‹ Mémoires du Maréchal de VillarsChapitre 16 sur 130 · juin · texte numérisé non relu

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1687] MÉIfOIRBS DE VILLARS. 61

La guerre commençant alors entre l'empereur et le Turc, le marquis de Villars ne put se refuser cette occasion de sortir d'un repos, qui n'en étoit pas un pour lui. Il chercha avec empressement toutes sortes de voies pour aller servir dans les armées de l'empereur, mais il n'osoit en demander la permission que le roi avoit refusée aux princes de Conti^ ; une sage prévoyance ayant fait craindre à Sa Majesté que, si elle la leur accordoit, une très nombreuse noblesse n'allât se sacrifier dans ces guerres éti^gères.

Il falloit donc trouver un moyen de sortir du royaume avec l'agrément du roi ; pour cela, le marquis de Villars demanda plusieurs commissions dans les cours étrangères. Enfin, celle d'aller faire un compliment de condoléance à l'empereur sur la mort de l'impératrice sa mère*, lui fut donnée. Il étoit entièrement brouillé avec M. le marquis de Louvois, et vivement touché de toutes les injustices que ce ministre lui avoit faites. Cependant il alla prendre congé de lui, et les seules paroles qu'il en tira furent des assurances de ne pas s'opposer aux grâces que le roi voudroit lui faire. Un discours si sec obligea le marquis de Villars à lui répondre : c Avec de tels engagements, je puis m'attendre à la continuation de vos sentiments, » et il sortit de la chambre sans le saluer.

La réputation du marquis de Villars l'avoit devancé à la cour de l'empereur. Plusieurs généraux l'avoient

1. Ce refus ne fut pas absolu, et les deux princes de Ck)nti partirent en 1685 avec le jeune comte de Turenne et d'autres seigneurs; ils se distinguèrent à Gran et à la prise de Neuhausel (août 1685) ; ils tombèrent en disgrâce à cause de leurs correspon* dances trop libres.

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