‹ Mémoires du général Rapp: aide-de-camp de Napoléon, écrits par lui-même, etChapitre 58 sur 59 · ARTICLE XIX · texte numérisé non relu

ARTICLE XIX

Après la signature de ces pièce^ officielles , il' sera permis au gouyemeur général^ comte Rapp^ d*6a- Toyer un courrier à son gouyemément ; il sera accompagné jusquaùx aranUpostes français par un of&etor russe*

du g/éniêrçfijfiapp. S55

Fait et eonyeira à Langfiilir, cejoiirâ*hiii 39 no»

Sffiée, le geséM 4è ékwmpâ iMto ibgtMOér; WgtitèrBÏ d'HéRicomcT, le colônAfiaWtfi^iiaifT^.Ie-lîeQteiiaiit-géBé* rai. et chevalier Borozdin, le général-inajor Wbll- . J4MIN0FF, txi fonction de chef d'état-ibâjôr j, le colonel . * da génie JjUAnTKKDi , le colonel du génie Pulle?» ^.

Vu et approuyé^ ,,,, .,.. . ,. •.. ...

Le èomte ÏIapp. ;

35$ Hféntûirûs^

Lettre du duc deJ^urtembergaugénéhdRapp.

, , i — . A ifi^liqarii dâ aoir.

.Gënéralf

Je suis oblige âe TOtis failrQ j^art que je viens de iPCceToir* un .courrier de sa majesté impériale qui m*àpprend que la çapifulation conclue entré Votre excellence et moi a été. approuyée par Fempereur, hormis ce qui concerne le retour de la garniapn en France. Quoiqu'il ne m'appartienne pas ^'examiner si on a pris .en considératioo particulière que la garni» ton de Dantzic ne soit forcée , â Finstar de celle de ThornT et d'autres places , â reprc;ndre service avaqt son parfait échange, et après qu'elle aura repassé le Bhin , J9 suis cependant obligé, de faire pact à votre excellence de la volonté précise de sa majesté, étant cependant persuadé qu'aucun de. MM. les généraux*. ni officiers faisant partie dé. la brave garnison de Dantzic ne. se permettrait, dans aucun cas, de mân» quer. à ses engagements, ce dont je serais volontiers le garant. Sa majesté m'a aussi formellement autorisé à vous déclarer, mon général, que la gamij^on ne sera point envoyée daiis les provinces éloignées de la Russie , si votre exeellence me remet la -place sans, détérioration ultérieure, aux termes de la capitulation. Elle pourra choisir pour son séjour particulier , celui de MM. lès généraux et officiers , entre les villes de Beval Pleskow , Zaliéga et Orel , pour y depiéurer jusqu'à ce que la garnison soit- échangée. D'ailleurs il s'entend de soi-même que MM. les généraux et offi-

du général Rapp. 357

ciers , Japrès la capitulation , cohseryeront tous les aTautages qui leur ont été assurés. Pour ce qui concerne le» troupes polonaises qui se trouvent encore â Dan^zic, la yolonté de sa majesté ept qu elles soient renvoyées tranquillement dans leurs foyers, à leur soitiO'âe là' place, -de iriême que les ts'oujpes allemandes, ' "..,.''

Je. dois croire , mon général , que votre exceUcnce n hésitera sûrement ' pas de consentir à ces arrangementa, puisqu'il est â croire que la guerre ne pourra pas dNirer un an, et alors chacun retournera d'abord chêe' soi ; é% je suis d'autant plus persuadé que votre ëicèlïence prendra cette détermination que, dans le / cas contraire, je ne pourrai lui épargner, ainsi qu'à ' sa garnison, toutes les rigueurs inévitalîlès qi^'entraînerait une résistance parfaitiement inutile , qui aurait pour suite infaillible de voir . transpprt'er sa garnison dans les provinces les plus éloignées . de Tempire russe, sans quelle puisse jouir, alors - des moindres avantages qui lui seront parfaitement garantis maintenant, ainsi que toutes les com^iodités nécessaires pour

là route et stipulées dans la capitulation.

. Si votre eikcellencé, contre toute attente, prenait cependant cette détermination aussi inattendue que ' ^préjudiciable aux intérêt^ ds la garnison, je lui remettrai alors aprèSf demain samedi, à midi, tous les ouvrages qui ont été cédés à Tarmée assiégeante , excepté le fort de 'r^eufàhrwasser, puisque la volonté suprême de sa majesté est que votre excellence fasse sortir^ préalablement toutes les troupes allemandes qui se trouvent â Dantzic avec armes et baigages^ la confédération du Rfiin n existant plus , tous les

. . Digitiz-edby VjOOQIC

états qui la compesaiçot étant âeTenus nos. Mfié^^; et 4ans €Ç cas Neufahrwas^er lui sera remis. de inêepti? iAe suite et «ans la moindre difficulté. :Jei»i;«i#ai aussi à Dàntsic par «la portç d'Okiwa tdu^ lés . écloppéa^ dés qu ils jseront de retour , et alors les. hosHUté^ re» commenceraient, li^ lendemain de leur remise^ a iievf )içure9 du niaiin,' ■

Signé ^ le 4uc de Wuhtembbiig.

Ps S^ Je prie TQtre «xceBeace dç TOiiloir bien mt fmré parrenir ^Bl répoQfe demain matin. Si. M* le gépixfi Heodeiet, pa un autre de MM; les géaéranx, était envoyé à.moo qoj^ier-général 5 cela faciliterait infiniment la concliisipB d*ivie |iffaire-qui pourrait se terminer à sa satisfaction* .

J'ai cç|ît sur ceci à sa majesté par un conrrier^

Réponse^

• .■ ■ t • Monseigneur , * '

J*ai fait une capitulation ayec Totre altesse çoyale ;

aujourd'hui* elle in'annojtice que, saril y ayoir égard,

Temp^reur Alexandre ordonne cpiç la gaiçiiison de

Pantzio soit ^voyée «$n Russie comme prisonnier*

de guerre, au lieu* de' rentrer en France*

fce 10^ corps ,d*armée laisse a l'Europe, àThistoire, el à la postérité, à juger une aussi étrange infraction des traités, contre laquelle je proteste formellement.

Par suite de ces principes sacrés , j*ai Thonneur d'annoncer à votre altesse .iroyale que, mea tenant

dix gMérai Rapp, 359

stricteineAt aii te;^te dune capitulation t[ue je iié dois pas ]S^ard«r comme anéantie ]parce quelle est Tioléei je f exécuterai ponctuellement, et que je suis prêt â remettre aujourd'hui même aux troupes de yotré > altesse Ifjs forts Weictselmuadcii Napoléon^ et lé . Holm, ainsi «jue tous les m^gaisios, et à sortir de la place ayec ma garnison le lerjauTÎer pBoehaîn*

A cette époque, la force et Tabus du pdturoit pourront npus ei^traîner en Russie ^ .ca, Sibérie» par- , tout où Ton Toudra. Nous soùrons souffrir ^ mourir jEiiême, s'il le. faut, Victimes de notre confiance* dans ' tm traité solenneL L'emperQir Napoléon et la France sont a»8ez puissants ]^ut^ nous yenger tôt pa.tard«

Dans cet .état de choses, monseigneur, il ne me. reste aucun arrangement* à faire avec yotre"* altesée . royale, m'en référant entièrement à la' cajpitulation du f]»9 novembre, «[u'on peut, je le réjpète, «ofirëindrè, mais non anéantir* •:.!.. * . ^

Signé ^ Comte Rapp^

^Dan^i^.l le %i décembre i&i5«

JQ^.

360 Mémi^ùes.

•' * • • ' ' . ' ' Lettre du comte Rapp au duc de fFurtember^

DantziCy le |5 décembre t8i5.

. Monseigiiefir f

Mdn kide-de-camp m'a remis Bier soir la^î^tre que TOtre altesse m'a fait rtonneur dé m écrire;

D*après le renvoi qu «lie m*a fait de^ma lettre, je crois m apeneeroir qu elle <me suppose de Fai^^eur. Votre altesse ne me rend pas iustice: Toilà f^3 ans que je fais la guerre; je suis habitué à la bonne CommO

à la mauvaise fortune. . *

.'Votre altesse m'a fmtlTionneur'de me/ dire qu'il était tpat naturel que l'emperiçur Âlexaâdi^.pût rati* . fier oh non la capitulation: ou • votre. * altesse, était munie de pleins pouvoirs ou ne l'était pas; ma con* duite dans ce cas eût -été toute différente.

Le maréchal* Kalkretith, après une défense trèscourte, a obtenu une capitulation fort honorable. Je me rappelle même que l'empereur Napoléon, qui n'était qua vingt liéùes de la place, en était mécontent; mais il ne voulut pas faire éprouver de désagrément à son général en chef , en ai)^ulant la capitulation, et le maréchal Kalhreuth sortît de Dantzic sans la moindre humiliatipn. • Il est impossible de mettre plus de < délicatesse et de loyauté que nous l'avons fait, le maréchal Lefèbvre et moi. Le maréchal Kalhreuth vit encore, et il en a conservé le souvenir. Il y. a des

du général Rapp. 561

' officiers prussiens au quartier-général de i!M>tre altesse qui pourront aussi en rendre témoignage.

Votre altesse me fait Thonneur de me dire qu« sa majesté ordonne que toutes les choses soient remises sur le même pied où elles étaient ayant, si jo veux recommencer les hostilités. Votre altesse sait parfaitement que les avantages étaient alors de notre côté, puisqu'elle nous a fait constamment des offres qu'elle prétendait être favorables,^ et que maintenant c^est tout le contraire : cela n a pas besoin de preuves.

C'est d'ailleurs vous, monseigneur, qui m'avez toujours proposé d'entrer en arrangement pour faire cesser Teffusion de sang, en nous offrant comme condition fondamentale notre rentrée en France. La correspondance de votre altesse avec moi en fait foi.

Votre altesse sait bien dans quelle situation nous noud trouvons, et qu'il est de toute impossibilité, sous tous les rapports , de prolonger notre défense ; ainsi le choix qu'elle me laisse devient parfaitement illusoire. . ,

Je prie votre altesse de faire occuper aujourd'hui Weichselmunde , le Holm, et ouvrages intermédiaires. Je n'y ai laissé que de petits détachcfments pour em* pêcher les dégradations. Je désire ' aussi que votre altesse envoie des commissaires pour recevoir les in. ventaires de nos magasins de toute espèce; j'y tiens beaucoup , pour qu'il n'y ait pas de réclamation , et qu'on ne puisse pas nous reprocher d'avoir rien détérioré, non pas dans la crainte d'aller en Russie avec moins de commodités, comme votre altesse le répète dans sa lettre, mais par le désir de remplir religieusement tous mes engagements»

J'ai rhonneur de déclarer de nouveau à votre altesse que la garnison de Dantzic sortira le icr janvier^ âans la matinée, en exécution de Varticle lerde la capitulation du 29 novembre, à laquelle je m'en tiens entièrement, et a laquelle il est tout-à-fait inutile d'ajouter aucun autre arrangement. Les circonstances, après notre sortie, nous mettront absolument à la disposition de votre altesse.

J'ai Thonneur, etc.

Signé y Comte Rapp.

Au Même.

36 décembre i8i3.

Monseigneur ,

Le général Manfredi m'a remis la lettre de votre altesse royale, d'bier, 25 de ce mois. Ayant eu déjà l'bonneur de tr^ter avec elle les premiers articles de cette lettre, ce dernier est le seul qui me semble exiger une réponse» Votre altesse royale me déclare qtt elle ne peut consentir à me laisser sortir de Dantzic, à moins d'un aiTangement préalable. De mon côte , ne croyant pas pouvoir revenir sur la capitulation du 29 novembre, approuvée par votre altesse royale et par moi, ^ai l'bonneur de |ui déclarer qu'au 3 1^ décembre, n'ayant plus de moyens dé prolonger ma défense", je me mets à sa disposition, ainsi que les troupes sous mes ordres.

du général Rapp. 363

Cet arrangement, monseigneur, est bien simple; c'est à votre altesse royale à régler le sort de la garnison.

Je me contente de recommander à sa générosité les soldats , surtout ceux qui par leurs infirmités^ et leurs blessures réclament plus particulièrement ma, sollicitude.

Je lui recommande également les non-combattants, les femmes, les enfants, et les Français qui habitent Dantzic.

> Signé j Comte Rapp.

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