LE MARÉCHAL A LA MARÉCHALE
« Victor n'ayant point caché combien il s'ennuyait à Philadelphie, manquant de facilité et de réelle volonté pour apprendre l'anglais et ayant peu d'attraits pour la société en général et celle de cette ville en particulier qui est dépourvue de charme, quand on n'en parle pas la langue couramment, je me suis déterminé à le faire accompagner du général Clauzel et du général Lefèbre^ qui, plus heureux ou mieux servis que moi» ont des fonds considérables dans leurs mains et vont former un important établissement dans Tétat du Mississipi, sur la rivière Tumbbickby, qui, après s'être réunie à la Mabile, se jette, au-dessous de la ville de ce nom, dans le golfe du Mexique. Cette excursion l'occupera^ l'intéressera, et il me reviendra au printemps^ pour retourner probablement du moins avec son frère en Europe.
« Alors, d'après la façon dont ils y seront traités et leur manière de voir, ils se détermineront ou à quitter le service de France ou à y demeurer. Annoncez donc, Irès-publiquement, leur retour à l'expiration de leur congé.
4 octobre 1817.
A U HABÉCHALE.
« Assurément j'ai bien fait de ne pas partir
pour la Hollande, si ce qu'annoncent les journaux est
— Givrai, que les Français qui y ont cherché et trouvé jusques à ce jour un asile y soient exposés à de nouvelles persécutions et obligés d'en sortir. Je fais mieux en commençant à m'établir dans ce pays, et je m'applaudis bien àê cette résolution, qui, prise plus tôt, m*eûl évité bien des désappointements et bien des contrariétés »
Philadelphie, 18 avril 1818.
A Là MiRÉCHiLE.
« Mon amie, en envoyant mes enfants en Europe, j*ai principalement pour objet d'utiliser la parfaite bonne volonté et le dévouement éclairé d'Alphonse pour me rouvrir^ s'il est possible, les portes delà France : c'est là l'importante affaire ; c'estcelle à laquelle tous ceux auxquels je puis être cher doivent consacrer tous leurs moyens, dévouer toute leur sollicitude.. • Sans doute je suis incapable d'acheter mon retour par des démarches indignes de mon caractère^ etqui me feraient dévier de la ligne de conduite dont je ne me suis jamais écarté depuis que j'ai été placé sur la scène politique du monde. Des étrangers ont tenté déjà d*amener le terme des dispositions rigoureuses dont je suis l'objet; quoique sans succès, ces démarches sont loin de devoir faire désespérer ; elles seront reprises aussitôt l'arrivée d'Alphonse ; qu'alors tous ceux qui se disent mes amis le prouvent en les secondant. Je veux qu'Alphonse voie ^eroi et le duc d'Angouléme ; je le charge de lettres
pour Tun et Taotre, et je désire que lui, ainsi que son frère, demeure^ au service de France aussi longtemps qu'il restera encore une probabilité à mon rappel.
c Gouvion Saint-Cyr s'est toujouii bien montré ainsi qu'Oudinot. L'intérêt de l'un et de Tautre doit être excité par tous, par ma fille ; la bonne yolonté des ministres par ceux de mes amis ou de mes parents qui les connaissent. Enfin, qu'on fasse jouer tous les leviers, et que les opinions particulières d'un chacun disparaissent pour se confondre dans l'accopiplissemMt du vœu de celui qui a le droit de prescrire comment il veut être servi •
Boston» t octobre.