes, et tout Oe qui ap*partient au ,,gouvernement; afin que Ton puisse dire: Ils ,,sont Français, ils ont servi avec honneur, ils ,,96 sont fait payer de ce qui leur était dû,' et „se sont soumis aux ordres du roi, avec ce beau „titre de larpiée du Rhin, ^
y,Par ordre de larmèe du Rhin.^
„Le sergent-général, après avoir prononcé ce discours , que l'armée écouta en silence, fit défiler devant lui les deux divisions d'infanterie, la cavalerie et l'artillerie, et alla en grande
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pompe arborer \ la préfecture et a la mairie, des drapeaux blancs faits par son ordre. Les trotipes se rendirent ensuite aux casernes , et rentrèrent sou» lautorité de leurs officiers respectifs.
„Aussitôt que la liberté leur fut rendue, les généraux, les^coloneïs et officiers supérieurs s'empressèrent de se rendre chez le comte Rapi> , i^our lui témoigner la douleur qu'ils avaient eue de voir Tarmée méconnaître ainsi le frein de la discipline. Ils firent même imprimer, cpntre les mouvements séditieux auxquels on s'était livré, une protestation qu'ils signèrent tous, et qui contenait des qlio$es très, flatteuses pour le général en chef, - .
,,D€^x' jours après, on déposa les armes a l'arsenal^ et tous les corps furent licenciés. Da* louzi, comme chef de révolte, avait encouru la peine capitale; mais on lui fit grâce -en faveur du bon ordre' qu^il avait maintenu au milieu de rinsurrection *)." .
L'armée, était dissoute, ni on commandement expiré, rien ne me retenait plus en Alsace, Jlais les bonnes âmes du faubourg Saint-Germain avaient imaginé que nous étions un sujet d'effroi pour TEurope. < Sur le chamj) de bataille, je le crois , et les alliés n'en disconvenaient pas. Ailleurs! c'était trop présumer de 'nous. En fait de trames et de complots ce n'est pas nous quimérftions là palme. - J'allai néanmoins audevant de celle qu'on voulait me décerner. J'é-
*J Trèda des opérations des armées dxji Rhin ei dn Jura en 181S
du génériU Rapp. 831
criyîs au^ roi ; f« ti/cssayai pas de lui degui* ser mes sentiments» ' Si j'avais pu jeter qau$ le £hin la coalition tout entière , je 1 aurais fait, je ne iri*en cachais pas. Ma lettre était ainsi conçue: .
, , Je ne cherche point a justifier ma conduite, ,,Vot^e majesté sait que mon inclination et ,,fnon éducation militaire m'ont toujours. porté „a défendre le territoire * français contre toute f^gression étrangère ; je. ne pouvais surtout „hésiter a offrir mon sang pour la défense de y^rAlsace, qui m'a vu naître.
„Si j'ai conservé l'estime de votre majesté, „|e désire finir ma carrière dans ma patâe; ,,s'il en était autrement, je serais le premier y, à demander d'aller passer mes jours chea l'é- ,,tranger> je ne saurais vivre dans tnon pay^ 9,san^ Vestiiae de mon souverain. . .
,Je ne demande que cela, et n'ai besoin ,,que de cela."
Cette lettre ne fut pas inutile. Des signes d'intérêt échappés au monarque continrent la malveillance. Je passai cjuelques mois a Paris sans être inquiété ; roai3 l'émigration avait envahi les chambres et rugissait a la tribune* Les vociférations contre ce que la France pos» sède d'hommes distingués par leur talent e^ leur courage me donnèrent tant de déçoût que je m'éloignai.* Je me retirai en Suisse, oii du moins l'aristocratie ne présentait pasr le* scandale des fureurs du jour a côté des
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bassesses de U veill^. L'oodonniinGe du 5 septembre lut rendue^ quelque temi>s après: ie revins à Paris, où je vis tranquille au sein de ma famille^ et où j ai trouvé un bonheur qui jusque-la m'était inconnu.
Ici finissent les Mémoires. Nous n'ajoute* rons que quelques mots.
Devenu membre de la chambre des pairs, le général fut appelé auprès du chef de l'état. Cette faveur ne le rendît pas infidèle k se»
souvenirs. Tant d'immortelles journées étaient trop profondément gravées dans son âme! Il ne pouvait oublier nos victoires , celui qui les avait préparées, ceui qui les avaient obtenues. 11 y avait souventpris une part si glorieuse ! le courage ne se déshérite pas. Aussi, les braves c^e poursuivaient des hommes qui s'étaient éclipsés devant eux sur le champ de bataille trouvèrent*ils toujours dans le général un protecteur dévoué. Sa bourse , son crédit, leur étaient ouverts. Jamais il ne rebuta Tinfortune. Ceux mêmes qui n'avaient auprès de lui aucun des droits que donne le drapeau
!>articipaient a ses bienfaits. Il suffisait qu'ils 'ussent dans le besoin. Le malheur était quel* que chose de sacré k ses yeux.
L'inaction dans laquelle -il était tout a coup tombé, après une vie d'alarmes et de fatigues, iivait achevé l'ouvrage des blessures dont, il
Drgi
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était couvert. Sa santé s'était évanouie; bientôt il toucha au terme nue lui avait assigne la nature* fl envisagea la xaott sans émotion , se fit placer de manière k faire front \ letranger, qu'il n avait jamais regardé qu'en face, et rendit Tâme en faisant des vœux pour sa famille et pour la France.