Leimersheim, à 14 kil. de Philipsbourg
3. liOuis-François , marquis puis duc de Boufflers en 1695, maréchal de France en 1693, mort le 22 août 1711 à soixantesept ans.
1679] MÉMOIRES DE YILLARS. 39
cheval tué, fit ferme dans ie chemin. Cinq ou six officiers voloQtaires» entre autres un capitaine du régiment Colonel-Général de la cavalerie, nommé Virmon, s'arrêtèrent auprès de lui, et le peu de moments qu'ils donnèrent au marquis de Boufflers pour rassembler des troupes suffit pour empêcher Tennemi de dissiper oos fourrageurs et de nous en prendre un fort grand nombre. Cette action du marquis de Villars lui attira du grand prince de Condé, juge né de la valeur, une lettre pleme de louanges.
Ainsi finit la campagne de 1678. Toute l'Europe, lassée de la guerre, souhaitoit ardenunent la paix. Les traités interrompus à Cologne et renoués à Nimègue avançoient. Celui d'Espagne, d'Angleterre, de la Hollande et de l'empereur étoit conclu; mais l'électeur de Brandebourg ne pouvoit se résoudre à rendre beaucoup de pays et de places prises sur la Suède. Cependant, conune le roi sacrifioit une partie de ses conquêtes en Flandre à l'intérêt du roi de Suède, son allié, les alliés de l'électeur de Brandebourg l'abandonnèrent. Le maréchal de Créquy, à la tète de l'armée du roi, passa le Vezer, défit quelques troupes de l'électeur, et ce prince se soumit aux oonditions du traité de Nimègue.
Dans le même temps, le maréchal d'Humières marcha pour prendre Hombourg, petite place au delà de la Saare, qui appartenoit au vieux duc de Lorraine, et que l'électeur de Mayence gardoit depuis plusieurs années. Le marquis de Villars étoit de cette armée. Le gouverneur de la place la rendit après quelques volées de canon, et, dans le milieu de l'année 1 679, la paix fut établie dans toute l'Europe. Le marquis de
Villars, malgré ses services, se trouva sans aucun avancement, mais une grande passion dont il étoit rempli ne lui laissoit pas de sensibilité pour les rigueurs de la fortune. Une autre affaire de dames lui attira quelques disgrâces de la cour dont il eut ordre de s'éloigner pour quelque temps.
Le mariage de la princesse Marie-Louise d'Orléans, fille ainée de Monsieur, se fit ^ avec le roi d'Espagne auprès de qui le marquis de Villars^ étoit ambassadeur, et Tannée d'après^, celui de la princesse de Bavière se fit avec monsieur le Dauphin.
Quelques années de paix furent bien longues pour le marquis de Villars ; enfin la guerre reconmiença, en 1683, par la prise de Courtray* et [le bombardement] de Luxemboui^, et finit par la prise de cette dernière place ^. Mais ce peu de guerre pensa être fatal au marquis de Villars. Il fîit détaché avec le comte de Montai, qui, avec un corps de cavalerie, s'approcha de Gharleroy . Le marquis de Villars, voyant ceux de la ville braquer quelques pièces de canon sur douze ou quinze officiers qui étoient auprès de lui, leur dit, en leur en montrant une, celle-là nous approchera fort. Et dans le même temps, conune il voulut donner son manteau à un valet de chambre, le mouvement qu'il fit lui sauva le coup, dont le valet de chambre fut emporté.