Le comte Kaunitz à V Empereur Léapold
Analyse ^ Vienne, i6 juin 1688.
Mauvaise situation des choses à la cour électorale de Bavière.
L'Électeur n'est plus reconnaissable : il manque à ses engagements, traite les affaires cavalièrement, est entouré de mauvaises gens utriusque sexus. Leidel est en lutte avec Berkheim qui cherche à le remplacer par Wampl. Berkheim a rempli le Cîonseil de ses créatures ; il conseille à l'Électeur de ne pas faire la campagne; il jure qu'il n'y a aucun arrangement conclu avec la France ; l'Électeur donne les mômes assurances, et pourtant il a de longues conférences avec Schmidt dont les sentiments lont bien connus et qui lui a communiqué le traité de son père avec la France. Villars a une liste des banquiers d'Augsbourg ; et comme son crédit personnel n'est pas si élevé qu'un seul banquier n'y suffise, il est évident qu'il s'agit du payement des arriérés dus par la France au père de l'Électeur ; or, le roi de France a déclaré qu'il ne paierait rien sans la conclusion d'un nouveau traité. On parle de traités qui éclateraient dans deux ou trois mois. Si l'Éleoteur ne fait pas la campagne , il faudra attribuer cette résolution à l'influence de la comtesse Paar et à celle de Schmidi qui ne cesse de répéter à l'Électeur qu'il se charge do rétablir ses affaires, à condition qu'il ne sorte pas du pays. Or, l'intérêt de l'Empereur est que l'Électeur fasse la campagne : c'est le meilleur, si ce n'est le seul moyen de le soustraire à l'influence française. Cette influence et celle des gens suspects qui l'entourent pourraient l'entraîner à faire le voyage de Paris. A la nouvelle de la maladie du Duc de
1. Les roots en italiques sont dans l'original. Cette indication s'applique k tous les textes suivants.
Lorraine, TËlectear avait fait dire à Kaunits qu'il était prêt à partir; quelques instants après, il avait complètement changé d'avis; il est vrai que, dans Tintervalle, des lettres avaient été éctiangées avec la comtesse Paar. Kaunitz est assez découragé, de plus, il est mal portant; il s'excuse longuement auprès de l'Empereur de son insuffisance.
(OrigiD. allem. Areh. I. R. de Yienoe.)