‹ Mémoires du Maréchal de VillarsChapitre 103 sur 130 · U Électeur de Bavière à Louis IIV · texte numérisé non relu

U Électeur de Bavière à Louis IIV

Munique, ce 5 JuUet 1688.

Vaustre Majesté aura cens doutte apris par M' le Bfarquis de Villars que j'avois pris la résaulution de passer cette esté dans mes Estais pour le soing de mes affiûres, et les diverses sollicita^ tions de l'Empereur ne m'auroit point détourné d'un dessein que je créiez m'estre nécessaire, si le Comte de Strattman ne m'estoit encore venu prier d aller prendre le oomendement gênerai des armées de l'Empereur en Hongrie, où le mauvais estât de la santé de M. de Lauraine Fempéchoit i^isaulument d'aller ; je me suis d'autant plus laissé aller à l'espérance de trouver encore des occap sions plus favorables d'aquérir l'estime de V. M., qu'elle n'a point paru désapprouver entièrement que j'allasse encore cette année en Hongrie, ce que j'auray trouver moyen d'éviter si j'avois pansé que cela eut peu ne lui estre pas aggréable; j'ay donoque accordé an Comte de Strattman que j'yray oommSder les armées de l'Empereur, lequell ensuitte me fait une autre demende en me repreusentant que l'Empereur mettant sous ma conduitte ces dittes armées, qui est son trésor et le seul soutien de ces roiaumes, demandoit en mesme temp une complésance de ma part, qui esteit de vouUoir bien que le Marquis de \illars n'y feut point, ce que j'ay refeosé en asseurant qu'il me seroit désaggràftble de me priver d'un homme dont j'estimois la conduitte et lequell je pouvois répondre ne point porté dans les armées impériales des dessins qui puissent nuire à l'Empereur. Ledit conte de Strattman m'a fort insisté disant qu'il estoit ministre. J'ay répondu que je ne désavoue point qu'il ne m'eut parlé quelque fois de Ut part de V. M. et que je supliés l'Empereur d'estre persuadé que je tenés à honneur les marques d'estime de V. M. et de son souvenir, que mon intention estoit de les ménager tousjours autant qu'il me seroit possible et que je serez honnorré quand elle voudroit bien tenir icy quelqu'un de ses ministres; que du reste le Marquis deWlan

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D*avoit point de caractère, et avoit cherché la campagne dernière tout ce qu'il avoit créa du servisse de TEmperenr. Le conte de Btrattman m'a répliqué encore qn'il me prioit de foire reflexion, que TEmpereur me confiant ce qn'il aToit de pins précieux an monde, il estoit juste au moins que pendant la campagne il ne peut rient croire de suspect dans ces armées et que la personne du Marquis de Villars Testoit entièrement. Ainsi je vois des obstacles à le guarder auprès de moy, ce que je désire fortement par Tonneur qu'il a de laconfienoe de V. M. et par l'estime que je fcis de sa personne ; j'y feray encore tout mon possible, mais je crains que dauF les Eslats de l'Empereur je ne reçoive quelque ordre, ce que j'empescheray autant que V. M. pourra juger eUemi'îmo que cela peut deppendre de moy. Biais si je suis obligé de m'en séparer pour ce peu de temps que deurera la campagne, avant (ju'il s'esloigne de moy je le chargeray de plus fortes aaseurances de la reconnoissance que j'ay des offres considérables que V. Majesté l'a ordonné de me faire, et je respondray particulliere» ment à toutes lesdiltes offres, en prient Vaustre Majesté d'estre fortement persuadée du désir véritable que j'ay de m'attacber à ses intéres et de seconder par mes servisses les marques d'estime qu'elle me donne et les bonnes intentions qu'elle a pour moy, voulant estre aveque beaucoup de respect tousjours, Sire, De Vaustre Majesté très humble et vray serviteur et cousin,

Emanuel, Électeur.

(Orig. autogr. Areh. des Aff. étr.)

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