DU MARÉCHAL DB BBRWIGK
An eommenGement de septembre , le roi d*Ang1e«
t>erre eut encore une attaque j et je retournai au plus jlQt à Saint-Germain, où je le trouvai dans un état désespéré. Les remèdes le tirèrent de la léthai^e , mais sans donner pins d'espérance : il s'aflToiblissoit k Tae d'œil ; son bon sens et la connoissance lui restèrent presque jusqu'au dernier soupir. Il employa tout ce temps ed prières et en méditations. Jamais on ne Vit pins de patience, pins de tranquillité, plus de joie même lorsqu'il songeoit à la mort, ou qu'il en parloit. 11 prit congé de la Reine avec une fermeté extraordinaire, et les pleurs de cette princesse désolée ne firent sur Ini ancnne impression , quoiqu'il Faimât tendrement-, tout ce qu'il lui dit pour retenir ses larmjes fut ; a Spugez, madame, que je vais être heu- « renx à jamais. » Le roi 'ifrès-Chrétien étant venu le voir, Tassura qn*il anroit pour son fils les mêmes égards que pour lui, et qu'il lui rendroit les mêmes honneurs. Le roi d'Angleterre le remercia en peu de mots des marques passées de son amitié, et de c^ qu'il venoit de lui promettre ; puis l'ayant embrassé^ le pria de ne pas rester plus long-temps dans un endroit si triste. Toute la cour de France vint aussi ^ Saint-Germain, et fut témoin de la piété et de la sainteté de ce héros chrétien. Le prince de Conti voulut y rester tout le temps, et m avoua que celte mort ie surprenoit et le touchoit infiniment. Il sembloit que Dieu Vouloit qu'on n'en pût ignorer toutes les circonstances, car pendant tout le temps de sa maladie le^, portes de sa chambre ne furent plus gardées, de manière que tout le monde y entioit^ et comme ses rideaux furent toujours ouverts, on le yoyoit dans sop
4^^ fï?*^*] MÉMOIKES
lit, où d'ordinaire il tenoit lesyeax teméSj pour être plus recueilli. Enfin le i6 septembi^, à trois heures après midi, il expira; et. dans l'instant nous allâmes chez le prince de Galles le saluer roi. Les rois de France et d'£spagne le reconnurent comme tel, et ce fat an des motife dont le prince d^Orange se sei^ vit pour engaffer le parlement. d'Angleterre dans la * guerre contre les deux couronnes.
[1702] Vers le commencement de cette ann^, le prince d*Orange moorat (0 ; et h dernière cbose qa*il fit avant que d'expirer fut de signer Tacte d'abjuration ^2) du jeune roi d'Angleterre.
Quelque nison que j*aie ponr ne point aimer la mémoire de ce prince, je ne puis pourtant lui refaser la qnaKtë de grand homme, et s'il n'avoit pas été usurpateur, celle de grand roi. Il avoit su dès sa jeunesse se rendre presque le maître de sa république, malgré le crédit et Fautorité des de-Witt. D avoit infiniment d'esprit, ëtoit habile politique, et ne se rebutoit jamais dans se^ projets, quelque obstacle qui se présentât. Il étoit très-eévère, mais naturellement point cruel; il étoit très^entreprenant, mais point général. On le soupçonnoit de n'avoir pas beaucoup de courage : toutefois on peut dire que du moins.il ëtoit brave jusqu*aii dégainer. Son ambition a paru dans tous les manèges qu'il a faits pour détrôner un prince qui ëtoit son oncle et son beau-père -, et cela ne peut avoir réussi que par nombre de voies aussi opposées
(t) Le prince d'' Orange mourut : Il mou ru i le 9 mars , à râg;e de cinquanle-dcux ans. — (2) Vacte d'abjuration : L'acie qui cxclnoit du trône le fils de Jacques 11, qu^on appela depuis Le chevalier de Saint- Georges,
DU MARÉCHAL DE BERWICK. [1702] ^og
an devoir d*iiii bomiéle homme que contraires au
christianisme.
Peu de temps après la paix de Riswick, le roi Très^hrëtien avoit proposé au roi d'Angleterre que a'il Tooloit lai$ser le prince d*Orange jouir tranquil» lemenl du royaume, il en assureroit la possession après sa mort au prince de Galles. La Reine, qui ëtoit présente à la conversation, ne donna pas au Roi son mari le temps de répondre, el dit qu^elle aimeroit mieux voir son fils mort que possesseur de la couronne au prtyudice de son père : ainsi le roi Tr^ Chrétien changea de discours. Il y a apparence que ce qu^il en disoit avoit été concerté avec le prince d*Orange; et ce fut, si je Pose dire, une grande imprudence de refuser une pareille oifre. '
Dès que le prince d'Orange fut mort, la princesse de Danemarck (i) fut proclamée reine sans aucune op* position. Le roi Jacques se contenta de publier un manifeste par voie de protestation, pour établir ses droits contre ceux de la reine Anne sa sœnr.
L'on trouvera le reste de ces Mémoires pins détiiillé, à cause que j'ai commencé cette année à écrire régulièrement tout ce qui se passoit.
Monséigneur le duc de Bourgogne fut nommé pour commander Tarmée de Flandre, ayant sous lui le maréchal de Boufflers. Teus ordre d'y servir, et me rendis à Bruxelles en même temps que ce prince. Nous y apprîmes que le maréchal de BouiEers ayant assemblé partie de Farmée de fantre côté de la Meuse , avoit marché pour attaquer le comte de Tilly à Santen. Dès
(i) D9 Omumareh : Anne, fille de Jais^et 11 , avoit ^poosë le prince ée Danennrck.
4iO [*7^^] MÉMOIRES
que les ennemis yirent arrÎYer ramée de Fnmce, ik décampèrent avec précipitadon , et eurent le foonbenr
de faire leur retraite sans être en aucune façon inquiëtés ni suivis. Ou blâma fort le maréchal , car il auroit pu aisément battre Tilly, qui étoit de la moitié plus foible que lui. Il est fiicile d*imaginer quelle auroit ëtë la conséquence d'un heureux succès au commencement de la campagne et de la guerre : outre que la lésée du siège de Kaysersvrivth. s'en seroit in£ûllt- Moment ensuivie « cela auroit donné aux troupes de France une supériorité et une réputation infinie.
Çe coup manqué, et monseigneur le duc de Bourgogne arriYé à Santen avec quelques troupes d^augmentation, tout le monde s'attendoit avec raison que nous ne demeurerions pas les bras croisés, vu que partie de ilarmée eonemie étoit occupée au siège de Kayseiswerth de Tautre côté du Rhin, et que le reste étoit en trop petit nombre pour s^opposer à nos entre» prises (car pour ce qui étoit des troupes allemandes, elles ne pouvoient joindre les alliés de plus de six se^ maines); mais, parla timidité du maréchal, ou par une fatalité malheureuse, nous demeurâmes tranquilles à Santen pendant presque tout le siège deKayserswerth. U n'est pas fort difficile de dire quelles entreprises on auroit pu former : la commodité de la Meuse offroit d*un cAté le siège de Grave, si Ton ne vouloit pas attaquer Maëstricht ; Cologne étoit une ville en deçà du Rhin, sans autres fortifications qu'une simple luurailie (la conquête en eût été aussi &cile qu'utile et éclatante) ^ Juliers se pouvoit attaquer, et nous auroit été très-commode pour la communication de la Meuse au l^hia : outre cela, on auroit pu passer le lUiin, soit à
DU MARâCHAI. DS BERWlCK. [1702]
Bonn ou près de Rhinberg , et marcher aa secours de
Kayserswerth. La seule objection qu'on eût pu faire à cette d€rnière propoftitioQ ëtoit que le Roi ne vouloit pas que les. armées passassent le Rhin , crainte de donner un prëteite à l'Empire de se déclarer contre la France -, mais pour les autres projets, il ne tenoit qu'à nous de les exécuter.
Le comte de Tidiard étoit sur les bords du Rhin avec dix<^hnit bataillons et trente escadrons. Il ent ordre d'incommoder les ennemis dans leur siëge , et de rafraîchir la place de temps à autre , d'autant qu'elle n*étoit point investie de notre côté di^ Rhin; et par conséquent on y entroit par ean tant que l'on yonloit. Le comte de Nassau-Saarbruck , qui coramandoit au siège avec dix-huit mille hommes , trouva beaucoup de difficultés, tant par rapport. à la vigoureuse défense des assiégés que par rapport an mauvais temps. Il avoit ouvert la tranchée du côté du Rhin : la pluie inonda partie de sa tranchée , et la garnison nettoya le reste; de manière qu'il fut obligé de recommencer de nouveau ses attaques. M. de Tallard mit quelques pièces de canon en batterie, pour incommoder leur nouvelle tranchée ; mais l'éloignement étoi( trop grand ponr faire beaucoup de mal.
Pendant que nous étions à Santen, Ton trouva moyen de faire sonder l'électeur de Brandebourg , qui se trouvoit alors à AVesel. On lui envoya plusieurs fois le sieur Bielk, colonel allemand; et l'électeur parut assez porté à faire un traité avec la France. Nous l'espérions d'autant plus qu'il avoit tout lieu d'être mécontent des Hollandais au sujet de la succession du prince d'Orange , et qu'il avoit fort à ccBur de se faire
4ia [>70^j MSMOI&BS
reconnottre loi de Pnisae , titre qa*il yenoit de prendre
du consentement de TEmpereur, mais que beaucoup de princes refusoient de lui donner. Nous comptions qu'en cas que le traité arec le Brandebourg réussit, il joindroit trente mille hommes de ses troupes ayec Télecteur de Bavière, qui en avoit vingt-cinq miJle; et que paria l'Empereur se trouvant fort embarrassé y et TEmpire n*osant prendre parti , nous passerions en même temps le Rhin, et, portant la guerre en Hol- lande, nous obligerions les Etats-généraux à demander la paix aux conditions qu'il nous plairoit. Ces ▼ues étoient grandes, et il étoit fort raisonnable de les suivre ; mais malheureusement Télectenr de Brandebourg n'agissoit pas de bonne foi , et dans les négocia* tiens il navoit d'autre but que celui de nous amuser pendant que nous étions dans son duché de Clèves, et par là nous obliger à aToir des ménagemens pour son pays. Nous lui fîmes offrir toutes les conquêtes que nous ferions sur le Khin, sur le Wahal en Hollande, ou dans le paya de Juliers, laissant au roi d'Espagne celles dont nous ferions la conquête en Flandre. U parut être flatté de ces espérances, mais ne se détermina pas, avouant que s'il n'étoit question que des Hollandais, il ne balaneeroit pas; mais qu'à r^[ard de l'Empereur il ne sayoit comment manquer aux paroles données et aux traités faits avec lui, tant que ce ' monarque en exécuteroit de son çôté toutes les conditions.
Pendant que tout ceci se passoit en allées et yenues,
le maréchal de Boulllers résolut d'attaquer le comte d'Atblone , général des Hollandais , qui se trouvoit campé à Clerebeek, derrière Glèyes. Pour cet efiet^
DU MIRÉCHAL DE BKRWICK. [170a]
nous nous mimes en mtrcbe le x8 de juin, et allâmes
à Nogernock, où Ton passa la nuit sans camper. Notre armée étoit composée de trente-sept bataiUons et de cinqnante^nenf escadrons, outre le corps de M* de Tallard, qui n'étoit plus qne de dix bataillons et de trente escadrons , et celui de Caraman , qui avoit neuf bataillons et onze escadrons. Athlone n'avoit que vingtsept bataillons et soixant&Kleuz escadrons. Le marqnii d^Alègre fiit détaché avec^elqne cavalerie ponr re^ connoître la situation des ennémis, et en les amusant nous donner le temps d'arriver sur eux. Ils ignoroient totalement notre marche, et a*imaginoient qne c*étoit lont an pins un gros parti qni rédoit; mais le soir ils furent informés de la vérité par un courrier que leur dëpécha l'électeur de Brandebourg. Ils résolurent ausaitàt de se retirer vers Grave, et décampèrent à hnit heures dn soir; mais comme il y avoit des défilés ponr sortir de leur camp, qu'il falloit que leurs troupes, leur artillerie et équipages passassent tous par le même chemin, et qne c'éuût la nuit, leur marche fut lente et fort embarrassée.
Le marquis d'Alègre se trouva en présence à cinq heures du matin, et ût ce qu'il put pour les amuser; mab ik continuèrent toujours lenr marche. A six henres, notre aile gauche arriva, et fnt bientôt jointe au grand galop par Faile droite. Les ennemis ne voyant pas de possibilité à gagner Gi^ve (car nous arrivions sur le flanc de lenr marche), et ne trouvant d^utre retraite que Nimègue , ib en prirent le chemin, et avec une telle diligence que notre cavalerie ne put ni les arrêter ui les charger, d'autant que leur infanterie étoit mêlée avec leur cavalerie , et qne notre
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îiifittterie ii*étoît pas encore arrirëe.. U n'y eat qne
cinq escadrons de battus par les rëgimens du Roi et de Doras, qui prirent un étendard , un lieutenant colonel» et qndqnet ctvdien. De cette manière, ks ennemis se retirèrent en bon ordre jusqu'à ennron vké portée de canon de Nimègue, où ils firent mine de tenir ferme, à Tabri de quelque infanterie qu'ils jetèrent dani des maisons, et derrière des haies qui s'y tronvèrent. Notre cavalerie *alors se mit en bataille; et cependant les bataillons ennemis s étant jetés dans le chemin couyert, leur cavalerie se mit sur le glacis, la cronpe descheranxaux palissades :*notfe in&nt^ rie arriva, nons nous approchâmes d'eux à portée lèfei mousquet, et l'on auroit pu charger la cavalerie dans cet instant ; mais on ne le ùt pas; j en ignore la raison. L*on ût avancer du canon qui tira ^ssos, têts qu'elle (H ancnn mouvement; mais enfin nos grenat diers s ciant approchés à la portée du pistolet, elle se débanda -, partie se jeta dans le chemin couvert comme elle put, et partie, en longeant le glacis, gagiia Vê bords du Wahal , et par là entra dans la ville. Gepéiîà dant le canon de la place tiroit sur nous, et commençoit à nous incommoder beaucoup : ainsi on se retira hors de la portée. Nous efimes environ trois cents hommes de tnës ou de blessés. On jugea que la perte des ennemis montoit à mille. Nous prîmes deux cents charrettes d'artillerie, trois cents autres charrettes, et mille chevaux.
Cette action, quoique peu considérable, ne laissa pas d'être aussi brillante que singulière ; car c'est une chose sans exemple qu'une arméç en ait couru une autre jpendant deux Ueues, et Tait culbutée dan9 le
00 uàAÈCBÂh Dfi BsavficK. [lyoaj
i^hemifi convert «Tune place , presque moê coup fiirir.
L'on s'ëtonnera peut-être qu'on ne les ait point chargés, ayant été si long-temps en présence^ mais Jes gens . dn métier compiendront aisément qne dans un pays de plaine, sans fossé, rarâe ni ruisseau, il n^est pas facile de joindre un ennemi qui a mille pas d'avance, que lorsqu'il arrive au défilé^ et de plus notre infanterie tt'étoit pas encore arrivée. A la vérité , si de Norguenow, où nous passâmes la nuit, nous nous étions mis en marche deux heures plus tôt, nous aurions trouvé Tannée ennemie sortant du déâlé de Cranenbourg, et elle n*auroit pu nous gagner dn pied, ni par conlsëquent éviter la bataille. Quelques personnes proposèrent d'attaquer l'armée ennemie dans le chemin couvert, attendu que de la place on n'oseroit titer stir nons, crainte de tuer ^également amis et ennemis, et que si nous les y battions ils anrotent tous été tuës ou pris; peut-être même que dans la confusion nous eussions entré péie-méle avec eux dans la place : mais on fut si long-temps à délibérer sur cette proposition, qu'il n'y eut plus moyen de Texécuter; car de pareils coups se doivent faire dans l'instant, et sans donner le temps à renuemi de se reconnoilre.
Nos soldats se répandirent dans tout le pays, où ils trouvèrent un butin considérable y car les habitans se croyant en sûreté, n'avoient rien emporté.
Le lendemain 12, nous vînmes camper à Donsbruck, auprès de €lèves* Le comte de Tallard et Caraman, qui n*auroient pu arriver à temps si nous avions eu bataille, campèrent dans notre voisinage, et Athlone se plaça de l'autre côté du Wahal. Peu de jours après, Kayserswerth se rendit, après avoir &it une très-belle
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défieofle^ et conté h cwM a c mp de mondf an ennemis.
L*ëlecteor de Brindebooi^ , qui était aH#à La Haye , nous voyant encore plus avant dans son pays, nous ût sonder par deux gentilshommes, qni se rendirent à Cièret ponr fsrar «i m élMiit tamjfomm ^ane Ënte»tion de traiter atec Ini, et qtt>n ee cas il consendroit à une neutralité. Quoique nous dussions avoir pour snspect tont ce qui venoii de sa part après ce«qai s'étoit pané, on ne laîna pas^de répondce wStmmÊA' vement; snr quoi les deux émissaires envoyèrent nn courrier à La Haye, et eurent, parle retour, des lettres éeMiance. La conr de France envoyaausai^iu^ plein pettTMT à M.ie BHurécliaLdefioiiJtanf nunaâOQl cela n*abontit à rien , car dès qu'on tomboit d'accord de <|uelque article 1 électeur proposoit quelque chose de nouTcan : aussi, ne cherchant qn^Mua amuser, il alongea k n^jociation jii8qn*4 ce ipeàMnB fi icoi aa fl aortia de son duché de Clèves , et alors,ii rompit à-iait avec nous.
Les fourragea devenant rarea, et voulant d'ailleurs '4tre plna à portée d*obsenrer les ttouvemena dea ennemis, qui se rassembloient derrière Nimègue, nons allâmes camper dans la plaine de Goch; nous fimes aussi faire deux ponts sur la Meuse, aân de fourrager de Tantro côté, et de poayoir passer s'il en éloit besoin.
Vers le 1 5 de juillet, M. de Marlborough, à qui les Hollandais avoient donné le commandement de leurs amUéea, ainsi -qu'il Tavoit des troupes anglaises, vint camper auprès de Grave , d*où le 26 il passa la Mense ;
sur quoi nous décampâmes de Goch,passâmesla Meuse à Ruremonde, et allâmes camper à Bray. Nous avions.
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par ordre de la conr, envoyé un détachement en Âl«-
sace^ de manière que, le comte de Tallard compris, et tous Jes autres corps ayant rejoint, nous n'avions que soixante-âix bataillons et cent quatorze escadrons. Les ennemis avoient soixante-cinq bataillons et cent trente escadrons, outre une douzaine de bataillons et une vingtaine d'escadrons à portée de les joindre en vingt-quatre heures. De Bray, nous nous avançâmes à Lonoven , d*oà nous allâmes à Berînghen. M. de Marlfborough proposa de marcher à nous en passant le défilé de Peer, moyennant quoi la bataille étoit inévitable sur les bruyères; mais les députés des Etats-généraux n'y voulurent jamais consentir, non plus qu*à nous attaquer dans notre camp de Lonoven : ce qui fut fort l^eureux pour nous, car nous étions postés de manière cfue nous aurions été battus sans pouvoir nous remuer, notre gauche étant en Taîr, et notre droite enfoncée dans un cul-de-sac entre deux ruisseaux.
Après avoir passé la Meuse , nous aurions dû rester du côté de Bray ou d'Ath, au lieu de nous aller promener dans les bruyères : par là nous aurions mis Ruvemonde et le Brabant à couvert, d'autant que les ennemis ne pouvoient rien entreprendre ni sur Tun ni sur Tautre sans nous avoir auparavant battus ou chasr sés de là. Notre unique intention étoit donc d'empé^ cher les ennemis de tirer des convois de Bois-le-Duc, et par là les obliger de se rapprocher de leur pays, faute de vivres , parce que nous ne comptions pas qu'ils pussent en tirer suffisamment de Maëstricht. Ainsi nous allâmes camper à Kythoucn, d'où je fus détaché avec six bataillons, six cents grenadiers, treize esca-r drons et douze pièces de canon, pour occuper £n« T. 65. . .
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dooeo, âi deux Keiies de notre giodie, sur laDonel.
J appris a mon arrivée qu'ii <?loit parti un convoi conftidéiable de Bois>le-Duc , et je vis M. de Tiily qiu veneit de Tannée des ailiéa pour aller à sa renconlre. An lien de fidre fesser le convoi fnr Tantre eolë de la rivière d'Aa, il se campa à la franquette sur la bruyère à Geldrop , à cinq quarts de lieue de mon camp : il aToit environ trente escadrons et nne douzaine de ba* taillons.
J'envoyai à dix heures du soir en avertir le maréchal de BouiHers, et lui proposai en même temps de me faire joindre par l'aile gauche de Tarmée; moyennant cpoi nous pourrions à la pointe du joortomber sur M. deTilly. Le courrier ne rendit ma lettre qu'à quatre heures du matin, de manière que 1 aile gauche ne put se mettre en marche qu*à six. Le maréchal me manda que monseigneur le duc de Bourgogne et lui seroient aussi de la partie , et que je pouvois toujours m' avancer avec mes troupes sur Tennemi : ce que je &s aussitôt ea passant la Domd et le ruisseau de Tongrelope» et me mis sur le bord de k bruyère à une petite demilieue de M. de Tilly. Le maréchal étant arrivé, ne jugea pas à propos d'attaquer, craignant que Tarmée ennemie ne vint droit sur Endouen pendant que nous serions aux prises avec M. de Tilly, et ne coupât notre retraite ; mais cette appréhension étoit frivole, vu qu'il y avoit trois lieues de là à Tarmée ennemie, et que nous aurions eu le temps de battre M. de Tilly, dé* truire le convoi, et repasser la Tongpelope et la Dôme 1 , avant qu'il fût possible à M. de Marlborou^h d'arriver ^ et quand même il auroit pu arriver, notre retraite se pouvoit fiiire en longeant de Vautre côté
DU MARÉCHAL DE BERWiCK. [1702] 4^9
de la ToDgrelope, et puis passant la Domel au-des- ,8oas d^ndouen. De plus, comme nous cherchions les
occasions de batailler, il n'y avoit qu'à faire marcher toute l'armée ^ et si l'ennemi s'avançoit, le combattre dans ces belles plaines, feus donc ordre de repasser la Tongrelope , et de me mettre en bataille «or la bruyère, de l'autre côté du pont dEndouen-, ce que j'exécutai. Tilly se mit en marche, et se plaça à couvert de VAà, L'armée ennemie ayant appris ce qui se passoit, se mit d^abord en mouvement pour venjr ati secours du convoi^ mais, sur la nouvelle de notre rétrogradation, elle rentra dans son camp, d'où quelques jours après elle alla àPeer. Nous primes le même chemin par la bruyère ; et ayant su que M. de Marlborough se portoit vers Helectren, nous marchâmes à lui à dessein de i attaquer. Dès qu'il nous vit paroitre, il fit halte, et se mit en bataille; mais comme nous avions nombre de d^filé^ à passer, il étoii près de quatre heures après midi avant que nous pussions également nous y mettre : ^nsi, comme il ne nous restoit pas assez de jour pour reconnc^tre la situation des ennemis et les attaquer, le reste de la joumëe se passa en canonnade de part et d'autre. Nous eûmes une trentaine d'piiiciers et deux cents soldats de tués : les ennemis en perdirent, je crois, plus^ car leur droite ëtoit fort exposée, et notre artiUerie mieux servie que la leur. Le lendemain 24 août, dès la pointe du jour, monseigneur le duc de Bourgogne fit appeler tous les lieuteuans généraux , pour savoir leur sentiment. Nous avions tous été la veille reconnoitre la position des ennemis. Leur droite étoit appuyée à des haies où ils avoient mis un très-gros corps d'in-
fanterie, et ëtoit couverte en avant par un ruisseau marécageux leur gauche ëtoit appuyée au ruisseau dé Beringhem, et couverte par les censés de Sphippelback, qu'ils avoient pareillement farcies d'infanterie : leur front ëtoit sur une hauteur qui rëgnoit de la droite à la gauche, et en avant, à la demi-portée du canon, se trouvoient plusieurs marais et flaqges d'eau ^ ce qui nous auroit obligés à dëûler, et il ne nous auroit pas été &cile de nous reformer si près de Feryiemi, qui pouvoit tomber en bataille sur nous.
*Berritîre leur armée se trouvoit le ruisseau d'Helectren, lequel étant bon, nous ne pouvions les tourner. Les choses ainsi reconnues et expliquées, tout le monde décida que le poste des ennemis ëtoit inattaquable; et ainsi il fut décidé que ne pouvant, faute de pain et de fourrages , rester où nous étions , l'on se retîreroit à Feutrée de la nuit par le même chemin par où nous étions venus; ce qui fut exécuté sans que les ennemis nous inquiétassent. Le lendemain, ils nous firent suivre par quelques troupes; mais le tout se passa en escarmouches. L*armëe de monseigneur le duc de Bourgogne ëtoit alors de soixante -dix bataillons et de cent quatorze escadrons; celle des ennemis, de quatre-vingt-douste bataillons et de cent cinquante escadrons.
Le duc de Marlborough , après toutes ces marches et contre -marches , se trouvant entre nous et les places de la Gueldre, ne songea plus qu*à en £iire la conquête. U commença par le siège de Venloo ; sur quoi le duc de Bourgogne fit encore assembler les officiers généraux, pour voir ce qu'il y avoit à faire. U fut résolu qu'on ne pouvoit présentement s'opposer
au.^ progrès des ennemis de ce côtë-là^ et voici les raisons qu*on eut.
Pour secourir la Gueidre, il falloit ou battre les ennemis, ou arriver auprès des places : à l'égard du premier point , tout homme de guerre sait que ce n'est pas chose &cile de battre des gens qui ont eu le temps de se placer, et qui ont des postes excellens. Si 1 ou avoit voulu tourner les ennemis, ils n'auroieut aussi qu'à se tourner par leur droite à couvert de la Nèze, qui tombe dans la Meuse, entre Ruremonde et . Yenloo ; où par leur gauche s'appuyer au château de Stacken d'un c6të, et à des marais et bois de l'autre. A l'égard du second, savoir, d'arriver aux places de la Gueidre, il n'y avoit que deux chemins à prendre, celui de Ruremonde et de Steventv^ert, ou celui de Liège, pour y passer la Meuse, et se porter par l'autre côté. Pour ce qui étoit d'aller à Ruremonde ou Ste- ▼entwert , les ennemis nous en barroient le chemin , par la position qu'ils avoient prise. Reste donc à aller à Liège :1e tour étoit si grand, qu'il falloit presque autant de temps pour le faire que pour prendre Yenloo y mais quand même cela n'auroit pas été , dès que nous aurions eu passé la Meuse les ennemis en aùroîent fait autant, et se seroient mis toujours entre nous et la place assiégée^ ou, s'ils eussent voulu, ils n'avoient quà quitter leurs entreprises sur la Gueidre, et mar^ cher droit à Bruxelles, Louvain et Malines, en un mot prendre tout le Brabant : de plus, nous étions si fort gênés par nos vivres, que nous ne pouvions nous en écarter sans courir risque de faire périr Tarniée ; outre que les ennemis avoient vingt bataillons de plus que nous, et que chacun de leurs balailious avoit au
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moins cent hommes de plus qne les nôtres. U £ut donc déterminé que nous ne songerions pas au secours de
la Gueldre, mais qu'on tâcheroit de faire quelque diversion en Flandre.
Pour cet elFet, M. d*Usson, lieutenant général, fut détacbé avec quelques troupes pour aller joindre le marquis de Bedmar, gouverneur des armes dans les Pays-Bas. Celui-ci marcha à Hultz, et d'ahord il se rendit maître de quelques redoutes \ mais le commandant de la place ayant lâché les eaux , il fiillut abandonner l'entreprise. On auroit dû l'avoir prévu, et ne point exposer les troupes des deux couronnes à une retraite honteuse et précipitée. U nous en coûta cinq cents hommes.
Le Roi, voyant le mauvais train que prenoit cette campagi^e, ût revenir de Tarmée monseigneur le duc de Bouigogne, afin qu'il n'eût pas le déshonneur d'être unicpiement spectateur des conquêtes de M. de Mariborou"h.
Les ennemis ayant ouvert la tranchée, et fait brèche au fort de Saint-Michel, le prirent d*assaut. Yenloo se rendit (0 au bout de dix jours de tranchée ouverte; Steventwert dura très-peu, etRuremonde capitula ^) le cinquième jour de tranchée. Nous nous étions avancés à Tongres pour observer les ennemis» et faire semblant de vouloir les empêcher de s*avancer davantage. Le comte de Tallard avoit été détaché avec dix-sept bataillons et vingt-cinq escadrons, pour aller retirer de Bonn l'électeur de Cologne. Il le fit, et laissa dan» la place onze bataillons et quelques escadrons, aux ordres de M. d'Alègre. Ensuite l'électeur s'approcha
(1) Se rmuUts Le a3 Mpiembrc. — (3) Capitula : Le 9 octobse.
ou MAHÉCHiUL û£ BERWiCK. [1702] 4^3
de Cologne : cette TÎne, craignant le bombardement, fit un traité de neutralité, et s'en^^agca à n'avoir que huit mille deux cents hommes de garnison, et cela seulement des troupes de Westphalie; à permettre le commerce, et à chasser un officier qui avoit fait tirer du canon contre l'électeur. Pour montrer leur bonne foi, les magistrat^ firent dans Tinstant sortir de la ▼ille deux bataillonii^ollandais qui y ëtoient en garnison. De Cologne , Tallard marcha à Luxembourg, puis à Trêves, et prit ensuite Traërback. M. de Marlborough nous voyant si foibles, et si peu d'humeur i noua opposer à sea entreprises, résolut de profiter du temps et de Foccaition , et proposa aux dëputës des Etats-généraux le siège de Liège. D'abord ils s'y opposèrent; car les Hollandais naturellement ne vouloient point d'action dont le sort ponvoit être douteux, sachant que les batailles décident des Etats , et les peuvent dans un instant culbuter. Ils craignoient donc que, rassemblant toutes nos forces, nous ne vinssions les attaquer : mais Marlborough leur ayant fait voir clairement que le détachement que nous avions envoyé en Allemagne, et celui de M. de Tallard, qui étoit allé sur la Moselle, nous avoienttel^ lement aiToiblis que nous n-oserions hasarder un corn* bat, les députés enfin consentirent à |*entreprisei
Cependant le maréchal de BoufHers se trouvoitdans un embarras terrible : quoique brave de sa personne, il craignoit les ennemis; et d*un autre côté il savoit les discours qu*à la cour et à Tarmée on tenoit sur son compte. Il n'avoit pas assez de troupes pour chercher à livrer bataille, n'ayant que soixante-deux bataillons etquatre-vingt-nx escadrons ^ d*un autre côté,
4^4 L'>^^3 MhMOia£S
il ne lui ëtoit plus possible maintenant de couvrir
Liège et le Hrabant. Il falloit donc opter, et c'est ce qui raiHigeoit. En ellet, quelque parti quil prît, il ëtoit toujours sûr de faire quelque perte considérable, et par conséquent d'être blâmé : à la vérité, s*il avoit voulu prendre ses mesures dès qu'il eut abandonné la Gueldre, il auroit pu faire un byi camp retranché sous Liège, ainsi que les ennenln l'avoient pratiqué la dernière guerre; moyennant quoi, en y laissant trente ou trente-cinq bataillons, la place auroit été en sûreté : avec le reste, il se seroit tenu derrière les Gettes, ce qui auroit couvert le Brabant; mais il n*en avoit plus le temps : ainsi il se contenta de jeter huit bataillons dans les châteaux et citadelle de Liëge. Le ï3 octobre, les ennemis arrivèrent devant la ville, qui leur ouvrit les portes \ les batteries commencèrent k tirer le 20 contre la citadelle. Ils en attaquèrent le !x3 le chemin couvert, et y trouvèrent si peu de résistance , que voyant une brèche faite au corps de la place, et le fossé peu profond, ils montèrent à Tassaut, et emportèrent la citadelle. Le sieur de Violaine, qui y conimandoit, ne put jamais excuser sa négligence : il n avoit fait aucune disposition, et ne parut à la téte des troupes que lorsque les ennemis étoient déjà maîtres de la place. Dès que nous apprîmes cette triste nouvelle, nous rentrâmes dans nos lignes à Jandrin, mettant notre droite près de BonefT sur la Mébaigne, et notre gauche au ruisseau de Josse.
La Chartreuse de Liège ne fit pas une plus longue défense que le reste. Dès que le canon commença à tirer, la garnison capitula j après quoi les ennemis ne songèrent plus qu*à se séparer, ce qu'ils firent dans
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les premiers jours de novembre , à notre grand contentement^ car, dans Je train oii nous étions de laisser tout faire, ils n'auroient trouvé de notre part aucun obstacle à leurà entreprises. Notre armée fot aussi renvoyée dans les quartiers d'hiver.
Le maréchal de Villeroy, qui étoit prisonnier en Allemagne, revint cet hiver à la conré Voici son aventore en peu de hiots. Vers la fin de la campagne de 170 1, le Roi , peu content de la conduite du maréchal de Catinat, lavoit envoyé commander l'armée d'Italie, sous les ordres du duc de Savoie, généralissime des deux couronnes. Il y donna le combat de Ghîari, oii nos troupes furent repoussées, et très-malmenées ; ensuite ayant mis pendant l'hiver son quartier général à Crémone, et cette ville ayant été surprise par le prince Eugène, il y fut pris, et emmené'en Âllema'» gne. Jamais peut-être il n'est rien arrivé à la guerre de plus singulier : une armée surprend une ville, y prend le général ; et toutefois les troupes qui s*y trou*» vent, quoique beaucoup inférieures en nombre, dis* persées dans diiférens quartiers, sans chef et sans ordre, ont la fermeté de courir de toute part sur les ennemis, et enfin de les recbasser totalement de la ville,
[1708] Le Roi, qui aimoit tendrement le maréchal de Villeroy, fit tant solliciter lEmpereur, que celuici le relâcha; et aussitôt il fut nommé pour général de Tarmée de Flandre , ayant sous lui le maréchal de Boulîlers, dont hi cour n'étoit que médiocrement satisfaite. Je resservis encore dans cette armée.
Dès les premiers jours de mai, les troupes commencèrent à s'assembler^ et le septième, nous campâmes
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rn front de bandit're à TirJemont, avec cinquante bataillons et cent escadrons. Le dessein du maréchal de ViUeroy ëtoit de tâcher de surprendre quelques quartiers des ennemis dispersés le long du Demer et du Jarre, et de profiter de Tabsence du duc de Marlborough , qui dans ce temps-là faisoit le siège de Bonn.
Nous marchâmes le 9 mai par la grande chaussée, et investîmes tout à coup Tongres, où il y avoit deux bataillons.
M. d'Owerkerque , général des Hollandais, qui conraiandoit dans Tahsence de M. de Marlborough , ayant appris'que nous nous assemblions, avoit résolu de venir se camper, avec ce qu'il pourroit ramasser de troupes, sur les hauteurs de Tongres, mettant sa gauche à la ville, et la droite tirant vers Hasselt, moyennant quoi il suroît été dans un poste excellent, et nous auroit barré l'entre-deux du Demer et du Jarre *, mais notre diligence rompit ses mesures : ainsi il fut obligé de se camper auprès de Maëstricht, pendant que nous attaquâmes Tongi^s. Nous n*y obseï^ vâmes pas grande cérémonie, la ville n'ayant pour toute défense qu'une muraille, flanquée de quelques méchantes tours; On planta du canon, qtli tira Je même jour. Le lendemain, comme il commençoit à y avoir br^che, la «garnison se rendit à discrétion » : nous y prîmes les équipages du duc de Wurtemberg, général des ]>anois, et du major général Herbo; Nous nous campâmes ensuite, la droite à Bedoé sur le Jarre, et la gauche sur les hauteurs tirant vers Hasselt-, et nous laissâmes Borkloën derrière nous.
Le maréchal de ViUeroy voulut ensuite faire une
(0 Le tooMi.
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tentative sur les ennemis. Pour cet effet, nous fîmes une marche de nuit, et arrivâmes le i4 à huit heures du matin en présence ; nous les trouvâmes en bataille,
Ja droite à Pelersem, et la gauche à Maëstricht : mais peu de temps après, avant que notre infanterie fût arrivée, ils rehaussèrent leur droite. Nous reconnûmes leur situation , pour voir la manière dont il faudroît faire les dispositions de la bataille -, mais , après avoir bien examiné, nous jugeâmes que le poste étoit inattaquable. Leur droite étoit appuyée à Lonaken, village très-fort, situé sur une hauteur qui dominoit toute la plaine; et leur front étoit couvert par un chemin creux qui va de Lonaken à Maëstricht. Leur armée étoit de trente-cinq à quarante bataillons, et d'environ soixante -dii[ escadrons. Le maréchal de Villeroy ayant trouvé les avis de messieurs les officiers l^énéraux conformes aux siens, remarcha le môme* jour à son camp, près de Tongres.
Le duc de Marlborough ayant pris Bonn ^0, où le marquis d'Aiègre fit une très-belle défense, revint joindre Owerkerque. Son armée se trouva composée ' de soixanite-cinq bataillons et de cent vingt escadrons. Il' passa le Jarre auprès de Maëstricht, et se campa à Outem -, sur quoi nous mîmes notre gauche près de Tongres, et la droite vers le bois d'Hernous, nous étendant le long du Jarre. Les ennemis marchèrent ensuite par leur gatiche, et nous par notre droite; et cette manœuvre dura îe reste du mois. Mais, avant que de continuer à faire le détail de cette campagne, il est à propos de faire quelques raisonnemens sur les" ' • projets et desseins des ennemis. Ayant vu que Tannée
(0 Le i5 mai.
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précédente nous nous étions opposés aussi foiblement qu^inutilement à leurs entreprises, et sachant d'ailleurs que pendant l'hiver nous avions envoyé sur le Rhin un nombre considérable de troupes, ils ne doutèrent pas que leur supériorité sur cette frontière ne fut si grande, quUls n^auroient qu*à se déterminer sur le choix des conquêtes; et sur ce pied ils firent les préparatifs nécessaires pour rexécutioti de leurs projets : dès cjue Bonn seroit pris, Anvers et Ostende dévoient être les premières villes attaquées, la première au profit des Hollandais, et Tautre pour les Anglais, qui avoient fort insisté sur cela pendant Thiver, et qui n'a voient même consenti au siège de Bonn quà cette condition. Us étoient tous persuadés que nous ne pouvions mettre vingt mille hommes ensemble : aussi furent-ils bien surpris quand ils nous virent enlever Tongres, et leur présenter ]a bataille auprès de Maëstricht. Toutefob ils ne furent pas encore détrompés, s'imaginant à la vérité que nous avions plus de troupes qu'ils n'avoient cru, mais aussi qu'excepté ce qu'ils voy oient nous n avions plus rien dans tout ie pays. C'est sur ce principe que M. de Marlborough, dès qu'il fut arrivé, passa le Jarre, afin de nous attirer sur la Méhaigne , et par là nous éloigner de la Flandre , vers où il faisoit par les derrières filer des troupes, ne doutant point qu en nous tenant de ce côlj^i en échec il ne \mt sans obstacle faire exécuter les desseins projetés. Sa surprise fut des plus grandes quand il sut que le marquis de Bedmar assenibloit un corps considérable près d'Anvers, et qu'on formoit encore deux camps près de Gand et de Bruges. Résolu de voir s'il ae nous embarrasseroit pas, il fit embarquer du canon
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à Maëstricht, comme pour attaquer Huj ; il en fit autant à Berg-op-Zôom, et même en Hollande : il fit
descendre des troupes par eau à Li]lo, au Sas de Gand etàL'£cluse, afin de nous douuer jalousie pour toutes les places de Flandre. Mais voyant que rien ne nous ëbranloit, il fut à son tour assez embarrassé; car d'un côté il avoit fort envie de faire quelque chose, et ne voyoit pas trop jour à le pouvoir^ et (Je l'autre côté il ëtoit fort pressé par TEmpereur de lui envoyer un secours considérable, sans quoi ce prince dédaroit qu'il ne pouvoit résister aux Français et Bavarois, qui venoient se joindre au centre de TAllemagne. Ce dernier motif le détermina à faire marcher au*delà du Rhin quelques troupes , et à continuer de voir s*il pourroit nous entamer de quelque côté.
Il faut observer qu outre les soixante-cinq batail^ Ions et les cent vingt escadrons que les ennemis avoient dans leur camp, ils avoient une trentaine de bataillons et autant d'escadrons dispersés de|)uis Brada jusqu'à L'Ecluse, indépendamment de dix bataillons, et quelque cavalerie, qui bloquoient la ville de Gueldre. Nous avions alors dans notre armée soixante-trois bataillons et cent un escadrons ; le marquis de Bedmar avoit à ses ordres , tant auprès d'Anvers que du côté de Gand, Bruges, Ostende et Damm, quarante bataillons et vingt -sept escadrons. Je ne comprends ni ce qui étoit dans nos garnisons, ni dans celles de nos ennemis.
Pour revenir aux mouvemens qui se firent de part et d*autre , le 9 juin , les ennemis remarchant par leur gauche, se vinrent camper la droite à Timecourt, et la gauche près de Warfusé^ sur quoi ^ nous remon-
Urnes par notre droite jusqu au-delà des sources du Jarre, et nous nous plaçâmes dans Fentre-deux du Jarre et de la Mëhaigne , afin de barrer le chemin
aux ennemis : notre droite ëtoit près de BrelF sur Ja •Méhaigne, et notre gauche à Drion sur ]e Jarre. Comme il n y avoit plus de rnîsseau qui séparât les deux armëes, qui n*ëtoient éloignées que d'une lieue ii demie, nous mîmes beaucoup d'infanterie dans Tourine» village situé très-avantageusement an centre de notre camp : Ton ât aussi quelques redoutes le long de notre frdnt, et Ton retranoba Drion. Les ennemis ne jugèrent pas à propos de nous attaquer : ainsi il n'arriva aucune action considérable, seulement quelques »petites escarmouches, à roccasion des fourrages que nous fîmes près de leur camp.
Le duc de Marlborough, qui voyoit qu'il ne pouvoit rien entreprendre de considérable quen déplacaiit notre année, ou du moins les différons 'corps qjoe nous avions à portée de nos pmcipales places , or>-> donna à M. de Coliorn de tenter une irruption dans Je pays de Waës, afin d'y attirer le marquis de Bedmar, qui se tenoit campé sons Anvers. Si Bedmar quittoit son poste, Obdam, qui étoit avec un gros corps près de Lillo, auroit dans l'instant marché sur Anvers, et se seroit placé derrière la Skene^ Cohora lauroit joint m diligence, et toute Tannée y auroit marché à tire d'aile* Selon les apparences, ayan): leur dessein formé, ils y seroient arrivés avant nous, et en ce cas Anvers étoit perdu.
Ceborn fit «quelques mouvemens, et prit mâme 'quelques po^es dans le pays de Waës.
Marlborough «décampa le 27 juin, pa&sa le Jarre
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ao-des8ii8 de Tongres, étendant sa droite vers Borckloën. Comme nous jugions qu'il avoit dessein de passer le Demer, nous nous portâmes entre Avesnes et Lewes.
Les ennemis le lendemain s'étendirent à Bilsen ; SUT quoi nous nous rapprochâmes de Diest , afin de
pouvoir nous placer derrière le ruissciau de Benegiien, et baiTé'r aux ennemis le chemin de Lierre et d'Anvers : mais comme nous vîmes que les ennemis n*avoient pas encore passé le Demer, et (]iie nous apprîmes que M. d'Obdam étoit veim campera Ekeren à une lieue d'Anvers, en deçà de Lillo, le maréchal de BouiBers fut détaché avec trente escadrons, dont la moitié étoit de dragons, et trente compagnies de grenadiers, pour aller, conjointement avec le marquis de Bedmar^ attaquer Obdam. Ce général ennemi ne fot en aucune &con averti de cette marche , de manière que la première nouvelle qu'il en eut fut lorsque ses gardes avancées lui annoncèrent Tarrivce , de nos troupes sur eux : ce qui est encore fort surprenant, c'est que nos gens eurent toutes les peines du monde à trouver Tarmée ennemie, quoiqu'on sût qu'elle étoit campée à Ekeren- l'on fut très-longtemps à la chercher avant que de la pouvoir découvrir, tout comme quand un piqueur cherche à détourner dans un bois un cerf ou un sanglier : oe qui fnt cause qu'on n'arriva que vers les quatre heures après midi. D'abord notre cavalerie et nos dragons, qui avoient pris lesidevants, poussèrent quelques troupes ennemies jusqu'auprès de-leur camp ; mais leur infanterie les fit retirer. La nôtre étant ensuite arrivée, on chassa les:ennemis du village d'Ekeren, et alors
îk ne songèrent plus qu'à ^se retirer à Lillo : cela ne . se ponyoit <{oë par nne chanssëe, à cause que tout le
pays est coupé par des >valergans, des fossés et des haies. On es^ya d'inquiéter leur retraite ^ mais iJs Ja firent en bon ordre., et repoussèrent vivement ceux cpii les approchoîent. Quelques brigades de nos troupes ayant chargé, furent battues à plate coutore, et se retirèrent même en désordre dans les lignes d^Anvers, Durant que cela se passoit à la gauche, nos dragons et quelques bataillons s^étoient emparés d'un village qui se trouvoit vers le milieu de la digue, entre Ekeren et Lillo j de manière que si nos gens s'y ëtoient maiatenus (chose très-focile au moyen d'une coupure on retranchement sur la digue qu'on auroit pu faire en un quart-d'heiue), les ennemis eussent été obligés de se rendre, n'y ayant point moyen de se sauver par ailleurs : mais ceux qui se trouvèrent chargés de cette commission ne firent rien du tout^ en sorte que les ennemis, qui n'avoient d'autre ressource, attaquèrent avec tant de furie, que nos gens leur laissèrent le passage libre. Quelques troupes les suivirent; mais le grand feu qu'ils firent, le bon ordre qu ils observèrent, et la nuit, mirent fin au combat. Cependant la plus grande partie de nos gens croyoient avoir perdn la bataille ^ si bien que durant l'obscurité l'on se retira sur la bruyère, auprès de la cavalerie qui y ëloit restée. Le jour venu, on envoya reconnoître'^ et comme Ton vit que les ennemis s'étoient entièrement retirés, on fit retourner les troupes sur le champ de bataiUe , avec nn grand bruit de tambours, timbales et trompettes. L'on prit quatre pièces de canon, deux gros mortiers et quarante petits,
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toutes les mimitions de guerre , to^t le bagage , quelques drapeaux; et Ton fît environ huit -à neuf cents prisonDÂers, avec la comtesse de TiUy habillée eu amazone, laquelle était yenae ce jour-là dîner au camp. M. d*Obdatn, général de cette armée, voyant qu'on marchoit pour l'attaquer , se crut si bien battu , qu'il se sauva à toutes jambes à Berg-op-Zoom , où il annonça tout perdu. Le lieutenant général Schulemboui*g resta avec les troupes , et acquit par sa belle manœuvre autant de réputation que son chef en re- . cueillit de honte. L'on ne put dire combien les en^ nemîs perdirent de monde ; mais de notre côté la perte montoit an moins li deux miHe bommes.
Autre chose extraordinaire , c'est que quoiqu'il n'y eût que neuf lieues de Diest à Ekeren, et que Tac- • tion se fut passée le So, nous n'eûmes avis de cette affaire que le 2 de juillet. L'on peut juger de l'inquiétude où nous étions tous, et surtout le maréchal de Villeroy , dont le fils aîné , lieutenant général , étoit du détacbement. Nous avions entendu le feu du combat; et le silence de M. le maréchal de Bonfflers et du marquis de Bedmar, joint aux mauvais rapports de quelques officiers blessés, nous faisoit avec raison appréhender quelque catastrophe.
Ayant appris que les ennemis avoîent passé le Demer à Hasselt, et étoient venus camper à Beringben, nous ne jugeâmes pas à propos, attendu Je détachement que nous avions fait, de nous exposer en plaine : ainsi, au lieu d'aller à Beverlo, comme d*abord nous en avions eu intention, nous passâmes le Demer une demi-lieue au-dessous de Sickem, et • . allâmes le premier de juillet nous camper auprèà T. 65. ' . a8 .
d'Aracot, derrière les lignes qui alloieBt d*Àrscot à Lierre. Quelques jours après le maréchal de Bouffie»
nous ayant rejoints, comme aussi quelques autres troupes du marquis de Bedmar, nous sortîmes de nos lignes, afin de £ûre croire aux ennemis que nous ne demandions pas mieux que de nous battre ; mais nous n'avions pourtant intention que de faire bonne contenance, de tâcher de dillérer la jonction des troupes de Cohom avec celles d'Obdam (sans quoi nous étions bien assurés que le duc de Marlborongb ne nous attaqueroit pas), et d'être toujours en situation de couvrir toutes nos places, tant eu deçà qu'au-delà de TEscaut. Après {Plusieurs marches et contre-marches faites de part et d'autre , enfin nous nous campâmes à Saint- Job, la droite à la Skene, et la gauche dans la plus belle plaine du monde.
Le aS, les ennemis vinrent camper à une lieue et demie de nous. L*après-dlnée^ le duc de Bfarlborough vint avec tous les officiers généraux pour nous reconnoitre \ sur quoi plusieurs personnes qui avoient déjà proposé au maréchal de Villeroy de se retirer dans ses lî^es le pressèrent de le faire dès le soir même, pour ne point s exposer à y entrer trop précipitamment, manœuvre toujours dangereuse et peu honorable : mais le maréchal n*y voulut point consentir, alléguant pour raison qu'il falloit cacher le plus long-temps qu'on pourroit Tordre qu'il avoit de ne point combattre ; et qu'ainsi , tant que le camp de Lillo ne seroit pas à portée de joindre les ennemis , il falloit faire mine de les attendre de pied ferme , d autant que lorsque nous verrions la jonction prête à se faire , .et même les ennemis commencer à déboi:^
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cher snr la bruyèro, nous aérions encore à temps de rentrer dans nos lignes, dont nons n'étions qu*à une
lieue. Nous avions fait un si grand nombre d'ouvertures pour y arriver, que dans une heure de temps nous y aurions été. Le terrain étoit aussi très-fiiyorable pour la retraite, y ayant force haies que nons aurions farcies d'infanterie , de manière que la cavalerie ennemie neût osë nous inquiéter^ et pour ce qui est de leur infanterie, elle ne ponvoit jamais arriver à temps , ayant une lieue et demie de bruyère à traverser : on se contenta donc de renvoyer les gros bagages. Le lendemain 24* ^ons apprîmes par nos partis que le camp de Lillo, fort de vingt-six bataillons et d'autant d'escadrons, ayant marche de nuit , étoit arrivé le matin à Capelle , à une lieue et demie de notre gauche ^ nous entendîmes même le signal de son arrivée par un coup de canon qu'on y tira. Nous vîmes peu après l'armée ennemie commencer à déboucher sur la bruyère, auprès de Westweselj sur quoi nous nous mimes en marche, et en moins de trois heures l'armée et les bagages forent dans nos lignes , sans qu'il parût personne à notre arrièregarde. Les ennemis campèrent la gauche à Westwesel, et la droite en arrière de Capelle y et nous la droite à Oleghem, et la gauche à Durem, avec soixante-six bataillons et cent six escadrons. M. de Guiscard fut envoyé de l'autre côté de l'Escaut à Bork, avec dixhuit bataillons et dix escadrons, pour couvrir le fort Sainte-Marie, et garder la digue de Calo, dans le pays de Waës.
Il seroit difficile de dire si les ennemis avoient véritablement intention de combattre. L'on peut dire
qn*ils y aunnent moins risqué que noas; car s*ib eus-
sent perdu la bataille, nous n'aurions pu attaquer que Lié^e, au lieu quen la gagnant ils nous auroïent enlevé Anvers et tout le Brad>ant. Peut-être toatefois que , vu la répugnance qu*ont toujours eue les Etatsgénéraux à risquer une action décisive, le mouyeraent de M. de Marlborough nëtoit que pour se joindre à Cobom , et de là s'étendfe sur l*£scaut , afin de porter la guerre en Flandre, où, k cause de leur infanterie, ils espéroient avoir plus beau jeu. Quoi qu'il en soit, dès que nous fumes dans nos ligues, ils ne firent aucun mouvement de douse jours. Le maréchal de Villeroy , attentif à ne se point laisser gagner de marcbe d'aucun côté, et ayant pourvu à l'autre côté de TEscaut par le corps de M. de Guiscard, me détacha avec trente-huit escadrons pour Lierre. Au commencement d*aoât, les ennemis, ne voyant aucune possibilité de pouvoir rien faire du côté de Flandre, remarchèrent v^^rs la Meuse : nous les côtoyâmes toujours par dedans nos lignes, observant par nos alongemens d'être en état de ne pouvoir être devancés d'aucune part par une contre-marche -, car, quoiqu'ils publiassent qu'ils alloient assiéger Huy , et qu'ils avoient pour cela tous les préparatifs nécessaires, ils espéroient que pour les en empêcher nous irions nous placer à Vignamont; auquel cas ils s'en seroient retournés en diligence pour attaquer nos lignes, et aurcnent tenté d'exécuter leurs premiers projets sur Anvers. Nous ne nous avançâmes donc qu'à mesure que les ennemis s'avancoient ; et ainsi s'étant eux-mêmes campés à Vignamont, nous nous mimes la droite à Vasiège sur la Méhaîgne, et la
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gauche à Josse. Alors le siëge de Huy se fit tout de bon , pendant lequel je fus détaché avec quinze bataillons et yiiigt-six escacirons, pour continuer nos lignes de Yasiège à la Meuse. M. de Tzerdàës fat envoyé dans le Condros pour contenir les ennemis de ce côté-là , et être à portée de pousser des troupes sur la Moselle , en cas qu'ils y en fissent marcher après la prise d'Huy. Ce château se rendit le ^5 août. Les ennemis vinrent ensuite se camper à Hannuye, à deux petites lieues de nous : ils nous reconnurent plusieurs fois; mais, ne jugeant pas à propos de nous attaquer, ils marchèrent à Saint-Tron, d'où ils envoyèrent vingt-cinq bataillons et quarante escadrons assiéger Limbourg.
M. de Pracontal eut ordre, avec dix-huit bataillons et quinze escadrons, de les observer, d'autant que dans ce temps-là le maréchal de Tallard, qui cqmmandoit Tarmée sur le Rhin , faisoit le siëge de Landau; et la cour avoit ordonné qu'en cas que les en* nemis enyoyassent un détachement de Flandre pour le Rhin, Pracontal y marchcroit aussi. Pour cet eft'et il se campa à Marche dans les Ardennes; la garnison de Limbourg fut obligée de se^ rendre prisonnière de guerre le 27 septembre. Le duc de Marlborough , qui y étoit allé lui-même, revint ensuite à Saint-Tron rejoindre son armée ^ mais dans les premiers jours d'octobre il se retira à Tongres, et nous étendlmeis notre armée à Diest, et le long du Demer. Le reste du mois Ton ne songea de part et d autre qu'à sV muser, pour s'empêcher d'envoyer des troupes en Allemagne : nous fîmes même embarquer du canon à Namur, où les maréchaux se rendirent de leurs.
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436 [l703J MÉMOIRES ou MABÉGHAL OK BKRWICK.
perionnes , pour y bire accroire que nous ▼onbooft
lassiéger Iluy. Mais enfui un détachement des ennemis étant parti pour aller au secours de Laudau, et M. de Pracontal le côtoyani, notre campagne prit fin le a de novembre.
Au retour de l'armée , je me fis naturaliser Français , en ayant demandé et obtenu la permission du roi d* Angleterre.